Signer en ligne Les défenseur-e-s des droits humains pris pour cible

Depuis 2013, en Iran, des dizaines de défenseur-e-s des droits humains ont été condamnés à des peines d’emprisonnement sévères pour les punir de leurs activités pacifiques de défenses de droits humains. Ils sont la cible d’une campagne de répression virulente orchestrée par les organes de justice et de sécurité iraniens depuis l’accession d’Hassan Rohani à la présidence. Les militants qui osent se battre pour les droits des citoyens sont diabolisés et emprisonnés.

LES DÉFENSEUR-E-S DANS LE COLLIMATEUR DES AUTORITÉS

Le Président Rohani et son administration déclarent que la justice iranienne est indépendante et que personne n’est emprisonné pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion. Pourtant, le Tribunal révolutionnaire continue de prononcer des peines d’emprisonnement de plus en plus lourdes et longues — parfois de plus de 10 ans — pour des actes qui ne devraient même pas être considérés comme des crimes. Certains sont incarcérés pour avoir eu des contacts avec l’ONU et l’Union européenne, ainsi qu’avec des médias, des syndicats internationaux et des organisations de défense des droits humains basées à l’étranger, dont Amnesty International. Les accusations, vagues et générales, sont la plupart du temps liées à la sécurité nationale, à laquelle les défenseur-e-s seraient des menaces. Ils sont par ailleurs souvent qualifiés d’« agents de l’étranger » et de « traîtres » dans les médias officiels.

L’un des cas les plus emblématiques est celui de l’éminente défenseure des droits humains Narges Mohammadi, qui a dirigé le Centre de défense des droits humains (CDDH). Elle purge une peine de prison de 16 ans, en lien avec son travail en faveur des droits fondamentaux. Une affaire pénale a été intentée à son encontre à titre de représailles parce qu’elle avait rencontré l’ancienne haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, à l’occasion de la Journée internationale de la femme en 2014.

Le défenseur des droits humains Arash Sadeghi, quant à lui, purge une peine de 19 ans de prison pour diverses « infractions », notamment pour avoir communiqué avec Amnesty International et avoir transmis des informations au rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Iran et à des membres du Parlement européen. Malgré son état de santé critique, les autorités ont bloqué à plusieurs reprises son transfert dans un hôpital extérieur à la prison, à titre de représailles pour la grève de la faim qu’il a observée entre octobre 2016 et janvier 2017, afin de protester contre l’incarcération de son épouse, Golrokh Ebrahimi Iraee, auteure d’une fiction sur la lapidation.

PROCÈS INÉQUITABLES, CHARGES NON FONDÉES, TORTURE

Les défenseur-e-s sont poursuivi-e-s en justice et incarcéré-e-s pour des motifs fallacieux liés à la « sécurité nationale ». Les procès sont pour la plupart inéquitables, sommaires et tenus au secret. De plus, la plupart des défenseur-e-s se sont vus refuser l’accès à un avocat au moment de leur arrestation et pendant les enquêtes. Ils ont souvent été détenus à l’isolement pour des périodes prolongées, ce qui peut être s’apparenter à de la torture. Beaucoup ont été soumis à des actes de tortures et de mauvais traitement durant leurs interrogatoires menés par des agents du ministre des renseignements et de la sécurité nationale. Les juges n’ont pas ordonné d’enquête sur ces allégations, en violation de la Constitution iranienne, du Code de procédure pénal ainsi que du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel l’Iran est partie.

Par ailleurs, beaucoup ont peu — voire pas — de contact avec leur famille et leur avocat.

DEMANDEZ LA LIBÉRATION IMMÉDIATE DES DÉFENSEUR-E-S DES DROITS HUMAINS

La première campagne électorale du président Hassan Rouhani avait fait naître des espoirs de réforme en matière de droits humains. Force est de constater qu’aujourd’hui, l’acharnement des autorités à réprimer les défenseur-e-s des droits humains fait voler en éclat ces promesses de jours meilleurs. Le gouvernement iranien doit mettre fin à la diabolisation, au harcèlement et à l’emprisonnement des défenseur-e-s des droits humains. Signez notre pétition.

Amnesty International a sorti un rapport sur les défenseurs des droits humains en Iran en août 2017, consultable ici.

Narges Mohammadi, Présidente exécutif du centre pour les défenseur-e-s des droits humains, a été condamnée à une peine de prison de 16 ans en mai 2016, dont 10 années pour avoir formé un groupe dont le but était de perturber la sécurité nationale. La défenseure faisait partie du groupe de Campagne “Pas à pas vers l’abolition de la peine de mort”.

Atena Daemi, activiste contre la peine de mort, a été condamnée à une peine de prison de 7 ans portant sur des accusations de sécurité national en raison de son opposition pacifique contre la peine de mort. Ces activités consistaient principalement dans la critique en ligne de dossier d’exécution des autorités, la distribution de brochures contre la peine de mort et de participer à de rassemblement en dehors de la prison en solidarité avec les familles des condamnés à mort.

Alireza Farshi est membre de la minorité turque azerbaïdjanaise iranienne et fondateur de la campagne en ligne pour commémorer la Journée internationale de la langue maternelle. Il a été condamné à une peine de prison de 15 ans en février 2017.

Golorkh Ebrahimi Iraee, écrivaine, a été condamnée à une peine de prison de 6 ans, elle est accusée, entre autre, d’avoir “insulté le caractère islamique sacré”. Cette accusation est portée sur un livre qu’elle a écrit, mais non publié, sur l’horrible pratique qui est la lapidation. Elle fait partie des artistes qui ont été condamné en raison de leur mobilisation artistique contre la peine de mort. Elle est l’épouse d’Arash Sadeghi.

Arash Sadeghi cumule deux condamnations qui font au total 19 ans d’emprisonnement. Ces accusations portent, entre autre, d’avoir communiqué avec Amnesty International et d’autres groupes de défense des droits humains sur la situation des droits humains en Iran. Il est accusé d’avoir fait de la “propagande contre le système”, d’“insulte au fondateur de la République islamique”, de “répandre des mensonges” et de “rassemblement pour commettre des crimes contre la sécurité nationale”.

Esmail Abdi, professeur de mathématique, a été condamné à une peine de prison de 6 ans en raison de son activité syndicale pacifique. Il était membre du conseil d’administration de l’Association syndicales des professeurs à Téhéran.

Ebrahim Madadi est aussi un syndicaliste, il est accusé d’avoir “organisé un rassemblement pour commettre des crimes contre “la sécurité nationale” et “perturber l’ordre public en participant à des rassemblements illégaux”. Le 12 juillet 2017, il a fait appel de son jugement.

Abdolfattah Soltani, avocat des droits humains, a été condamné à une peine de prison de 13 ans, ses accusations portent la sécurité nationale. Il fait partie des avocats qui défendent les prisonniers d’opinion et d’autres victimes des droits humains qui subissent une lourde répression de la part du gouvernement iranien.

Mohammad Ali Amouri est un activiste des droits des minorités, son combat se porte principalement pour défendre les droits de la minorité arabe Ahwazi d’Iran. Il est membre fondateur d’un groupe de défense des droits culturels désormais dissous, qui s’appelait Al-Hiwar (“Dialogue” en arabe). Il a été condamné à la peine de mort en 2012.

Maryam Akbari Monfared est toujours en attente de son procès, elle a été arrêté en 2009. Elle avait pris contact avec ses proches, qui sont membres de l’Organisation des Moudjahidine populaire d’Iran. Maryam est accusée d’”inimitié à l’égard de Dieu”.

Nous nous n’oublions pas Reza Shahabi et Ebrahim Madadi, deux syndicalistes, et Alieh Motalebzadeh, qui ont été libéré, mais subissent des pressions, des restrictions à leur liberté de circulation et une surveillance rapprochée de la part des autorités iraniennes. Et Rhaman Asakereh qui a été arrêté en même temps que Mohammad Ali Amouri.

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