Signer en ligne Deux étudiants emprisonnés pour un graffiti de contestation

En Azerbaïjan, critiquer le régime peut coûter très cher. Bayram Mammadov et Giyas Ibrahimov, deux étudiants de 22 et 23 ans membres du Mouvement pour un changement démocratique non violent (NIDA, “exclamation” en azéri) ont fait les frais de l’intransigeance des autorités. Tous deux ont été arrêtés le 10 mai 2016 et condamnés en octobre et décembre 2016 pour un simple graffiti, qui avait pour but de dénoncer l’autoritarisme du régime.

UNE ACCUSATION FALLACIEUSE

Le 9 mai 2016, le jour de l’anniversaire de l’ancien président d’Azerbaïdjan, Heydar Aliyev, les deux jeunes militants ont peint un graffiti à caractère politique sur une statue. Ils ont ironiquement tagué le message : « Joyeuse fête de l’esclavage » (en référence à la fête des fleurs, fête nationale). Ils ont ensuite pris une photo de ce message et l’ont partagée sur les réseaux sociaux.

Le lendemain, ils ont été arrêtés par la police pour détention de stupéfiants. Les autorités affirment que Bayram et Giyas avaient en leur possession environ huit grammes d’héroïne. Pourtant, leur interrogatoire a porté uniquement sur le graffiti et non sur la détention de stupéfiants. Les deux étudiants affirment que la police a caché de l’héroïne sur eux à leur insu en présence de « témoins » qui n’étaient pas indépendants, puisqu’ils travaillaient pour la police.

Pendant leur détention, Bayram et Giyas ont été victimes de violences physiques et mentales. Ils ont été battus à plusieurs reprises, menacés de viol et contraints de nettoyer les toilettes du poste, pendant que les policiers filmaient dans le but de les humilier. Ils ont, toutefois, refusé de présenter des excuses publiques au sujet des graffiti.

CONDAMNÉS POUR AVOIR EXERCÉ LEUR DROIT À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

Bayram et Giyas ont finalement été forcé à signer des aveux et ont été condamnés, en octobre 2016 pour Giyas, et en décembre 2016 pour Bayram, à 10 ans de prison, officiellement pour détention de stupéfiants. Mais ce sont des prisonniers d’opinion qui sont emprisonnés pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. Ils souhaitaient simplement dénoncer l’autoritarisme de leur gouvernement.

La société civile et la dissidence politique sont durement réprimées en Azerbaïdjan, les organisations de défense des droits humains étant fréquemment harcelées et persécutées. Si le pays est indépendant depuis 1993, le régime tient le pays d’une poigne de fer. Selon Turgut Gamber, un des fondateurs de NIDA, il y aurait une centaine de prisonniers politiques en Azerbaïdjan. Le gouvernement contrôle l’ensemble des médias traditionnels. Les médias indépendants sont la cible d’actes de harcèlement et de fermetures et les journalistes indépendants sont en butte aux manœuvres d’intimidation, de harcèlement, de menaces et de violences.

DEMANDEZ LA LIBÉRATION IMMÉDIATE DE CES PRISONNIERS D’OPINION

Exhortez les autorités azerbaïdjanaises à libérer immédiatement les deux jeunes étudiants, et entre-temps, de les protéger des mauvais traitements en prison.

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