Signer en ligne 80 activistes tués pendant l’année de la paix en Colombie

La signature de l’accord de paix entre le gouvernement de Colombie et la guérilla des FARC est synonyme d’espoir pour des millions de personnes. Toutefois, près de 80 activistes défenseurs des droits humains sont morts en 2016. Le 17 janvier dernier, les corps de Emilsen Manyoma et de son compagnon Joe Javier Rodallega, ont été retrouvés à Buenaventura.

Assassinat de l’activiste Emilsen Manyoma

Emilsen était l’une des dirigeantes du Réseau de Communautés construisant la paix dans les territoires (CONPAZ), qui défend les droits des groupes afro-colombiens, indigènes et paysans qui se battent pour la justice sociale et environnementale.

Emilsen était courageuse : elle parlait au nom des autres. Elle a élevé la voix face à ceux qui veulent expulser la population afro-colombienne de Buenaventura en poursuivant des intérêts économiques, et n’hésitent pas à torturer ou même à assassiner pour cela.

Comment est-ce possible ?

Dix défenseurs et défenseures des droits humains ont été assassinés en Colombie en janvier 2017. Quatre vingt en 2016, l’année de la signature des accords de paix. Une inquiétante tendance à la hausse, qui se confirme.

Tous les jours, des informations font état d’incursions paramilitaires dans différentes régions de la Colombie ; différents groupes armés tentent de prendre le contrôle de territoires qui étaient avant sous contrôle des FARC.

Une bonne partie des atrocités qu’a connue la Colombie pendant des décennies n’est pas directement liée au combat direct entre les parties armées, mais aux attaques sélectives contre la population civile. Ceux qui œuvrent à la défense des droits, ou s’efforcent de protéger la terre ou les ressources naturelles face à des intérêts économiques et politiques puissants, restent sur le point de mire.

Des attaques ciblant des civils

Amnesty International a fait valoir à plusieurs reprises que la principale menace pour les droits humains n’émane pas seulement des combats directs entre les deux camps, mais aussi d’attaques ciblées contre des civils. Ces attaques découlent bien souvent des tentatives de divers groupes armés de contrôler des territoires, particulièrement les terres des populations autochtones et des communautés afro-colombiennes et paysannes, en vue d’exploiter ces terres à des fins économiques – trafic de stupéfiants et projets miniers, pétroliers et agro-industriels notamment. Les personnes qui travaillent à défendre les droits humains ou à protéger la terre et les ressources naturelles face aux puissants intérêts économiques et politiques restent aujourd’hui dans la ligne de mire.

Mettre fin aux combats entre les forces de sécurité étatiques et les FARC n’est pas synonyme de paix réelle si les autorités ne prennent pas des mesures effectives pour contrer les attaques visant des civils.

Agissez et demandez au Président colombien qu’il garantisse aussi la paix aux hommes et femmes défenseurs des droits humains, mais aussi aux activistes sociaux et communautaires.

Le 11 septembre 2016, Néstor Iván Martínez, membre du Conseil communautaire des Afro-Colombiens de La Sierra, El Cruce et La Estación, et responsable du mouvement social Congrès des peuples, a été abattu par des agresseurs non identifiés, dans une zone rurale de la municipalité de Chiriguaná, dans le département du César. Néstor Iván Martínez participait activement à des campagnes sur les droits environnementaux et fonciers dans le César, et militait également contre des activités minières dans la région.

Le 29 août 2016, trois responsables de l’ONG Comité d’intégration du Massif colombien (CIMA), Joel Meneses, Nereo Meneses Guzmán et Ariel Sotelo, circulaient dans la municipalité d’Almaguer, dans le département du Cauca. Leur véhicule a été stoppé par un groupe d’hommes armés, qui les ont abattus.

Dans la dernière semaine d’août 2016, quatre membres de la communauté des Awás ont été abattus par des hommes armés non identifiés dans le département de Nariňo. Il s’agit de Camilo Roberto Taicús Bisbicús, responsable de la réserve indigène des Awás de Hojal La Turbia, dans la municipalité de Tumaco, des frères Luciano Pascal García et Alberto Pascal García, également de la réserve de Hojal La Turbia, tués dans la municipalité de Llorente, et de Diego Alfredo Chirán Nastacuas, membre des Awás, assassiné dans la municipalité de Barbacoas.

Selon l’ONG colombienne Somos Defensores, au moins 35 défenseurs des droits humains et leaders sociaux ont été tués au cours des six premiers mois de 2016.

Cette recrudescence des homicides visant des défenseurs des droits humains, des leaders communautaires et sociaux, ainsi que des membres des populations autochtones, offre un contraste saisissant avec l’espoir suscité dans le pays par la signature de l’accord de paix entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

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