Bonne nouvelle Etats Unis. La justice empêche l’exécution du Nicaraguayen Bernardo Abán Tercero.

Informations complémentaires sur l’AU 176/15, AMR 51/2355/2015, 1er septembre 2015

Une cour d’appel du Texas a octroyé un sursis à Bernardo Abán Tercero la veille du jour où son exécution devait avoir lieu. Ce sursis lui a été accordé afin que les tribunaux puissent examiner l’affirmation selon laquelle le ministère public a présenté un faux témoignage lors du procès ayant eu lieu en 2000.

Le 25 août, la cour d’appel pénale du Texas a reporté l’exécution du Nicaraguayen Bernardo Abán Tercero, qui devait être mis à mort le 26 août pour le meurtre, datant de mars 1997, de Robert Berger lors d’un vol dans un pressing à Houston. La cour d’appel a renvoyé l’affaire devant un tribunal inférieur afin que celui-ci examine le bien-fondé d’un recours déposé le 24 août, selon lequel un témoin à charge avait menti lors du procès. Cette femme avait affirmé dans son témoignage que Bernardo Abán Tercero lui avait dit qu’il avait tiré sur la victime sous le coup de la colère car l’homme en question n’avait pas d’argent, la fille de celui-ci l’avait vu, et parce que la victime elle-même avait « vu son visage » et pouvait donc l’identifier. Elle a par ailleurs déclaré que Bernardo Abán Tercero l’avait menacée, lui ordonnant de ne rien dire aux autorités. Ce témoignage, selon le recours déposé, « a créé une "impression trompeuse" très forte quant à l’état psychologique de M. Tercero durant les faits, établissant des intentions et motivations présumées ayant mené à une condamnation pour meurtre pour l’homicide commis durant le vol perpétré au pressing. »

Une déclaration signée le 23 août 2015 par le témoin en question a été jointe au recours. Cette femme y a expliqué qu’elle avait rencontré Bernardo Abán Tercero début 1997 et qu’ils étaient alors devenus amis. Elle a dit qu’il était « traumatisé et effrayé » après le coup de feu et qu’il lui avait confié que l’homme du pressing avait essayé de lui prendre le pistolet et qu’un coup était parti durant la lutte qui s’en était suivie. Elle a ajouté que quelques années plus tard, des fonctionnaires sont venus chez elle et lui ont dit que Bernardo Abán Tercero avait été arrêté et qu’il encourait la peine de mort. Ils lui ont également dit que Bernardo Abán Tercero avait affirmé qu’elle était impliquée dans le vol et avait gardé l’argent et le pistolet utilisé lors de celui-ci. Elle a expliqué qu’elle avait eu « très peur » de faire l’objet de poursuites, d’être envoyée en prison et d’être expulsée vers le Mexique, son pays d’origine, « en laissant [s]es enfants seuls ». Elle a déclaré qu’elle n’avait « rien à voir avec l’affaire » mais qu’elle était en colère et voulait « faire du mal » à Bernardo Abán Tercero en raison de ce qu’il avait semble-t-il raconté aux autorités. Elle a affirmé dans cette déclaration : « J’ai dit des choses qui n’étaient pas vraies dans mon témoignage. »

Elle a continué ainsi : « Il ne m’a jamais parlé du montant qu’il a dérobé ni dit qu’il était en colère parce que cet homme n’avait pas beaucoup d’argent. Ce que j’ai affirmé à propos de ces choses dans mon témoignage n’était pas vrai. Bernardo ne m’a pas dit que l’homme avait vu son visage et que c’est pour cela qu’il devait le tuer, ou qu’il l’a tué parce que sa fille avait vu son visage. Bernardo m’a seulement expliqué qu’il était allé dans ce pressing pour faire un braquage, que cet homme et lui avaient eu des mots, et que l’homme avait essayé de forcer Bernardo à lui donner le pistolet. Lorsque les gens du tribunal m’ont demandé pourquoi je n’avais dit à personne ce que Bernardo m’avait raconté, je n’ai pas su comment l’expliquer. Mais je ne l’ai dit à personne par crainte de me mettre en difficulté vis-à-vis de l’immigration. Vivre dans ce pays sans papiers c’est vivre dans la peur ; je ne voulais pas m’attirer d’ennuis alors que je n’avais même pas le droit d’être ici. Mais ce n’est pas parce que j’avais peur de Bernardo que je me suis tue [...] Ce n’est pas, comme je l’ai affirmé, parce qu’il m’avait menacée pour que je ne parle à personne de ce crime. Je ne l’ai jamais pris au sérieux. Je n’ai jamais eu peur de lui. »

Le recours soutient que l’argumentaire du ministère public en faveur d’une qualification des faits en meurtre puni de la peine de mort était construit autour des déclarations de ce témoin. À part ce témoin, « nul n’a affirmé dans un témoignage avoir vu Bernardo Tercero pointer son pistolet sur qui que ce soit. » Le recours conclut que si l’on fait abstraction du témoignage de cette personne, il est plausible que le coup de feu ait été accidentel, comme Bernardo Abán Tercero l’a affirmé lors du procès.

Aucune action complémentaire n’est requise de la part des membres du réseau Actions urgentes.

Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé des appels.

Ceci est la seconde mise à jour de l’AU 176/15. Pour plus d’informations : https://www.amnesty.org/fr/documents/AMR51/2326/2015/fr/

Nom : Bernardo Abán Tercero
Homme

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