Signer en ligne Hongrie : Là où les droits des réfugiés n’existent pas

En Hongrie, les violations des droits humains des réfugiés sont systématiques et les exposent à des souffrances permanentes. Depuis un an, le gouvernement hongrois a mis en place tout un système visant à dissuader demandeurs d’asile et migrants de traverser son territoire ou de déposer leur demande d’asile en Hongrie.

Ces mesures et pratiques contre les réfugiés et migrants ont donné lieu à de violentes expulsions vers la frontière serbe, à des détentions illégales au sein du pays et à des conditions de vie désespérantes pour ceux qui attendent à la frontière.

DES OBSTACLES CONSTANTS POUR ENTRER SUR LE TERRITOIRE

Les autorités hongroises ont construit une clôture tout le long de la frontière sud avec la Serbie et la Croatie, permettant l’arrestation de toute personne entrée irrégulièrement sur le territoire. Des milliers de personnes se sont aussi vu refuser l’entrée sur le territoire ou ont été renvoyées de force en Serbie. En effet, une loi votée en juillet 2016 permet le renvoi immédiat des individus traversant la frontière illégalement, ou étant dans un rayon de 8 km de la frontière sur le territoire hongrois.

Pour entrer légalement, des « zones de transit », un set de conteneurs en métal, ont été mises en place à la frontière. Seules 30 personnes y sont acceptées par jour, les autres attendant dans des conditions exécrables. La Hongrie n’assure pas un traitement humain à ceux qui ne peuvent pas être immédiatement admis dans le processus de demande d’asile : ni installations sanitaires, ni soins médicaux, ni abris adéquats ne sont fournis par les autorités.

De plus, Amnesty International a recueilli les témoignages de réfugiés et migrants faisant part d’une utilisation excessive de la force à leur encontre, incluant des passages à tabac, des coups de pieds et des expulsions illégales vers la Serbie.

LE RÊVE EUROPÉEN BRISÉ

Début août 2016, plus de la moitié des 1 200 demandeurs d’asile en Hongrie était en détention. Les familles et les personnes vulnérables sont envoyées des « zones de transit » vers des centres de réception ouverts dans le pays, où elles attendent désespérément dans des conditions qui ne sont pas adaptées pour le long terme. Ces centres ne fournissent presque pas d’éducation ou d’activités pour les enfants, ni même de soins de santé.

En raison du manque d’interprètes et de la lenteur et la complexité de la procédure d’asile, les demandeurs d’asile font face à des obstacles insurmontables concernant l’avancée de leur cas. Ils attendent indéfiniment dans des centres de détention où ils sont parfois traités comme « des animaux ».

DEMANDEZ LA FIN DES VIOLATIONS COMMISES PAR LA HONGRIE

Au vu des pratiques du gouvernement hongrois et de ce qu’elles impliquent comme risques pour la population migrante, Amnesty International appelle les gouvernements européens à arrêter les transferts de demandeurs d’asile vers la Hongrie, sous condition du règlement de Dublin, mais aussi d’activer un mécanisme de prévention contre les violations des droits des réfugiés et demandeurs d’asile par le gouvernement hongrois.

Signez notre pétition adressée à Didier Reynders, ministre belge des Affaires étrangères.

Amnesty International a conduit une recherche sur le traitement des migrants et des réfugiés par les autorités hongroises et a tenu à partager ces résultats dans un rapport intitulé Stranded hope : Hungary’s sustained attack on the rights of refugees and migrants.
Ce rapport fait état de la situation des réfugiés, demandeurs d’asile et migrants à la frontière hongroise, mais aussi à l’intérieur du territoire.

Les individus en Serbie attendant leur tour pour entrer en Hongrie vivent dans des conditions insalubres. Ni la Serbie ni la Hongrie n’offrent d’abris adéquats ou d’accès à des soins médicaux. Beaucoup de ceux qui attendent à la frontière sont là depuis des mois. Ils ne disposent que d’un seul un robinet pour chaque zone de transit, et quelques rares organisations humanitaires sont chargées de leur fournir des services d’aide et de soutien très limités. Les autorités ferment les yeux sur la situation alarmante signalée par le HCR et plusieurs organisations non gouvernementales telles que Comité Helsinki de Hongrie ou encore Human Rights Watch.

Criminalisation des réfugiés et migrants

Les réfugiés et les demandeurs d’asile essayant de passer la frontière depuis la Serbie deviennent souvent des « migrants en situation irrégulière », car ils restent sur le territoire serbe au-delà de l’autorisation temporaire qui leur est le plus souvent accordée pour 72 heures. Si, n’ayant pas pu avoir accès à une procédure d’asile en Hongrie, ils décident de quitter le périmètre d’attente devant la zone de transit, ils sont condamnés à des amendes et sont expulsés de Serbie pour séjour irrégulier.
Dans le conteneur « zone de transit » pour entrer sur le territoire hongrois, les autorités délivrent des autorisations d’entrées sur le territoire hongrois à 30 personnes par jour, mais détiennent aussi des hommes voyageant seuls pour environ quatre semaines. La plupart d’entre eux ont vu leur demande d’asile être déclarée comme inadmissible sur la base de leur arrivée via la Serbie, considérée comme un « pays tiers sûr » où ils auraient pu demander l’asile. Cependant, la Serbie ne leur fournit pas un accès à une procédure juste et individualisée pour faire leur demande d’asile.

Beaucoup de migrants et réfugiés tentent de traverser la frontière illégalement afin de mettre fin à une attente interminable, mais à leurs risques et périls. En un an, environ 3 000 réfugiés et migrants ont été sanctionnés. En pratique, les nouvelles modifications datant de juillet 2016 permettent à la police de renvoyer de force tous les demandeurs d’asile qui se trouvent à moins de huit kilomètres de la frontière, ce qui représente une violation de l’obligation de « non-refoulement » et des garanties procédurales qui y sont associées.

Manque de volonté de la part des autorités hongroises

De plus, les autorités hongroises continuent volontairement à ne pas respecter les accords qui pourraient protéger les droits des réfugiés ou des migrants pour une arrivée sûre et légale dans l’Union européenne (UE). Ces accords permettraient à ces personnes d’être traitées avec dignité et d’avoir l’opportunité de faire entendre leur cas de manière juste et individuelle.

« La Hongrie est en train de se transformer en zone où les réfugiés ne peuvent obtenir aucune protection, et fait preuve d’un mépris flagrant pour ses obligations en matière de droits humains et le besoin manifeste de travailler avec d’autres pays de l’UE et des Balkans pour trouver des solutions collectives et humaines à la crise actuelle », a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

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