Signer en ligne Abandonnez les charges contre Yves et Fred et libérez les prisonniers d’opinion

Fred Bauma et Yves Makwambala, considérés par Amnesty International comme des prisonniers d’opinion, ont été remis en liberté sous caution. Les deux militants, détenus à la prison de Makala à Kinshasa, ont été libérés le 29 août.

Leur libération fait suite à une rencontre entre le Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, et une délégation du mouvement de la jeunesse LUCHA. Après cette rencontre, le ministre de la justice et des droits humains, Alexis Thambwe Mwamba, a publié, le 19 août 2016, une liste de noms de personnes détenues susceptibles de bénéficier d’une mesure de libération. Parmi celles-ci figuraient les militants Fred Bauma et Yves Makwambala ainsi que Christopher Ngoyi.

Cependant, les charges à l’encontre de ces deux militants sont toujours maintenues. Celles-ci doivent être totalement abandonnées par les autorités afin que Fred Bauma et Yves Makwambala puisse jouir d’une liberté sans crainte. Interpellez le ministre de la justice et droits humains et demandez lui également de libérer tous les autres prisonniers d’opinion et de cesser toute forme de répression à l’égard des dissidents congolais.

Les militants congolais Yves Makwambala et Fred Bauma avaient été arrêtés, le 15 mars 2015 à Kinshasa, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle trois mouvements de la jeunesse congolaise ont lancé une plate-forme de la jeunesse appelée Filimbi. Filimbi vise à renforcer l’éducation citoyenne chez les jeunes Congolais dans la perspective des prochaines élections législatives et présidentielle qui auront lieu en 2016 en RDC.

Des agents des services de sécurité congolais ont lancé un raid contre le lieu de la conférence de presse où Filimbi a été lancé et ils ont arrêté au moins 30 personnes, dont un diplomate américain, des journalistes étrangers et des membres de la société civile sénégalaise et burkinabè. Le diplomate étranger et les journalistes américains ont été libérés le jour même, tandis que les militants sénégalais et burkinabè ont, par la suite, été expulsés. Yves Makwambala et Fred Bauma ont été maintenus en détention secrète pendant deux semaines par les services nationaux de renseignements, sans avoir accès à leurs proches ou leurs avocats.

Yves Makwambala et Fred Bauma ont été transférés à la prison de Makala à Kinshasa respectivement après 40 et 50 jours de détention. Ils sont toujours en détention.

Ils sont inculpés d’appartenance à une association formée dans le but d’attenter aux personnes et aux biens, d’avoir comploté contre le Chef de l’État et d’avoir tenté de détruire ou de changer le « régime constitutionnel », ou d’avoir incité des personnes à s’armer contre l’autorité de l’État.
Les autorités congolaises ont également accusé Fred Bauma de trouble à l’ordre public, et Yves Makwambala d’offense publique au chef de l’État. Tous les deux risquent d’être condamnés à la peine de mort s’ils sont reconnus coupable de certains des chefs d’inculpation mentionnés ci-dessus.

Le président Joseph Kabila a fait l’objet d’une pression croissante visant à le dissuader de solliciter un nouveau mandat après 14 ans au pouvoir. Cela a entraîné une répression étatique accrue de la liberté d’expression, d’association et de réunion à l’encontre des membres de la société civile et des hommes politiques qui se prononcent contre la tentative du président Kabila de briguer un nouveau mandat.

Depuis leur arrestation, les amis, collègues et proches de Fred et Yves ont fait campagne sans relâche pour obtenir leur libération. Pourtant, même des actions symboliques ont été fortement réprimées par les autorités. Ainsi, les membres de la LUCHA (Lutte pour le Changement), le mouvement de jeunesse lancé par Fred avec certains amis militants à Goma, dans l’est de la RDC, avaient demandé à la population de siffler entre 17 heures et 17h 05 tous les jours pour appeler les autorités à libérer Fred et Yves. Quatre militants de la Lucha ont été arrêtés alors qu’ils distribuaient des sifflets et expliquaient l’objectif de cette action à des passants à Goma. Ils ont été accusés d’atteinte à la sécurité nationale, d’incitation à la rébellion et de participation à une manifestation illégale. Après l’intervention d’Amnesty International, ces quatre militants ont été libérés sous caution. Leur procès est actuellement en cours à Goma.

Yves Makwambala est un graphiste qui a élaboré le site de Filimbi (http://www.filimbi.org/accueil.php). Il ne pensait pas que son travail et son association avec la plate-forme Filimbi l’exposeraient au risque d’être arrêté. Il a admis avoir beaucoup souffert durant son placement en détention secrète. Les amis qui ont visité les deux militants à la prison de Makala ont déclaré à Amnesty que Fred est plus déterminé que jamais à poursuivre son action après sa libération. Il ne regrette pas d’avoir pris part à la lutte pour la démocratie, la liberté d’expression, les libertés fondamentales et la bonne gouvernance.

Amnesty International considère que Fred et Yves sont des prisonniers d’opinion et appelle les autorités congolaises à les libérer immédiatement et sans conditions.

J'agis

Signer en ligne
Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Continuons à agir

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse