Signer en ligne Urgent : Empêchez que l’accord UE-Turquie ne fasse une nouvelle victime

Noori, 21 ans, étudiant pour devenir infirmier en Syrie, a été obligé de fuir son pays cet été à cause de la violence des conflits. Il risque d’être expulsé de Grèce vers la Turquie de façon imminente.

Cette expulsion prochaine est une conséquence concrète de l’accord que l’UE a conclu avec la Turquie en mars dernier.

Trouver un refuge malgré les risques
Noori a tenté de se rendre quatre fois en Turquie, à ses risques et périls, afin de trouver un refuge. Arrêté, battu et renvoyé en Syrie par les militaires turcs lors de ses deux premières tentatives, il a subi une attaque par un groupe armé au cours de la troisième (onze personnes avec qui il voyageait ont alors été tuées). Il a enfin pu atteindre le territoire turc lors de la quatrième tentative, où il est resté un mois et demi. Seul, agressé par des passeurs et voleurs à deux reprises, il cherchait à rejoindre ses proches qui se trouvent déjà en Europe en rejoignant la Grèce.

Le début d’une longue série de renvois ?
Le renvoi forcé de Noori marque le pas franchi par l’Union Européenne. Celle-ci risque maintenant de renvoyer des milliers de réfugiés vers la Turquie. Plus de 13.000 personnes sont arrivées sur les îles grecques depuis la mise en œuvre de l’accord UE-Turquie. Elles sont toutes bloquées dans des camps surpeuplés, aux conditions sordides, attendant une décision concernant leur demande d’asile.

La Turquie ne peut pas être considérée comme un pays sûr
Suite à la signature de l’accord entre la Turquie et l’UE en mars 2016, Amnesty International en a vivement critiqué la nature car il ouvre la voie au renvoi immédiat en Turquie de toutes les personnes arrivant clandestinement sur les îles grecques, en se fondant sur le fait que la Turquie est considérée comme un « pays tiers sûr ». Un rapport d’Amnesty International fait état des failles du système d’asile turc et des difficultés auxquelles se heurtent les personnes réfugiées. Les réfugiés se retrouvent en grande difficulté pour régulariser leur situation auprès des autorités et n’ont pas le droit de travailler, forcés de subvenir à leurs besoins en travaillant illégalement. Victimes d’arrestations et de détentions arbitraires, les réfugiés syriens en Turquie ne sont pas protégés. De plus, les autorités bafouent le droit international en expulsant parfois collectivement des Syriens dans leur pays. Il s’agit là de graves atteintes aux droits humains.

Dénonçons ces retours qui mettent en danger des personnes venues chercher refuge et protection en Europe ! Exigez l’arrêt de cette expulsion en signant notre pétition.

L’accord entre la Turquie et l’Union européenne
Amnesty International critique l’accord UE-Turquie, car il ouvre la voie au renvoi immédiat en Turquie de toutes les personnes arrivant clandestinement sur les îles grecques, en se fondant sur le fait que la Turquie est considérée comme un « pays tiers sûr ». Or Amnesty International a recensé de graves atteintes aux droits humains contre les réfugiés en Turquie et maintient que ce pays ne peut pas être considéré actuellement comme un pays sûr pour les réfugiés. Par ailleurs, cet accord compromet le droit de demander l’asile et le système de protection internationale, en déléguant la responsabilité de l’UE à un pays tiers, la Turquie, qui accueille déjà près de trois millions de réfugiés.

Non, la Turquie n’est pas un pays sûr
Le 27 avril dernier, un groupe de douze Syriens – six hommes, deux femmes et quatre enfants âgés de quatre à 12 ans – ont été emmenés par avion de l’île grecque de Lesbos jusqu’en Turquie. Ils comptent parmi les premiers Syriens retournés volontairement en Turquie, depuis la signature de l’accord UE-Turquie. Les responsables turcs avec lesquels ils se sont entretenus à Lesbos ont affirmé qu’ils seraient réadmis en Turquie, qu’ils obtiendraient des papiers d’identité sous deux ou trois jours et que ceux qui avaient des proches en Turquie pourraient les rejoindre. Cependant, à leur arrivée sur le sol turc, ils ont été conduits au camp de Düziçi, dans le département d’Osmaniye, dans le sud-est du pays, où ils ont été détenus.

Amnesty International s’est entretenue avec quatre des huit adultes du groupe, qui ont expliqué avoir été interrogés par des responsables du camp à trois reprises. Ils ont appris qu’ils séjourneraient dans le camp pendant au moins trois mois dans l’attente d’une décision des autorités d’Ankara. Lorsqu’ils ont demandé s’ils pouvaient partir plus tôt, on leur a répondu qu’en signant un document de retour volontaire en Syrie, ils pouvaient être conduits à la frontière dans les prochains jours.

La détention de ce groupe de réfugiés est arbitraire et par conséquent illégale. Ils ont déclaré à Amnesty International qu’on ne leur avait pas expliqué les motifs ni la durée de leur détention, ni comment ils pouvaient la contester légalement. Un avocat représentant l’un des réfugiés se serait vu refuser la possibilité de s’entretenir avec son client.

Un système d’asile submergé et défaillant
Ce rapport montre que le système d’asile turc a du mal à faire face au nombre extrêmement élevé de personnes réfugiées et en quête d’asile, qui sont plus de trois millions. En conséquence, les demandeurs d’asile peuvent avoir à attendre pendant plusieurs années que leur cas soit examiné et, durant cette période d’attente, ils ne reçoivent pas, ou quasiment pas, d’aide pour trouver un abri et de quoi vivre, ce qui amène des enfants n’ayant parfois pas plus de neuf ans à travailler pour aider leur famille.

"L’accord entre l’UE et la Turquie est irréfléchi et illégal. Les recherches menées par Amnesty International montrent qu’il est erroné de penser que la Turquie est à même de respecter les droits et de subvenir aux besoins de plus de trois millions de personnes réfugiées et en quête d’asile", a expliqué John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« En cherchant opiniâtrement à empêcher les arrivées irrégulières en Europe, l’UE a volontairement donné une fausse image de ce qui se passe sur le terrain en Turquie. Il faut s’attendre à ce que le nouveau système d’asile ait beaucoup de mal à faire face à la situation, dans un pays qui accueille le plus grand nombre de réfugiés au monde. Il est juste d’encourager la Turquie à mettre en place un système d’asile pleinement opérationnel, mais l’UE ne doit pas se comporter comme si un tel système existait déjà. »

J'agis

Signer en ligne
Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Continuons à agir

Réfugiés et migrants : - 20 °C sans nourriture, logement ou soins

Environ 1200 réfugiés et migrants dorment dans des hangars désaffectés du centre de Belgrade. Agissez contre cette insoutenable situation