Signer en ligne Raif Badawi et Waleed Abu al Khair doivent être libérés

Mise à jour du 14 juin 2016 : Waleed Abu al Khair a interrompu sa grève de la faim après avoir obtenu l’accès quotidien à l’hôpital et à la bibliothèque de la prison de la part des responsables de la prison de Jeddah.

RAIF BADAWI
Raif Badawi, le fondateur d’un forum en ligne « Les libéraux saoudiens » qui encourageait le débat sur les questions politiques et sociales, a été arrêté le 17 juin 2012. Le 7 mai 2014, le tribunal pénal de Djeddah l’a condamné à 10 ans d’emprisonnement, 1 000 coups de fouet et une amende d’un million de riyals saoudiens (environ 230 000 euros) pour « apostasie ». Cette peine est assortie d’une interdiction de voyager pendant dix ans et d’une interdiction d’utiliser les médias à l’issue de sa peine.

Le 9 janvier 2015, Raif Badawi subissait sa première et seule séance de flagellations, une séance qui aurait dû se reproduire tous les vendredis : sa sentence prévoyait qu’il reçoive 50 coups de fouet pendant 20 semaines, pour atteindre 1000 coups en tout.

Quelques jours après cette première séance, sa femme, Ensaf Haidar qui réside aujourd’hui avec leurs trois enfants au Canada, a dit à Amnesty International qu’il n’aurait peut-être pas survécu une prochaine séance de flagellations. « J’ai expliqué à mes enfants ce qu’il se passait, pour ne pas qu’ils l’apprennent de la bouche de leurs amis à l’école. C’est un choc énorme pour eux. La pression internationale est cruciale, et je pense que si nous continuons à soutenir Raif, cela pourrait porter ses fruits. Nous devons continuer à nous battre », nous a-t-elle dit.

Depuis le 9 janvier 2015, la flagellation a chaque fois été reportée pour raison médicale d’abord, puis pour des raisons non communiquées. Cependant le 6 juin 2015, les médias saoudiens ont annoncé que la Cour suprême avait confirmé les condamnations retenues contre Raif Badawi. Ceci a été confirmé par des sources indépendantes. La flagellation pourrait donc reprendre, et il faut plus que jamais se mobiliser pour Raif. La flagellation constitue une violation de l’interdiction absolue de la torture et des autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, inscrite dans le droit international. En décembre 2015, Raif a été transféré à la prison de Dhabban à Djedda. Il y est toujours détenu.

WALEED ABU AL KHAIR
Waleed Abu al Khair est un éminent défenseur des droits humains et avocat saoudien. Il est l’avocat de Raif Badawi. Cet homme est un prisonnier d’opinion.

Le 6 juillet 2014, Waleed Abu al Khair a été condamné par le Tribunal pénal spécial à une peine de 15 ans de prison assortie d’une interdiction de voyager subséquente de 15 ans. Il a été jugé coupable d’avoir « désobéi au souverain et cherché à lui ôter sa légitimité », « insulté le pouvoir judiciaire et remis en cause l’intégrité des juges », « créé une organisation non autorisée », « nui à la réputation de l’État en communiquant avec des organisations internationales » et « rédigé, enregistré et envoyé des informations troublant l’ordre public ». Il avait été arrêté le 15 avril, après avoir comparu lors de la cinquième audience de son procès devant le Tribunal pénal spécial à Riyad, la capitale saoudienne. Il a d’abord été conduit à la prison d’Al Hair à Riyad, où il aurait été placé à l’isolement et privé de sommeil en étant constamment exposé à une lumière vive. Il a ensuite été transféré vers différents centres de détention. Il se trouve actuellement à la prison de Briman, dans la ville côtière de Djedda. Il a dit avoir subi des tortures physiques et psychologiques pendant sa détention.
Avant cela, il avait déjà été condamné pour des charges similaires à trois mois d’emprisonnement par le tribunal pénal de Djedda et avait vu sa sentence confirmée le 6 février 2014 par la cour d’appel de La Mecque.

Le 12 janvier 2015, Waleed Abu al Khair a vu sa condamnation confirmée en appel par le Tribunal pénal spécial de Riyad. Le juge a par ailleurs ordonné qu’il purge l’intégralité de sa peine parce qu’il a refusé de présenter des excuses pour les faits qu’on lui reproche. Lors de son premier procès, Waleed Abu al Khair avait été condamné à 15 ans de prison, mais ne devait en purger que 10. Il continue à refuser de reconnaître la légitimité du Tribunal pénal spécial.

Le 7 juin 2016, Waleed Abu al Khair a commencé une grève de la faim pour dénoncer les mauvais traitements dont il est victime. Il souffre de diabète et de complications intestinales et ne reçoit pas les soins médicaux dont il a besoin. Il a interrompu sa grève de la faim après avoir obtenu accès aux soins médicaux nécessaires.

Cela fait plusieurs années que nous nous mobilisons pour la libération immédiate et sans condition de Raif et Waleed. Signez notre pétition pour montrer aux autorités saoudiennes que nous ne les oublions pas et que nous n’abandonnerons pas le combat, tant qu’ils seront derrière les barreaux.

Le procès de Raif Badawi s’est ouvert en juillet 2012, devant le tribunal général de Djedda. Le 21 janvier 2013, cette juridiction a transmis le dossier au tribunal pénal de Djedda, au motif qu’elle n’était pas compétente pour juger cette affaire car elle estimait que Raif Badawi n’avait pas insulté l’islam et ne pouvait donc pas être accusé d’apostasie. Le procureur général a néanmoins insisté pour qu’il soit jugé pour cette infraction. L’affaire a alors été transmise à une cour d’appel pour déterminer si elle devait être examinée par le tribunal pénal de Djedda ou par une autre instance, telle que le tribunal général de Djedda, compétent pour juger les affaires d’apostasie. La cour d’appel de Djedda a finalement renvoyé le dossier devant le tribunal pénal, qui a condamné Raif Badawi le 29 juillet 2013 à sept ans d’emprisonnement et 600 coups de fouet. Son avocat a fait appel de cette décision, avançant que le juge en charge de l’affaire n’occupait ses fonctions que de manière temporaire et manquait d’impartialité. Le 11 décembre 2013, la cour d’appel a jugé que l’affaire devait être à nouveau révisée et l’a renvoyée devant le tribunal pénal de Djedda. Le 25 décembre 2013, le juge du tribunal pénal a conclu qu’il n’était pas compétent pour réexaminer ce dossier car le prévenu était accusé d’apostasie. L’affaire a une nouvelle fois été transmise à la cour d’appel de Djedda pour qu’elle décide de renvoyer l’affaire devant le tribunal pénal ou de la rejuger elle-même. C’est finalement le tribunal pénal de Djedda qui a été chargé de l’affaire et qui, le 7 mai 2014, a condamné Raif Badawi à 10 ans de prison, 1 000 coups de fouet et une amende d’1 million de riyals saoudiens (environ 226 000 euros). Raif Badawi a fait appel de cette décision et, le 1er septembre, la cour d’appel a maintenu la condamnation.

Le 9 janvier 2015, Raif Badawi a subi sa première séance de flagellation en public devant la mosquée d’Al Jafali à Djedda. Il a reçu 50 coups de bâton et est supposé en recevoir 50 chaque vendredi pendant 20 semaines. Le vendredi 16 janvier, le jour prévu de sa deuxième séance de flagellation, Raif a reçu la visite d’un médecin en prison. Celui-ci a statué que les plaies de Raif n’ayant pas encore guéri, il n’était pour le moment pas en état de subir une deuxième séance de flagellation. Le médecin a demandé à ce que celle-ci soit repoussée au vendredi 23 janvier. Le 21 janvier, Raif a été emmené à l’hôpital King Fahd à Jeddah, où il a été examiné pendant plusieurs heures par un comité de huit médecins. Ils ont statué qu’il ne devrait pas être flagellé, en raison notamment de sa pression artérielle trop élevée. La séance de flagellation a donc été repoussée. Le 30 janvier, et tous les vendredis d’après, la flagellation a également été reportée à chaque fois pour des raisons inconnues à ce jour.

Le 3 janvier, la Cour suprême a renvoyé le dossier devant la Cour d’appel de Djedda. Si il y avait eu des hésitations quant à l’issue de ce renvoi - demande de rejuger le cas de Raif ou confirmation du jugement rendu par la Cour suprême -, cette dernière a tranché le 6 juin 2015 en faveur du maintien des peines qui avaient été prononcées le 7 mai 2014. Bien que les charges retenues contre Raif n’aient pas été commuées en “crime d’apostasie” - il aurait alors encouru la peine de mort -, la confirmation de ces peines injustes est odieuse. Cette décision irrévocable de la Cour suprême démontre, une fois de plus, le peu de considération portée aux droits humains par les autorités saoudiennes.

Les autorités saoudiennes continuent de mener une campagne de persécution de grande ampleur à l’encontre des défenseurs des droits humains et des militants de la société civile, en engageant des poursuites judiciaires contre eux et en adoptant des mesures arbitraires, telles que l’interdiction de voyager.
Les châtiments corporels, notamment la flagellation, vont à l’encontre du droit international, qui interdit la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

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