Signer en ligne Le scandale de l’huile de palme

Le 30 novembre, Amnesty International a publié un rapport dévoilant de graves violations des droits humains en Indonésie, le plus grand producteur mondial d’huile de palme. Ce rapport intitulé « Le scandale de l’huile de palme : de grandes marques tirent profit de l’exploitation des ouvriers » (le rapport est aussi disponible dans son intégralité en anglais) documente les différentes atteintes des droits humains perpétrées par Wilmar, le géant de l’huile de palme. Une révélation d’autant plus choquante puisque l’huile de palme est présente dans 50% des produits alimentaires et de consommation courante.

L’huile de palme : fruit du labeur des enfants

Le rapport souligne que des enfants âgés de huit à 14 ans accomplissent des tâches dangereuses dans des plantations détenues et gérées par des filiales et des fournisseurs de Wilmar. Ils travaillent sans tenue de protection dans des lieux où des pesticides toxiques sont utilisés et portent des sacs de fruits de palmier à huile qui peuvent peser de 12 à 25 kg. Certains ont abandonné l’école pour travailler avec leurs parents toute la journée ou presque. D’autres travaillent l’après-midi après l’école, ainsi que le week-end et pendant les vacances scolaires.

Une pratique généralisée de travail forcé

Les travailleurs doivent remplir des objectifs ridiculement élevés qui ne correspondent pas à leurs heures de prestation, les forçant ainsi à travailler de longues heures sans être payés en conséquence, souvent sous la menace de perdre leur travail. Wilmar utilise une pratique systématique discriminatoire en employant les femmes comme journalières, ce qui les prive d’un emploi stable et de prestations sociales telles que l’assurance maladie et la retraite.

Des atteintes aux droits humains dans nos paniers de course

En s’appuyant sur les données d’exportation et les informations publiées par Wilmar, les chercheurs d’Amnesty International ont remonté la filière de l’huile de palme jusqu’à neuf multinationales de l’agroalimentaire et des produits de consommation courante. À l’exception d’une seule, toutes ces entreprises sont membres de la RSPO et affirment utiliser de l’« huile de palme durable » sur leur site Internet ou les étiquettes de leurs produits : Nestlé, Colgate, Palmolive … la liste est longue.

En tant que consommateur, il est impossible de fermer les yeux sur ces graves violations. Agissons dès maintenant pour que nos produits ne soient pas empoisonnés par les violations que subissent les travailleurs et travailleuses des plantations de Wilmar en Indonésie.

L’Indonésie possède une législation rigoureuse en matière de droit du travail, au regard de laquelle la plupart de ces pratiques peuvent constituer des infractions pénales. Néanmoins, la loi est peu appliquée. Amnesty International appelle les autorités indonésiennes à améliorer le contrôle de l’application de la loi et à enquêter sur les atteintes aux droits humains exposées dans son rapport.

La demande mondiale d’huile de palme en fait un secteur lucratif, mais sa production se déroule au détriment des ouvriers et ouvrières qui y travaillent. Amnesty International a enquêté sur les plantations indonésiennes de palmiers à huile qui fournissent le premier producteur mondial d’huile de palme, Wilmar, et a découvert des cas de travail forcé, de bas salaires, d’exposition à des produits toxiques et de discrimination envers les femmes - employées comme ouvrières journalières, sans retraite ni assurance maladie.

Pour répondre à la demande des secteurs de l’agroalimentaire et des biens de consommation courante, qui cherchent un produit agricole peu coûteux et polyvalent pouvant être utilisé pour fabriquer toutes sortes de choses, des personnes subissent des pressions et des menaces visant à les faire travailler toujours plus longtemps, en accomplissant des travaux pénibles physiquement tels que la cueillette manuelle de fruits sur des arbres atteignant 20 mètres de hauteur.

S’ils veulent être payés, ces ouvriers et ouvrières doivent cueillir, porter, traiter et ramasser énormément de fruits pour remplir des objectifs ridiculement élevés. Ils peuvent se retrouver avec de fortes douleurs physiques et risquent en outre diverses sanctions pour des « fautes » telles que ne pas avoir ramassé les fruits tombés par terre et avoir cueilli des fruits pas mûrs.

Les ouvriers sont obligés d’utiliser un pesticide hautement toxique, le paraquat,malgré son interdiction dans l’Union européenne et même par Wilmar. Ce produit peut causer de graves lésions surtout que les travailleurs ne sont pas fournis de protection adéquate

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