Signer en ligne Le défenseur des droits humains Wu Gan doit sortir de prison

ARRÊTÉ POUR SES ACTIVITÉS MILITANTES... Une répression sans précédent frappe des avocats et défenseurs des droits humains depuis plus d’un an en Chine. De l’ordre de 250 personnes ont été harcelées, quelques unes viennent d’être condamnées à des peines allant jusqu’à sept ans de prison alors qu’une dizaine d’autres sont toujours en attente de leur jugement. Parmi elles, le militant de renom Wu Gan (plus connu sous son nom de plume Tufu « Le Boucher »). Son activité militante en faveur de droits humains a débuté en 2007. Il collaborait depuis début 2015 aux activités du cabinet juridique Fengrui de Pékin, une des principales cibles de la répression en cours. Il a été arrêté le 28 mai 2015 après avoir organisé une manifestation devant un tribunal populaire supérieur de la province du Jiangxi, en soutien à un groupe d’avocats qui demandaient de pouvoir consulter des documents du tribunal relatifs à une affaire entachée de soupçons de torture, dans laquelle les accusés encourent la peine de mort. Il est pour ce prétexte soupçonné de « diffamation », d’avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public » et d’« incitation à la subversion du pouvoir de l’État ». Il s’agit là de chefs d’accusation vagues couramment invoqués à l’encontre de défenseurs de droits humains, mais qui peuvent, selon le nouveau Code pénal, justifier de lourdes condamnations. Toujours en attente de jugement, il risque entre-temps d’être victime de mauvais traitements. Wu Gan n’a pas pu bénéficier d’une assistance juridique depuis que son (...)

Entre le 18 et le 20 mai 2015, Wu Gan a participé à une manifestation devant le tribunal populaire supérieur de la province du Jiangxi, à Nanchang. Il était venu soutenir un groupe d’avocats réclamant de pouvoir consulter des pièces de procédure dans une affaire datant de 2000 concernant quatre hommes déclarés coupables de vol, viol et meurtre et dans laquelle une erreur judiciaire aurait été commise. Leurs avocats affirment que les « aveux » des accusés leur ont été arrachés sous la torture et ils souhaitent rouvrir le dossier, mais jusqu’ici, ils n’ont pas été autorisés à examiner les documents de l’affaire. En 2011, le suspect d’une autre affaire a avoué, après avoir été arrêté, que c’était lui qui avait perpétré le meurtre. Le parquet n’a cependant pas abandonné les charges contre les quatre autres accusés.

Le 20 mai 2015, Wu Gan a été emmené par des agents de police et placé en détention administrative pour « trouble de l’ordre public sur un lieu de travail » et « insultes ». Le 28 mai, le bureau de la Sécurité publique a modifié les accusations dont il faisait l’objet et l’a placé en détention. Il a ensuite été officiellement arrêté pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État » et pour avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public ». Son affaire a par la suite été déférée au bureau de la Sécurité publique de Tianjin.

Après son arrestation, Wu Gan a été critiqué par la presse nationale pour des motifs liés à sa vie privée et ses précédentes actions militantes. Cette affaire a été très médiatisée en Chine et montre bien l’intolérance dont les autorités continuent de faire preuve à l’égard de toute forme de dissidence.

Wu Gan est un militant célèbre en Chine depuis 2009 et reconnu pour ses méthodes innovantes permettant de lier les actions en ligne et sur le terrain, de sensibiliser la population aux violations des droits humains et de récolter des fonds sur Internet pour financer ses activités. Peu de temps avant son arrestation, Wu Gan avait promis d’offrir une récompense à quiconque pourrait lui fournir les images d’une caméra de surveillance montrant deux policiers abattant un homme à Qing’An, dans la province du Heilongjiang, afin de rassembler des éléments de preuve pour cette affaire. Il était assistant administratif au cabinet juridique Fengrui à Pékin. Plusieurs avocats et membres du personnel de ce cabinet ont été arrêtés et interrogés dans le cadre des répressions de 2015.

Depuis le 9 juillet 2015, au moins 248 avocats et militants ont été arrêtés et interrogés en Chine. La plupart d’entre eux ont été libérés mais au total, huit avocats et militants ont été officiellement arrêtés pour des accusations de subversion et sont toujours en détention. Quatre autres ont été officiellement arrêtés pour d’autres accusations. Parmi les personnes toujours en détention figurent : Li Heping, défenseur des droits humains de premier plan ; son frère, Li Chunfu, également avocat ; Wang Quanzhang, avocat spécialiste des droits humains du cabinet juridique Fengrui ; Liu Sixin qui travaille également au cabinet juridique Fengrui ; les avocats Xie Yanyi et Xie Yang et les militants Liu Yongping, Wang Fang, Yin Xu’an, Monk Wangyun (connu sous le nom de Lin Bin), Xing Qingxian et Tang Zhishun.

Zhao Wei, l’assistante de Li Heping, et Wang Yu, avocate du cabinet juridique Fengrui, auraient été libérées sous caution respectivement le 7 juillet et le 1er août 2016, après avoir passé plus d’un an en détention. Le mari de Wang Yu, Bao Longjun, avocat du cabinet Fengrui, a également été libéré sous caution selon des informations des médias de Chine citant les propos de Wang Yu. Le mari de Zhao Wei n’a cependant pas été en mesure de communiquer avec elle depuis sa libération supposée.

Entre le 2 et le 5 août, l’avocat Zhou Shifeng, le directeur du cabinet juridique Fengrui et les militants Hu Shifeng, Zhai Yanmin et Gou Hongguo (connu sous le nom de Ge Ping) ont été déclarés coupables de « subversion du pouvoir de l’État » à l’issue de différents procès. Zhou Shifeng et Hu Shigen ont été condamnés respectivement à sept ans et sept ans et demi d’emprisonnement et Zhai Yanmin et Gou Hongguo ont été condamnés à des peines avec sursis.

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