Signer en ligne Le parlement norvégien doit protéger les réfugiés afghans des horreurs de la guerre

Dernière mise à jour le 7 décembre 2017

Le comité permanent du gouvernement local et de l’administration publique norvégien proposera au Parlement une recommandation le 19 décembre prochain concernant les retours forcés de la Norvège vers l’Afghanistan.

C’est maintenant qu’il faut agir pour appeler le gouvernement norvégien à protéger les droits des personnes fuyant les horreurs de la guerre dans ce pays !

Le comité permanent du gouvernement local et de l’administration publique norvégien ( Standing Committee on Local Government and Public Administration) proposera au Parlement une recommandation le 19 décembre prochain. Bien que la décision finale se prendra en Janvier, c’est maintenant qu’il faut agir pour influencer les décisions du comité !

Cette recommandation comporte deux enjeux importants. D’une part, elle souhaite arrêter temporairement tous les retours vers l’Afghanistan jusqu’à ce qu’un comité d’experts puisse réaliser une évaluation des réglementations et des pratiques à suivre dans ces cas. D’autre part, elle veut aussi rétablir le principe de critère de raisonnabilité pour les cas d’alternative de protection interne. Selon le droit international, l’option de déplacement interne doit uniquement être utilisé lorsqu’il y a un endroit sûr vers lequel il est raisonnable de renvoyer le demandeur d’asile qui a vu sa demande de protection internationale refusée.

Ce sujet est particulièrement sensible et actuel en Norvège. En Juin 2016, le parlement norvégien avait en effet approuvé une proposition qui visait à supprimer le principe de critère de raisonnabilité de la Loi de l’Immigration pour les cas d’alternative de protection interne. Cela impliquait la fin des évaluations de raisonnabilité pour une personne qui se voyait refuser sa demande d’asile et qui, à partir de ce moment, pourrait être plus facilement renvoyée dans une autre partie du pays d’elle a fuit.

Un recours déjà refusé le 14 novembre dernier

Le recours du parti socialiste pour un arrêt temporaire des retours vers l’Afghanistan n’avait pas été accepté par le Parlement le 14 novembre dernier. Un amendement a cependant été introduit pour instaurer l’examen individuel et systématique des dossiers rejetés de jeunes afghans arrivés en Norvège en tant que mineurs étrangers non accompagnés (MENA) et risquant aujourd’hui l’expulsion car devenus majeurs, - et ce notamment sur la base du critère de vulnérabilité. C’était un premier pas pour respecter les droits des MENA en Norvège, qui font partie des populations les plus vulnérables, et qui ne seront désormais plus renvoyées automatiquement vers l’Afghanistan. Une décision certes positive mais qui ne change pas la situation de la jeune Taibeh et de sa famille, dont le cas est encore actuellement en appel.

Le Gouvernement norvégien ne doit plus fermer les yeux sur les retours forcés

La Norvège est l’une des démocraties les plus prospères d’Europe et se doit de montrer l’exemple, en mettant en pratique les valeurs de respect des droits humains qu’elle défend. Au lieu de cela, elle tourne le dos à des personnes vulnérables en les renvoyant vers la persécution, la torture et - dans certains cas - la mort. A l’heure actuelle, la Norvège est même l’un des 5 pays qui continue de renvoyer le plus grand nombre de demandeurs d’asile vers l’Afghanistan, en prétendant qu’il s’agit d’un pays sûr. En effet, 32 % des personnes renvoyées dans le pays au cours des quatre premiers mois de l’année 2017 (soit 97 personnes sur 304) venaient de Norvège.

Le dernier rapport d’Amnesty International démontre pourtant que les retours vers l’Afghanistan ne peuvent en aucun cas être menés de manière sûre et digne, et violent de surcroît le principe de non-refoulement. En effet, les bombes, les attaques-suicides, les persécution de minorités ethniques et religieuses, les mariages forcés, le recrutement d’enfants, la violence de genre et la torture représentent le quotidien des civils résidant dans ce pays. Le fait de continuer à renvoyer des personnes en Afghanistan n’est pas seulement cruel, c’est également irréfléchi et illégal.

Respectons les droits de Taibeh et de tous les réfugiés afghans risquant d’être renvoyés

Le 3 octobre dernier, plus de 1000 étudiants en Norvège se sont mobilisés afin d’empêcher le retour de leur camarade de classe Taibeh, une étudiante afghane de 18 ans, qui rêve de finir ses études secondaires cet été et de devenir médecin. Taibeh est née en Iran de parents afghans et est arrivée en Norvège en 2012. Elle vit actuellement dans la peur d’être renvoyée dans un pays qu’elle ne connaît pas et qu’elle n’a jamais visité. Elle a notamment fait part à Amnesty International qu’elle est terrifiée de ce que son futur pourrait ressembler si elle est renvoyée en Afghanistan et plus particulièrement à Kabul, région identifiée comme la plus dangereuse du pays.

Comme Taibeh, beaucoup d’autres afghans et afghanes vivant en Europe risquent d’être déportés et renvoyés en Afghanistan, un pays dans lequel leur sécurité n’est pas assurée et leurs droit humains seront manifestement violés. Les gouvernements européens refusent délibérément de voir ces dangers et exercent sur l’Afghanistan d’énormes pressions pour que ce pays accepte d’accueillir un plus grand nombre de ses ressortissants qui s’étaient réfugiés à l’étranger chaque année.

La Norvège peut montrer la voie aux gouvernements européens : plutôt que de renvoyer des jeunes femmes et hommes vers des zones en crise, les Etats devraient les protéger et les aider à reconstruire leur vie dans la dignité et la sécurité.

Amnesty International soutient la campagne initiée par des élèves du secondaire en Norvège pour s’opposer à l’expulsion de Taibeh et demande au gouvernement norvégien la suspension immédiate de tous les renvois de demandeurs d’asile vers l’Afghanistan.

Signez notre pétition dès maintenant pour défendre tous les demandeurs d’asile comme Taibeh qui risquent leur vie s’ils sont expulsés vers l’Afghanistan.

La situation actuelle dénoncée par Amnesty International en Norvège renvoie à un constat plus général de la baisse considérable de protection internationale accordée à des citoyens afghans par les pays européens. Le nombre d’afghans renvoyés depuis l’Europe a triplé entre 2015 et 2016 (de 3290 à 9460 cas). Un nombre qui devrait encore augmenter en 2017, alors même que les deux dernières années ont été les plus meurtrières pour les civils afghans.

Les conflits et les pertes humaines civiles se sont en effet généralisées à l’ensemble du territoire et Kaboul est devenue la province la plus dangereuse du pays. Les retours forcés vers l’Afghanistan sont donc illégaux car ils violent de manière évidente le principe de non-refoulement.

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