Bonne nouvelle 17 jeunes militants amnistiés

Les 17 jeunes militants angolais arrêtés, détenus et déclarés coupables d’avoir participé à une réunion afin de débattre des problèmes de politique et de gouvernance dans le pays ont été amnistiés le 16 septembre par la Cour suprême. Seize d’entre eux auraient préféré voir leur condamnation annulée.

Le 20 juillet, l’Assemblée nationale a adopté une loi d’amnistie en faveur des détenus ayant commis certaines infractions avant le 11 novembre 2015, comme c’était le cas des « 17 d’Angola ». Ce texte est entré en vigueur le 12 août. La Cour suprême a pris la décision d’amnistier les « 17 d’Angola » le 16 septembre mais les avocats de la défense n’en ont été informés qu’un mois plus tard.

Suite à cet arrêt, les militants concernés, à l’exception de Domingos da Cruz, ont signé une pétition rejetant l’amnistie. En effet, ils avaient interjeté appel de leur déclaration de culpabilité mais la décision de la Cour suprême a invalidé leur démarche. Or, ils auraient préféré voir leur condamnation annulée, ce qui aurait été le signe que leur innocence avait été reconnue. Ils ont transmis la pétition à leurs avocats, qui s’en serviront dans le cadre de l’appel qu’ils comptent interjeter de la décision de la Cour suprême.

Amnesty International considère les « 17 d’Angola » comme des prisonniers d’opinion, incarcérés et déclarés coupables uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits.

Le 31 mai, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a adopté un avis concernant l’affaire. Il considérait que la détention et la privation de liberté des militants concernés étaient arbitraires et demandait à l’État angolais de les libérer immédiatement et de leur accorder le droit opposable à une indemnisation, et de mettre fin, dans le même temps, à la procédure judiciaire illégale qui avait été engagée à leur encontre. Amnesty International avait saisi le Groupe de travail le 12 octobre 2015.

Les militants concernés sont libres depuis que la Cour suprême, en juin 2016, a examiné la requête en habeas corpus introduite par leurs avocats et ordonné leur libération conditionnelle en attendant qu’une décision finale soit prise. L’habeas corpus est une procédure permettant la comparution immédiate d’un détenu devant une autorité judiciaire, afin de contester la légalité de la détention, et de permettre ainsi une éventuelle remise en liberté.

Après avoir recouvré la liberté, Nito Alves, l’un des membres du groupe, a fait part de sa gratitude à l’équipe lusophone d’Amnesty International : « Je continuerai de lutter pour les droits humains, pour un Angola juste, pour une Afrique juste et pour un monde juste. Je suis reconnaissant envers ceux qui se sont battus pour notre liberté, notamment des acteurs de la société civile, des avocats, Amnesty International, la presse et les autres médias. »

Aucune action complémentaire n’est requise de la part des membres du réseau Actions urgentes. Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé des appels.

Ceci est la huitième mise à jour de l’AU 143/15. Pour plus d’informations : https://www.amnesty.org/fr/documents/afr12/4412/2016/fr/.

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Continuons à agir

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse