Signer en ligne Homicides et impunité dans la prétendue “guerre contre la drogue”

Homicides illégaux

En novembre et décembre 2016, Amnesty International a mené des recherches approfondies aux Philippines pour enquêter sur les affaires d’homicides liées aux stupéfiants et sur la mise en œuvre des politiques antidrogues du gouvernement. Les conclusions de ces recherches, publiées le 1er février 2017, témoignent de nombreuses exécutions extrajudiciaires commises par les autorités nationales et des tueurs à gages employés par les autorités à l’encontre de présumés trafiquants ou consommateurs de drogue.

En effet, depuis juin 2016, l’administration du président Rodrigo Duterte a lancé une campagne de lutte contre la drogue qui a entraîné dans tout le pays une vague d’homicides illégaux, dont beaucoup s’apparentent à des extractions judiciaires. À ce jour, on compte près de 7 000 personnes tuées dans le cadre de cette lutte contre le trafic de drogue, la police étant directement responsable d’au moins 2 500 homicides de trafiquants présumés.

Les homicides délibérés, généralisés et systématiques de consommateurs ou trafiquants présumés, qui semblent être planifiés et organisés par les autorités, pourraient constituer des crimes contre l’humanité relevant du droit international.

Une guerre contre les pauvres

Les pauvres sont les premières victimes de cette lutte contre la drogue du fait de leur incapacité à avoir recours à une défense judiciaire.

La police ne respecte pas le droit à la vie des plus pauvres comme en témoigne le rapport. Les autorités iraient jusqu’à “fabriquer des preuves”, à recruter des tueurs à gages, à dévaliser les victimes et finalement à rédiger des rapports d’incidents mensongers assurant que la victime a ouvert le feu. Finalement, le rapport relève le meurtre de beaucoup de personnes suite à des “erreurs d’identité” ou encore le meurtre d’enfants victimes de “balles perdues” au cours des opérations de police.

Ces exactions interrogent l’importance qu’accordent les autorités à leurs fonctions et à la légalité des interventions. Or, dans les rares affaires où la police s’est attaquée à des gangs étrangers trafiquant la méthamphétamine, elle a montré qu’elle était capable de procéder à des arrestations sans faire usage de la force meurtrière. Le fait que les pauvres ne bénéficient pas de la même protection ni du même respect renforce l’idée qu’il s’agit d’une guerre contre les pauvres.

Incitation à la violence et impunité

L’administration Duterte fait fi des allégations d’homicides illégaux, d’exécutions extrajudiciaires voire de crimes contre l’humanité, et prolonge la campagne antidrogue jusqu’à 2022. Plus encore, elle valide les exactions et donne carte blanche aux autorités à tuer en toute impunité toute personne présumée impliquée dans le trafic et/ou la consommation de drogue.
Le président a en effet promis de tuer des dizaines de milliers de personnes impliquées dans le trafic de stupéfiants. Il a encouragé le meurtre des toxicomanes eux-mêmes, et offert d’importantes récompenses à ceux qui permettent de retrouver des barons de la drogue – morts ou vifs.

L’administration Duterte a également établi et rendu publiques des « listes noires » – listes de personnes soupçonnées d’être liées à l’usage ou au trafic de stupéfiants – et a laissé entendre que le meurtre par des policiers ou des acteurs civils ne sera pas sanctionné. Ces listes désignent notamment des représentants de l’État, dont des juges, des membres du Congrès, des policiers et des militaires, qui seraient impliqués dans le trafic de stupéfiants, souvent sans preuve.

À ce jour, aucun officier de police n’a été poursuivi pour un homicide ou des exactions commises dans cadre d’une opération de lutte contre la drogue. Les enquêtes sont inexistantes ou faibles, rendant de ce fait futiles tous les efforts des familles des victimes pour mener leurs cas devant la cour. En outre, ces dernières vont rarement au bout des démarches judiciaires, car ont peur des représailles des autorités dont les actions sont validées par le gouvernement en place.

Il faut que cela cesse. Signez notre pétition pour demander qu’une enquête indépendante et impartiale à l’égard des allégations d’abus des droits humains soit mise en place et appelez-le gouvernement philippin à réévaluer l’approche actuelle de la “guerre contre la drogue”.

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