Signer en ligne Ayman Nasser : un défenseur des droits humains en détention administrative

DÉTENU SANS INCULPATION NI JUGEMENT

Ayman Nasser, coordonnateur du service juridique de l’ONG palestinienne Addameer, fait l’objet d’un ordre de six mois de détention administrative prononcé par le commandant militaire des Forces de défense d’Israël en Cisjordanie. Il est détenu sans inculpation ni jugement par les autorités israéliennes depuis le 9 septembre 2018.

Le 17 septembre 2018, il avait été condamné à 6 mois de détention administrative par le commandant militaire israélien en Cisjordanie. Ordre qui expirait le 8 mars dernier. Cependant Le 10 mars, le tribunal militaire israélien d’Ofer dans les territoires palestiniens occupés (TPO) a approuvé le renouvellement de la détention administrative d’Ayman Nasser pour six mois supplémentaires. Ainsi depuis le 17 septembre 2018, Ayman Nasser est détenu sans inculpation ni jugement à la prison d’Ofer, près de Ramallah, en Cisjordanie. Sa détention devrait maintenant prendre fin le 7 septembre 2019.

UNE ARRESTATION VIOLENTE

Le 9 septembre, Ayman Nasser a été arrêté par les forces israéliennes lors d’une descente nocturne à son domicile, dans le village de Saffa, près de Ramallah, dans les TPO. Haleema Nasser, son épouse, a décrit l’arrestation à Amnesty International en ces termes :

« Dimanche, vers 2 heures du matin, plus de 10 soldats israéliens ont fait violemment irruption dans notre maison. Ils nous ont réveillés, moi, Ayman et les enfants. Ils nous ont fait rester dans le salon pendant qu’ils fouillaient la maison. Ils nous ont pris nos cartes d’identité et nos téléphones portables, puis ils nous les ont tous rendus, sauf ceux d’Ayman. »

Elle a ajouté : « les soldats ont emmené Ayman et deux de nos fils, Ameen (20 ans) et Naji (18 ans), à l’extérieur pour les interroger. Au bout d’une heure environ, les soldats ont permis à Ayman de nous dire au revoir et de prendre ses médicaments avec lui. Après leur départ, nous étions bouleversés et inquiets. Je suis inquiète à cause de l’état de santé de mon mari. Il est trop vieux pour vivre cela à nouveau. »

Selon son épouse, Ayman Nasser a un certain nombre de problèmes de santé, notamment une inflammation du côlon et d’intenses douleurs dues à une hernie discale dans le bas du dos. Il a besoin d’un traitement médical constant et d’un suivi effectué par des médecins spécialisés.

PRISONNIER D’OPINION

Ayman Nasser est le coordonnateur du service juridique de l’organisation palestinienne de défense des droits humains Addameer, qui est basée à Ramallah et soutient les prisonniers.

Amnesty International a recueilli au fil des ans des éléments indiquant que les autorités israéliennes utilisent régulièrement la détention administrative (prétendument introduite à titre de mesure exceptionnelle pour incarcérer des personnes qui représentent un danger extrême et imminent) comme une forme d’emprisonnement politique qui leur permet de détenir arbitrairement des prisonniers politiques, y compris des prisonniers d’opinion, et que cette pratique sert à punir ces personnes pour leurs opinions et leurs affiliations politiques présumées alors qu’elles n’ont commis aucun crime. Les ordres de détention administrative peuvent être renouvelés indéfiniment et les éléments à charge sont tenus secrets, si bien que les détenus ne peuvent pas contester effectivement leur détention et ignorent quand ils seront libérés.

Amnesty International a constaté une recrudescence des actes d’intimidation des autorités israéliennes à l’encontre des organisations palestiniennes de la société civile et des militants des droits humains dans les TPO, y compris à l’encontre d’Addameer. Ayman Nasser est le deuxième membre du personnel d’Addameer à être retenu en détention administrative. Les autorités israéliennes ont en outre interdit à trois de leurs collègues de se rendre à l’étranger.

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