Signer en ligne Pologne : non aux restrictions de l’avortement

De dangereuses nouvelles restrictions de l’avortement

Les droits des femmes et des filles sont attaqués en Pologne. La loi polonaise sur l’avortement est déjà l’une des plus restrictives d’Europe. En effet, l’avortement n’y est autorisé qu’en cas de viol ou d’inceste, lorsque le fœtus souffre d’une malformation sévère ou mortelle, ou d’une maladie incurable mettant sa vie en danger, ou lorsque la vie ou la santé de la femme ou de la jeune fille est en danger.

Le Parlement polonais est en passe de durcir encore plus ces conditions déjà drastiques. Une commission parlementaire a été chargée d’étudier une proposition de modification législative émanant de l’initiative « Stop avortement » qui, si elle était adoptée, renforcerait les restrictions à l’accès à l’interruption volontaire de grossesse. Soumise par la Fondation Vie et Famille (Fundacja ycie i Rodzina), un groupe anti-choix, cette proposition vise à supprimer l’un des trois motifs d’avortement autorisés dans le droit polonais, à savoir l’existence de malformations graves ou mortelles du fœtus. Aucun délai n’a été fixé à la commission parlementaire devant laquelle la proposition de « Stop avortement » a été renvoyée. En conséquence, cette proposition peut être examinée en quelques jours comme être enterrée et ne pas refaire surface avant de longs mois.

Un impact grave sur la santé des femmes

Les statistiques officielles montrent que la plupart des avortements légaux en Pologne sont pratiqués pour ce motif. Les recherches menées par Amnesty International en Irlande, au Salvador, au Nicaragua et au Paraguay montrent que dans tous ces pays, les femmes et les jeunes filles paient un lourd tribut aux restrictions à l’avortement sûr et légal. Elles les paient de leur santé, de leur bien-être, voire de leur vie.

Si elle était adoptée, la proposition de « Stop avortement » mettrait inévitablement en danger la santé des femmes et les priverait d’un droit reconnu par le droit international relatif aux droits humains. En effet, en vertu des normes internationales relatives aux droits humains, les malformations graves ou mortelles du fœtus figurent au nombre des motifs minimaux pour lesquels les femmes et les filles doivent avoir accès à un avortement sûr et légal.

Un durcissement de la législation contraindrait les femmes à mener à terme des grossesses non viables, mettrait en danger leur santé physique et mentale et les obligerait à donner naissance à des enfants qui n’auraient aucune chance de survie, leur faisant subir des souffrances inimaginables.

Actuellement, en Pologne, les femmes se heurtent à des obstacles considérables lorsqu’elles tentent de recourir à des avortements légaux, en partie à cause de la « clause de conscience », qui permet aux médecins de refuser de les prendre en charge pour des raisons religieuses. Dans le climat actuel, les médecins et les infirmières disposés à pratiquer des avortements légaux sont soumis à des pressions et craignent souvent d’être poursuivis en justice ou stigmatisés.

Ensemble, nous pouvons empêcher cela

Il y a plus d’un an, en octobre 2016, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues des villes de Pologne. Sous une pluie torrentielle, elles ont pris part à une mobilisation sans précédent contre des propositions de restriction quasi totale à l’accès à l’avortement. Ces femmes participaient à un mouvement qui a été qualifié de « protestation noire » (Black Protest), et elles ont gagné.

Cette victoire est aujourd’hui menacée, mais avec votre aide, nous pouvons éviter ce dangereux retour en arrière. Signez notre pétition adressée au Président et aux député-es polonais-es pour leur demander de rejeter les restrictions à la loi sur l’avortement.

Quelques jours à peine après la victoire des militants du mouvement Black Protest en 2016, des groupes anti-choix et des politiciens élaboraient déjà de nouvelles stratégies pour tenter de restreindre l’accès à l’avortement. La proposition de modification législative de « Stop Avortement » a rassemblé plus de 800 000 signatures. Selon les médias, les prêtres catholiques ont appelé à soutenir la proposition, des bénévoles anti-choix recueillant des signatures devant les portes des églises.

Dans le cadre d’une initiative parallèle, plus de 100 députés, appartenant principalement au parti au pouvoir, ont demandé que les dispositions législatives qui autorisent actuellement l’avortement en cas de malformation grave ou mortelle du fœtus soient déclarées inconstitutionnelles. Leur requête auprès du tribunal constitutionnel (qui est, dans les faits, sous le contrôle du parti au pouvoir) pourrait entraîner, si elle aboutit, le retrait de ces dispositions en l’espace de quelques jours.

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