Signer en ligne Lucha, la liberté d’expression de la jeunesse baillonée

Six membres du mouvement de jeunes Lutte pour le changement (LUCHA) ont été condamnés à deux ans de prison pour « incitation à la désobéissance ». Les six activistes ont été arrêtés le 16 février à Goma, quelques heures avant une grève générale organisée pour protester contre le retard pris dans l’organisation des élections générales de 2016 en République démocratique du Congo (RDC).

Au même moment, à Kinshasa, deux autres membres de la Lucha, Bienvenu Matumo et Marc Héritier Capitaine, ont été arrêtés.

Goma
Le 16 février à l’aube, les autorités ont fait irruption dans la maison où six militants du mouvement de jeunes LUCHA avaient passé la nuit à préparer des messages pour la grève générale, à l’appel de l’opposition et de la société civile. L’objectif de l’opération était de protester contre le retard pris dans l’organisation des élections générales de 2016, ce qui prolongerait le mandat du président Joseph Kabila au-delà du calendrier prévu par la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC).

Rebecca Kavugho, Serge Sivyavugha, Justin Kambale Mutsongo, Melka Kamundu, John Anipenda et Ghislain Muhiwa ont été condamnés à deux ans de prison le 24 février, tout de suite après le réquisitoire du procureur et la plaidoirie des avocats de la défense. Ils demeurent en détention à la prison de Muzenze à Goma. Leurs avocats ont l’intention de former un recours contre cette décision dans les 10 prochains jours.

Serge Sivya était venu à Bruxelles en décembre dernier pour nous parler des atteintes dont sont victimes les membres de l’opposition, les défenseurs des droits humains et les autres acteurs de la société civile.

Kinshasa
Bienvenu Matumo et Marcel Héritier Kambale Kapitene, jeunes militants de la LUCHA, ont été appréhendés tôt dans la matinée du 16 février dans l’hôtel où ils s’étaient cachés. Leur arrestation – que les autorités ont d’abord niée – est survenue quelques heures avant la grève générale susmentionnée. La veille, les autorités ont appréhendé Victor Tesongo, qui aidait les deux militants à préparer des tracts pour la grève. Les trois hommes ont d’abord été placés en détention au secret, puis conduits au bureau du procureur dans le quartier de Gombe, à Kinshasa, le 19 février.

Le 25 février 2016, le tribunal de paix de Ngaliema, à Kinshasa, a rejeté la demande de libération sous caution formulée par Bienvenu Matumo, Marcel Héritier Kambale Kapitene et Victor Tesongo. Il a également autorisé le prolongement de leur détention provisoire pour 15 jours. La défense a l’intention de former un recours contre cette décision. Actuellement détenus à la prison de Makala, ils sont provisoirement accusés de « diffusion de rumeurs », « incitation à la désobéissance » et « atteinte à la sécurité nationale ».

Amnesty International considère tous ces militants comme des prisonniers d’opinion, condamnés uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits aux libertés d’expression et de réunion.

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