Signer en ligne Raif Badawi et Waleed Abu al Khair doivent être libérés

RAIF BADAWI
Raif Badawi, le fondateur d’un forum en ligne « Les libéraux saoudiens » qui encourageait le débat sur les questions politiques et sociales, a été arrêté le 17 juin 2012. Le 7 mai 2014, le tribunal pénal de Djeddah l’a condamné à 10 ans d’emprisonnement, 1 000 coups de fouet et une amende d’un million de riyals saoudiens (environ 230 000 euros) pour « apostasie ». Cette peine est assortie d’une interdiction de voyager pendant dix ans et d’une interdiction d’utiliser les médias à l’issue de sa peine.

Le 9 janvier 2015, Raif Badawi subissait sa première et seule séance de flagellations, une séance qui aurait dû se reproduire tous les vendredis : sa sentence prévoyait qu’il reçoive 50 coups de fouet pendant 20 semaines, pour atteindre 1000 coups en tout.

Quelques jours après cette première séance, sa femme, Ensaf Haidar qui réside aujourd’hui avec leurs trois enfants au Canada, a dit à Amnesty International qu’il n’aurait peut-être pas survécu une prochaine séance de flagellations. « J’ai expliqué à mes enfants ce qu’il se passait, pour ne pas qu’ils l’apprennent de la bouche de leurs amis à l’école. C’est un choc énorme pour eux. La pression internationale est cruciale, et je pense que si nous continuons à soutenir Raif, cela pourrait porter ses fruits. Nous devons continuer à nous battre », nous a-t-elle dit.

Depuis le 9 janvier 2015, la flagellation a chaque fois été reportée pour raison médicale d’abord, puis pour des raisons non communiquées. Cependant le 6 juin 2015, les médias saoudiens ont annoncé que la Cour suprême avait confirmé les condamnations retenues contre Raif Badawi. Ceci a été confirmé par des sources indépendantes. La flagellation pourrait donc reprendre, et il faut plus que jamais se mobiliser pour Raif. La flagellation constitue une violation de l’interdiction absolue de la torture et des autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, inscrite dans le droit international. En décembre 2015, Raif a été transféré à la prison de Dhabban à Djedda. Il y est toujours détenu.

WALEED ABU AL KHAIR
Waleed Abu al Khair est un éminent défenseur des droits humains et avocat saoudien. Il est l’avocat de Raif Badawi. Cet homme est un prisonnier d’opinion.

Le 6 juillet 2014, Waleed Abu al Khair a été condamné par le Tribunal pénal spécial à une peine de 15 ans de prison assortie d’une interdiction de voyager subséquente de 15 ans. Il a été jugé coupable d’avoir « désobéi au souverain et cherché à lui ôter sa légitimité », « insulté le pouvoir judiciaire et remis en cause l’intégrité des juges », « créé une organisation non autorisée », « nui à la réputation de l’État en communiquant avec des organisations internationales » et « rédigé, enregistré et envoyé des informations troublant l’ordre public ». Il avait été arrêté le 15 avril, après avoir comparu lors de la cinquième audience de son procès devant le Tribunal pénal spécial à Riyad, la capitale saoudienne. Il a d’abord été conduit à la prison d’Al Hair à Riyad, où il aurait été placé à l’isolement et privé de sommeil en étant constamment exposé à une lumière vive. Il a ensuite été transféré vers différents centres de détention. Il se trouve actuellement à la prison de Briman, dans la ville côtière de Djedda. Il a dit avoir subi des tortures physiques et psychologiques pendant sa détention.
Avant cela, il avait déjà été condamné pour des charges similaires à trois mois d’emprisonnement par le tribunal pénal de Djedda et avait vu sa sentence confirmée le 6 février 2014 par la cour d’appel de La Mecque.

Le 12 janvier 2015, Waleed Abu al Khair a vu sa condamnation confirmée en appel par le Tribunal pénal spécial de Riyad. Le juge a par ailleurs ordonné qu’il purge l’intégralité de sa peine parce qu’il a refusé de présenter des excuses pour les faits qu’on lui reproche. Lors de son premier procès, Waleed Abu al Khair avait été condamné à 15 ans de prison, mais ne devait en purger que 10. Il continue à refuser de reconnaître la légitimité du Tribunal pénal spécial.

Le 7 juin 2016, Waleed Abu al Khair a commencé une grève de la faim pour dénoncer les mauvais traitements dont il est victime. Il souffre de diabète et de complications intestinales et ne reçoit pas les soins médicaux dont il a besoin. Il a interrompu sa grève de la faim le 30 juin après avoir obtenu accès aux soins médicaux nécessaires.

Cela fait plusieurs années que nous nous mobilisons pour la libération immédiate et sans condition de Raif et Waleed. Signez notre pétition pour montrer aux autorités saoudiennes que nous ne les oublions pas et que nous n’abandonnerons pas le combat, tant qu’ils seront derrière les barreaux.

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