Signer en ligne Les veillées des Mères du samedi doivent être autorisées

LES MÈRES DU SAMEDI RÉCLAMENT JUSTICE POUR LEURS PROCHES

Initiée en 1995, la veillée pacifique des « Mères du samedi » rassemble des parents de victimes de disparitions forcées qui ont suivi le coup d’État militaire des années 1980 et à l’état d’urgence des années 1990 en Turquie. Ces parents, principalement des mères, âgées de plus de 80 ans pour certaines, se réunissent chaque semaine sur la place Galatasaray, à Istanbul, lors d’une veillée pacifique à la mémoire de leurs proches.

Dans la grande majorité des cas, les circonstances exactes des disparitions et le sort des victimes restent inconnus des familles, qui ignorent même si celles-ci sont encore en vie ou non. Les responsables n’ayant jamais été traduits en justice, les manifestants réclament vérité et justice, et, protestent en particulier contre l’impunité qui prévaut pour les violations des droits de l’homme commises pendant cette période.

DES REVENDICATIONS SÉVÈREMENT RÉPRIMÉES

Ces rassemblements ne sont pas au goût des autorités.

Le 25 août 2018, les Mères du samedi célébraient leur 700ème semaine des rassemblements pacifiques. Ce qui devait être un jour de commémoration fort est rapidement devenu le théâtre d’une violente répression de la part des autorités. Pour disperser les participants, les policiers ont fait usage d’une force excessive et démesurée. Des dizaines d’entre eux ont utilisé sans discernement du gaz lacrymogène, des canons à eau et des balles en caoutchouc, et maintenu 47 personnes en détention pendant plusieurs heures dans les bus de police. Elles ont été ensuite libérés, après que leurs déclarations aient été prises au siège de la Direction de la sécurité d’Istanbul.

« Nous venons nous asseoir ici en paix. Les mères viennent parler de l’absence douloureuse de leurs enfants. Les frères et sœurs réclament une tombe sur laquelle se recueillir… Les autorités devraient répondre à la question : Pourquoi nous a-t-on fait ça ? À qui avons-nous fait du mal ? » déclare Emine Ocak, 82 ans, mère de Hasan Ocak, disparu en 1995.

Le 1er octobre 2018, 18 des personnes détenues le 25 août ont pris contact avec la Fondation turque des droits de l’homme (TİHV) pour faire constater leurs blessures par des médecins indépendants. Ces médecins ont déclaré à Amnesty International que l’une des personnes avait un doigt cassé et qu’une autre avait le poignet cassé. Le 3 octobre dernier, aucune enquête indépendante et impartiale sur ce recours abusif à la force n’avait encore été ouverte.

LES VEILLÉES TOUJOURS INTERDITES

La tenue de la veillée n’a pas été autorisée depuis le 25 août dernier. Chaque semaine, des proches de disparus déterminés à se rassembler pacifiquement risquent d’être brutalement dispersés par la police. Plusieurs fois durant le mois de septembre, la police a bloqué tout accès à la place Galatasaray. Les Mères du samedi et leurs sympathisants qui s’étaient alors rassemblés devant les bureaux de l’Association des droits de l’homme d’Istanbul dans le quartier Beyoğlu d’Istanbul furent également obligés de se disperser.

Le 10 septembre 2018, les familles des disparus ont porté plainte contre le gouverneur d’Istanbul et le gouverneur de Beyoğlu pour avoir illégalement restreint le droit des Mères du samedi à la liberté de réunion pacifique et pour avoir utilisé une force excessive. Elles ont également porté plainte contre le ministre de l’Intérieur pour ses déclarations publiques contenant insultes et menaces.

SOUTENEZ LES MÈRES DU SAMEDI DANS LEUR QUÊTE DE VÉRITÉ

Les droits fondamentaux à la liberté d’expression et à la liberté de réunion pacifique, garantis par le droit interne et international des droits de l’homme, sont menacés et bafoués. Malgré la répression des autorités, les Mères du samedi sont déterminées à se faire entendre et à poursuivre leur quête de vérité et de justice.

Soutenez leur combat : demandez à ce que les Mères du samedi ne soient pas réduites au silence, mais qu’il soit répondu à leurs demandes de vérité, de justice et de non-répétition, afin qu’un tel crime ne soit plus jamais commis en Turquie. Signez notre pétition en ligne.

LES DISPARITIONS FORCÉES EN TURQUIE

En février 2011, le Président Recep Tayyip Erdoğan a rencontré 12 proches de personnes faisant partie des centaines de disparus. À cette occasion, il a assuré que son gouvernement s’attellerait à la question des disparitions forcées, qui constitue l’une des plus graves violations des droits humains en Turquie.

Sept ans ont passé et les familles réclament toujours vérité et justice pour les parents qui leur ont été brutalement enlevés dans les années 1980 et 1990. Aujourd’hui, leur veillée hebdomadaire a été interdite et des dizaines de manifestants et manifestantes ont fait l’objet de mauvais traitements et d’un placement en détention.

Par ailleurs, la Turquie n’a toujours pas signé la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.

LES DROITS HUMAINS BAFOUÉS À TRAVERS LE PAYS

L’interdiction de la veillée des Mères du samedi est l’un des exemples les plus récents et les plus choquants de la répression perpétrée contre les défenseurs des droits humains en Turquie et souligne la volonté des autorités de museler les potentielles voix contestataires.

Si le climat de peur en Turquie est certainement antérieur à la tentative sanglante de coup d’État du 15 juillet 2016, il s’est intensifié et approfondi au lendemain de ce dernier. Et bien que l’état d’urgence ait été levé en juillet 2018, des mesures restrictives portant atteinte à l’exercice des droits de l’homme continuent à être appliquées dans tout le pays.

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