Action : Egypte. Justice pour les manifestantes victimes de violences sexuelles et liées au genre

Pendant ses 16 mois où il a fait office de gouvernement provisoire de l’Égypte, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) n’a pas tenu sa promesse de protection des droits humains et a trahi les espoirs de la « révolution du 25 janvier ». Le 11 février 2011, lorsqu’il a pris le pouvoir après le soulèvement qui a renversé le président Hosni Moubarak, le CSFA s’est engagé à respecter le droit à manifester pacifiquement et à contribuer à la transition du pays vers un régime civil. Mais, au lieu de cela, il a fait usage d’une répression violente contre des manifestants pacifiques. L’armée a eu recours, de manière répétée, à une force excessive et non justifiée, notamment meurtrière, dans le but de disperser des manifestations et des sit-in pacifiques, qui ont parfois dégénéré en affrontements, au cours desquels elle a tué des dizaines de manifestants et s’en est pris à des hommes et à des femmes dont la seul faute était d’avoir osé protesté. En Égypte, les femmes étaient aux premières lignes de la « révolution du 25 janvier », mais elles ont payé au prix cher le courage dont elles ont fait preuve. Depuis le soulèvement, elles sont stigmatisées et exposées à des atteintes aux droits humains spécifiques au genre, notamment des violences sexuelles. Par exemple, le 9 mars 2011, des soldats ont placé 18 femmes en détention aux mains de l’armée après avoir évacué les manifestants de la place Tahrir. Dix-sept d’entre elles ont été détenues pendant quatre jours, et certaines ont déclaré à Amnesty International que des soldats les (...)

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