Pierre Claver Mbonimpa allume sa bougie Amnesty

APRODH / APERCU SUR LA SITUATION ACTUELLE DES DROITS DE L’HOMME AU BURUNDI
Par Pierre Claver MBONIMPA

« À la veille de la célébration du 67e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, notre pays vit une crise sociopolitique marquée par de graves violations des droits de la personne humaine.

Le manque de respect des lois par ceux-là mêmes qui devraient veiller à leur mise en application se trouve à l’origine du mal burundais.

Au cours des six derniers mois, au moins 350 personnes, dont la plupart des jeunes de l’opposition politique, ont été tuées. Les manifestations pacifiques contre la candidature du Président actuel à son troisième mandat ont été réprimées violemment par la Police nationale.

Il s’est progressivement développé un mécanisme d’autodéfense armée dans les rangs des jeunes des quartiers ciblés, et des attaques à la grenade ou à l’arme à feu ont occasionné des dizaines de morts dans les rangs de la police.

Environ 250 000 Burundais ont été contraints de s’exiler dans les pays voisins.

Des milliers de personnes ont été arrêtées pour perturbation de la sécurité, participation aux bandes armées ou atteinte à la sûreté intérieure de l’État.

Nous assistons à des arrestations arbitraires, à des cas d’enlèvement souvent suivis d’exécutions extrajudiciaires. Des corps sans vie ne cessent d’être retrouvés dans les rues et les rivières.

Après la destruction de cinq radios privées, les journalistes et les défenseurs des droits humains ont été les cibles d’une police et d’une justice instrumentalisées par le parti au pouvoir : des assassinats ou des tentatives d’assassinat de défenseurs des droits humains ou leurs proches, l’ouverture de dossiers pénaux contre les leaders des organisations de la société civile au motif de participation au putsch manqué du 13 mai 2015, la fermeture des comptes bancaires et la suspension des activités d’une quinzaine d’organisations actives de la société civile.

Un pouvoir autoritaire commence à s’installer là où les médias indépendants et les associations de protection des droits humains sont réduits au silence. Le gouvernement prône un dialogue inclusif, mais multiplie des déclarations de haine et des mandats d’arrêt contre les vrais protagonistes qui devraient y participer.

Bref, nous pensons que la paix ne pourrait être recouvrée au Burundi aussi longtemps que le gouvernement n’aura pas compris le rôle de partenaire joué par la société civile et n’aura pas cessé de persécuter les membres des associations. Il faut que les mesures arbitraires de suspension des organisations de la société civile prises par le gouvernement soient annulées, de même que les mandats d’arrêt fantaisistes émis à l’encontre des opposants politiques et des leaders de la société civile. Il faut amener le gouvernement à promouvoir un dialogue inclusif et franc avec les protagonistes du conflit, en impliquant autant que faire se peut les organisations de la société civile.

J’aimerais être à vos côtés pour participer personnellement à la Ville Lumière de La Louvière, mais la situation de ma santé ne le permet pas. Je profite de l’occasion pour souhaiter un bon 67e anniversaire à la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Que cette bougie que vous allumez soit une lumière pour le monde entier et en particulier pour ma chère patrie le Burundi ».

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