Signer en ligne Violences faites aux femmes : la Belgique doit respecter ses obligations

“Quand c’est non c’est non”

En 2014, Amnesty lançait une grande campagne intitulée « Quand c’est non c’est non » à la suite d’un sondage d’opinion réalisé auprès de 2 000 Belges. Ce sondage rapporte notamment que 46% des personnes interrogées (hommes et femmes) sont ou ont été victimes de violences sexuelles jugées « graves » au cours de leur vie, une femme sur quatre se fait et/s’est faite harceler physiquement dans des lieux publics, et 24,9% des femmes se sont fait et/ou se font imposer des relations sexuelles forcées par leur partenaire/conjoint.

Suite à ce sondage, les sections belges francophone et flamande d’Amnesty avaient remis au Premier ministre, Charles Michel, quelque 23 000 signatures recueillies en Belgique d’une pétition demandant au gouvernement fédéral de mettre à disposition des moyens pratiques et financiers suffisants en matière de lutte contre les violences sexuelles.

Cinq ans plus tard …

Cinq ans plus tard, plusieurs progrès sont à souligner. Notamment, la signature de la Convention du conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, appelée également Convention d’Istanbul. En 2016, la Belgique a ratifié cette Convention.

Cependant, malgré la ratification de ce texte contraignant, la Belgique ne respecte pas de façon optimale ses obligations en matière de lutte contre les violences et ne dégage pas l’ensemble des mesures nécessaires pour y parvenir.

Les données disponibles sur les violences sont très lacunaires, les campagnes d’information restent trop ponctuelles, la prévention primaire est délaissée, l’éducation non-sexiste est loin d’être systématique dans les programmes d’enseignement, les formations destinées aux professionnels (police notamment) sont insuffisantes, les hébergements d’urgence trop peu nombreux. En matière d’asile et de migration, les conditions de protection des femmes victimes de violences dans le cadre d’un regroupement familial sont très strictes et ne tiennent pas compte de leurs problèmes spécifiques.

… Amnesty demande un profond changement de pratiques dans la lutte contre les violences

Dans le cadre de la procédure de suivi prévue par la Convention, la Belgique est tenue d’établir un rapport de suivi afin de permettre au Conseil de l’Europe d’apprécier les mesures adoptées.

Ce mécanisme d’évaluation ouvert à la société civile a permis à des associations de mettre sur pied une large coalition pour contribuer à la rédaction d’un rapport alternatif. Amnesty a tout naturellement été en première ligne dans la rédaction de ce rapport et dans l’élaboration des recommandations.

Parmi ces recommandations, Amnesty exhorte le gouvernement belge et les entités fédérées à assurer un profond changement de pratiques, mettre en place une politique intégrée impliquant tous les niveaux de pouvoir en collaboration avec les associations et assurer une revalorisation des budgets alloués à la lutte contre les violences qui doit devenir une priorité systématique.

Vous aussi, soutenez le changement de politique et de pratiques en Belgique dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Signez notre pétition.

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