Signer en ligne Empêchez l’exécution de 3 jeunes militants saoudiens

Mise à jour 04/01/2016 : Ali Mohammed Baqir al Nimr, Dawood Hussein al Marhoon et Abdullah Hasan al Zaher ne font pas partie des 47 personnes qui ont été exécutées le 2 janvier 2016. Cependant, tous trois risquent encore d’être exécutés à tout moment.

Ali Mohammed Baqir al Nimr, Dawood Hussein al Marhoon et Abdullah Hasan al Zaher ont été arrêtés et condamnés à la peine de mort pour des faits qu’ils auraient commis alors qu’ils étaient encore mineurs. Bien qu’ils n’aient pas été jugés par les mêmes tribunaux, leurs trois affaires sont très similaires. Ces trois militants chiites ont été arrêtés après avoir participé à des manifestations anti-gouvernementales. Ils ont été condamnés à la suite de procès iniques. Tous trois ont dénoncé avoir été torturés pour leur extorquer les "aveux" qui ont servi à les condamner. Selon des informations relayées par des médias favorables au gouvernement, et qui ont provoqué un tollé mondial, Ali al Nimr pourrait être crucifié après sa décapitation. Ce dernier est le neveu de Sheikh Nimr Baqr al Nimr, un dignitaire chiite exécuté le 2 janvier 2015 aux côtés de 46 autres personnes, accusées de terrorisme pour la plupart d’entre elles.

Les tensions entre les membres de la communauté chiite et les autorités saoudiennes se sont accrues depuis 2011, lorsque, en partie inspirés par les mouvements de protestation qui ont balayé le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, des Saoudiens vivant dans la province de l’Est, majoritairement chiite, ont multiplié les appels publics en faveur de réformes.

Il est grand temps que l’Arabie saoudite respecte les droits humains, à commencer par ceux inscrits dans la Convention internationale des droits de l’enfant, qui interdit la condamnation à mort de personnes mineures au moment des faits. Signez notre pétition pour demander l’annulation de la condamnation à mort d’Ali, de Dawood et d’Abdullah, qui doivent bénéficier d’un nouveau procès équitable.

Ali al Nimr a été arrêté en février 2012, alors qu’il avait 17 ans, puis placé dans un centre de réinsertion pour mineurs, avant d’être incarcéré dans une prison pour adultes. Il a été condamné à mort en mai 2014 par le Tribunal pénal spécial de Djedda, un tribunal jugeant des affaires ayant trait à la sécurité et au terrorisme, pour 12 infractions - parmi lesquelles participation à des manifestations antigouvernementales, agressions contre les forces de sécurité, détention d’une mitraillette et vol à main armée. Ali al Nimr a déclaré que ses « aveux » lui avaient été arrachés sous la torture, mais le tribunal a refusé de diligenter une enquête sur ses allégations.

Abdullah al Zaher et Dawood al Marhoon ont été arrêtés le 3 mars et le 22 mai 2012, alors qu’ils avaient respectivement 16 et 17 ans. En octobre 2014, ils ont été condamnés à mort par le Tribunal pénal spécial de Riyadh pour des motifs similaires, puisqu’ils avaient notamment été reconnus coupables d’avoir participé à des défilés antigouvernementaux, commis un vol à main armée et « pris part aux homicides de policiers en fabriquant et utilisant des cocktails Molotov pour les attaquer ». Eux aussi affirment qu’on les a torturés et forcés à « avouer ».

Les autorités saoudiennes se dispensent régulièrement de respecter les normes internationales d’équité des procès et les Garanties des Nations unies pour la protection des droits des personnes passibles de la peine de mort. Les affaires où l’accusé est passible de la peine capitale sont souvent jugées en secret dans le cadre de procédures sommaires et iniques, sans que le prévenu ne puisse bénéficier d’une assistance ni d’une représentation juridiques au cours des différentes phases de sa détention et de son procès. Les accusés peuvent être déclarés coupables sur la seule base d’« aveux » obtenus sous la torture ou d’autres mauvais traitements.

La Convention relative aux droits de l’enfant, que l’Arabie saoudite est tenue de respecter, indique clairement que la peine de mort ne peut être prononcée pour des infractions commises par des personnes mineures.

L’Arabie saoudite est l’un des pays du monde qui exécutent le plus de prisonniers. Le royaume a mis à mort 137 personnes jusqu’à présent cette année, contre 90 pour toute l’année 2014. La peine capitale est souvent imposée à l’issue de procès iniques, et ni les mineurs délinquants ni les personnes présentant des troubles mentaux ne sont épargnés, a indiqué Amnesty International dans un rapport récent.

Depuis 2012, les autorités saoudiennes persécutent défenseurs des droits humains et dissidents en toute impunité, aussi bien par la voie juridique que par des moyens extrajudiciaires comme des interdictions de voyager.

Une nouvelle loi de lutte contre le terrorisme est entrée en vigueur en février 2014, et est utilisée depuis lors contre des défenseurs des droits humains et des militants afin de les condamner à de lourdes peines de prison, voire à la peine de mort.

La plupart des procès de ces militants se sont déroulés devant le Tribunal pénal spécial, dont la compétence est vague et les procédures nimbées de secret.

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