Signer en ligne La défenseure des droits des femmes Su Changlan doit être libérée

La défenseure chinoise des droits des femmes Su Changlan a été emprisonnée deux ans et demi sans jugement. Le vendredi 31 mars 2017, elle a été condamnée par un tribunal de la ville de Foshan à une peine de trois ans d’emprisonnement pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État », pour avoir publié des commentaires en ligne en soutien aux manifestants pro-démocratie à Hong Kong en septembre 2014 et pour avoir milité en faveur des droits des femmes. En dépit de demandes répétées, ses proches n’ont pas été autorisés à lui rendre visite depuis son arrestation en octobre 2014.

Le 6 mai 2015, Su Changlan a pu rencontrer son avocat pour la première fois depuis son interpellation, le 27 octobre 2014. Celui-ci a appris que Su Changlan était placée dans un isolement complet du monde extérieur. Elle a écrit environ huit lettres à son mari qui lui a également adressé quelques courriers, mais cette correspondance ne leur a pas été transmise. Su Changlan ne savait pas que son frère et son mari avaient été détenus pendant un mois pour avoir demandé sa libération. Le 13 novembre 2015, Su Changlan a été inculpée par le tribunal populaire intermédiaire de Foshan. Le 18 février 2016, son père est décédé sans qu’elle ait pu le voir avant sa mort. Son avocat avait demandé à ce qu’elle soit autorisée à assister aux funérailles.

Le 13 mai 2016, le tribunal populaire intermédiaire de la ville de Foshan a informé l’avocat de Su Changlan que la Cour populaire suprême a approuvé une nouvelle prorogation, au 12 août 2016, du délai octroyé au tribunal de première instance pour conclure l’examen de son cas. C’est la deuxième fois que ce délai est prorogé.

Les conditions de détention de Su Changlan sont épouvantables. La taille de sa cellule est d’environ 80 mètres carrés, mais elle accueille entre 50 à 70 détenues. L’espace de couchage ne dépasse pas la taille d’une table de salle de réunion (environ 60 cm de large). En raison de l’espace limité, elle peut rarement trouver le sommeil. Su Changlan a indiqué qu’en raison de ces mauvaises conditions, de la détention à long terme et de ses problèmes cardiaques (elle souffre d’un syndrome d’arrêt sinusal dû à une l’hyperthyroïdie), son état de santé s’est dégradé. Su Changlan a dit à son avocat qu’elle n’a pas été torturée dans le but de lui extraire des aveux, mais la police lui a dit que son cas était suffisamment grave pour requérir une sanction sévère. Lors de son dernier entretien avec son avocat, Su Changlan a signalé qu’elle souffrait d’une série de nouveaux problèmes de santé et qu’elle craint avoir un problème gastrique. En plus de souffrir de maux d’estomac, de fièvre et de nausées, elle régurgite un liquide aigre à chaque fois qu’elle mange de la nourriture grasse. Le médecin à l’infirmerie de la prison lui a dit qu’il ne décelait rien d’inhabituel.

Signez notre pétition pour demander aux autorités chinoises de libérer Su Changlan immédiatement et sans condition.

Su Changlan est très connue dans le sud de la Chine. Elle a été professeure d’école primaire entre 1990 et 2001 et a commencé son militantisme social en travaillant avec les femmes rurales dans le district de Nanshan, dans la province de Hainan afin de défendre leurs droits à l’héritage et de veiller au partage des bénéfices provenant des biens communs. Au cours des dernières années, elle a mis l’accent sur les questions relatives aux droits des femmes et de l’enfant tels que la traite des enfants, les femmes-enfants qui se retrouvent mariées, la planification familiale et la violence à l’encontre des femmes liée à la politique de l’enfant unique. Elle a également mis l’accent sur les droits des enfants migrants, les droits fonciers, les expulsions forcées et la démocratie. Elle a été forcée de démissionner de son poste d’enseignant à Hainan et a été arrêtée à plusieurs reprises, dans le passé, en raison de son militantisme pacifique et de ses prises de position courageuses.

Du 26 septembre à mi-décembre 2014, des milliers de personnes ont occupé certaines parties du centre-ville de Hong Kong pour demander une réforme électorale. Le mouvement de protestation a pris de l’ampleur après que les policiers ont illégalement utilisé du gaz lacrymogène et du gaz poivre à l’encontre des manifestants pacifiques, le 28 septembre. Les événements ont pris fin en décembre après qu’un tribunal eut ordonné la dispersion des manifestants.

Une centaine de personnes ont été placées en détention en Chine continentale après le début des manifestations pro-démocratie à Hong Kong, en septembre 2014, notamment pour avoir exprimé leur soutien via les réseaux sociaux, pour s’être rasé la tête en signe de solidarité avec les manifestants ou pour avoir prévu de se rendre à Hong Kong pour rejoindre le mouvement. Au 20 avril 2015, 23 d’entre elles étaient maintenues en détention. Ces arrestations s’inscrivent dans la lutte plus vaste menée par les autorités chinoises pour empêcher tout débat ou tout signe de soutien concernant les événements de Hong Kong. Instagram, la plate-forme populaire de partage de photos, a été bloquée. Les censeurs gouvernementaux ont essayé de supprimer d’Internet toute mention positive de ces rassemblements, tout en obligeant les journaux et les chaînes télévisées à n’évoquer que la version des événements approuvée par l’État.

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