Signer en ligne La défenseure des droits des femmes Su Changlan doit être libérée

TROIS ANS DE PRISON POUR AVOIR FAIT SON TRAVAIL

La défenseure chinoise des droits des femmes Su Changlan a été emprisonnée deux ans et demi sans jugement. Le 31 mars 2017, elle a été condamnée par un tribunal de la ville de Foshan à une peine de trois ans d’emprisonnement pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État », pour avoir publié des commentaires en ligne en soutien aux manifestants pro-démocratie à Hong Kong en septembre 2014 et pour avoir milité en faveur des droits des femmes.

Su Changlan est très connue dans le sud de la Chine. Elle a été professeure d’école primaire entre 1990 et 2001 et a commencé son militantisme social en travaillant avec les femmes rurales dans le district de Nanshan, dans la province de Hainan afin de défendre leurs droits à l’héritage et de veiller au partage des bénéfices provenant des biens communs. Au cours des dernières années, elle a mis l’accent sur les questions relatives aux droits des femmes et de l’enfant tels que la traite des enfants, les femmes-enfants qui se retrouvent mariées, la planification familiale et la violence à l’encontre des femmes liée à la politique de l’enfant unique. Elle a également mis l’accent sur les droits des enfants migrants, les droits fonciers, les expulsions forcées et la démocratie. Elle a été forcée de démissionner de son poste d’enseignant à Hainan et a été arrêtée à plusieurs reprises, dans le passé, en raison de son militantisme pacifique et de ses prises de position courageuses.

DES CONDITIONS DE DÉTENTION ÉPOUVANTABLES

Les conditions de détention de Su Changlan sont catastrophiques. La taille de sa cellule est d’environ 80 mètres carrés, mais elle accueille entre 50 à 70 détenues. L’espace de couchage ne dépasse pas la taille d’une table de salle de réunion (environ 60 cm de large). En raison de l’espace limité, elle peut rarement trouver le sommeil. Su Changlan a indiqué qu’en raison de ces mauvaises conditions, de la détention à long terme et de ses problèmes cardiaques (elle souffre d’un syndrome d’arrêt sinusal dû à une l’hyperthyroïdie), son état de santé s’est dramatiquement dégradé. Elle a besoin d’être transférée au plus vite dans un centre soins à l’extérieur de la prison, afin de recevoir les traitements adéquats.

Par ailleurs, en dépit de demandes répétées, les proches de Su Changlan n’ont pas été autorisés à lui rendre visite depuis son arrestation en octobre 2014.
À la suite du verdict du 31 mars, des membres du tribunal ont déclaré à la famille de Su Changlan qu’ils organiseraient une visite de leur proche au centre de détention. Cependant, les agents locaux de la sécurité publique ont immédiatement emmené la belle-mère, le mari et le frère de Su Changlan et les ont détenus sans notification officielle pendant sept jours. Durant leur détention, ils ont été placés sous une étroite surveillance et ont été forcés d’éteindre leurs téléphones, ce qui leur a interdit toute communication avec le monde extérieur. La belle-mère de Su Changlan a été la seule personne autorisée à visiter Su Changlan, mais de manière très brève, après avoir été escortée au centre de détention le 31 mars par la police. Tous ont libérés le 7 avril.

SU CHANGLAN DOIT ÊTRE LIBÉRÉE

Su Changlan est une prisonnière d’opinion, emprisonnée pour avoir exercé son activité pacifique de défense des droits humains. Signez notre pétition pour demander aux autorités chinoises de lui garantir un accès aux soins adéquats, ainsi qu’à ses proches, et de la libérer immédiatement et sans condition.

Su Changlan est très connue dans le sud de la Chine. Elle a été professeure d’école primaire entre 1990 et 2001 et a commencé son militantisme social en travaillant avec les femmes rurales dans le district de Nanshan, dans la province de Hainan afin de défendre leurs droits à l’héritage et de veiller au partage des bénéfices provenant des biens communs. Au cours des dernières années, elle a mis l’accent sur les questions relatives aux droits des femmes et de l’enfant tels que la traite des enfants, les femmes-enfants qui se retrouvent mariées, la planification familiale et la violence à l’encontre des femmes liée à la politique de l’enfant unique. Elle a également mis l’accent sur les droits des enfants migrants, les droits fonciers, les expulsions forcées et la démocratie. Elle a été forcée de démissionner de son poste d’enseignant à Hainan et a été arrêtée à plusieurs reprises, dans le passé, en raison de son militantisme pacifique et de ses prises de position courageuses.

Le 6 mai 2015, Su Changlan avait pu rencontrer son avocat pour la première fois depuis son interpellation, le 27 octobre 2014. Celui-ci a appris que Su Changlan était placée dans un isolement complet du monde extérieur. Elle a écrit environ huit lettres à son mari qui lui a également adressé quelques courriers, mais cette correspondance ne leur a pas été transmise. Su Changlan ne savait pas que son frère et son mari avaient été détenus pendant un mois pour avoir demandé sa libération. Le 13 novembre 2015, Su Changlan a été inculpée par le tribunal populaire intermédiaire de Foshan. Le 18 février 2016, son père est décédé sans qu’elle ait pu le voir avant sa mort. Son avocat avait demandé à ce qu’elle soit autorisée à assister aux funérailles.

Su Changlan a décidé de faire appel de sa condamnation du 31 mars 2017. Le tribunal populaire supérieur de la province du Guangdong a informé, le 6 juin, l’avocat de Su Changlan qu’il avait décidé, le 22 mai, de rejeter son recours. Le tribunal n’a pas procédé à une audience ni notifié ses avocats de sa décision de confirmer la condamnation initiale de la peine de trois ans d’emprisonnement.
Après avoir appris cette nouvelle, la famille de Su Changlan a immédiatement demandé à visiter leur proche en détention, une demande à laquelle les autorités n’ont pas répondu. Su Shangwei, le frère aîné de Su Changlan, a alors publié, le 9 juin, une déclaration pour se plaindre de ce refus.

Deux jours plus tard, un policier de la sécurité nationale a informé la famille que Su Changlan était autorisée à rencontrer son fils, sa sœur et son frère cadet dans le centre de détention du district de Nanhai. Après un long processus, et à la suite de nombreuses demandes, les autorités chinoises ont finalement permis au mari et au frère aîné de Su Changlan de la voir le 27 juin, pour la première fois depuis son placement en détention en 2014. Su Shangwei a indiqué que la réunion n’a duré que 20 minutes et qu’ils ne pouvaient pas croire leurs yeux lorsqu’il ont vu Su Changlan. Elle était terriblement amaigrie et fragile, ce qui lui donnait des yeux exorbités – et constituait un signe d’hyperthyroïdie grave. Su Changlan leur a dit qu’elle avait été transférée dans une cellule très surpeuplée qui abritait plus de 60 personnes et ne disposait pas de toilettes adéquates. Elle a parlé d’un cas où la file d’attente était si longue qu’elle a mouillé son pantalon avant de pouvoir aller aux toilettes, et pour cela, elle a été réprimandée par un agent du centre de détention.

Su Changlan a également déclaré que des médecins ont diagnostiqué qu’elle souffrait d’une maladie cardiaque et qu’en dépit d’une prise quotidienne de médicaments, sa santé ne semble pas s’améliorer du tout, ses symptômes hyperthyroïdiens ne faisant que s’aggraver. Enfin, elle a demandé à son mari et son frère aîné de remercier sincèrement les amis qui lui ont apporté un soutien. Elle a dit qu’elle affrontera sa situation avec calme et courage.

Su Changlan n’a plus la possibilité de faire appel. Sa peine d’emprisonnement doit prendre fin en octobre 2017

Du 26 septembre à mi-décembre 2014, des milliers de personnes ont occupé certaines parties du centre-ville de Hong Kong pour demander une réforme électorale. Le mouvement de protestation a pris de l’ampleur après que les policiers ont illégalement utilisé du gaz lacrymogène et du gaz poivre à l’encontre des manifestants pacifiques, le 28 septembre. Les événements ont pris fin en décembre après qu’un tribunal eut ordonné la dispersion des manifestants.

Une centaine de personnes ont été placées en détention en Chine continentale après le début des manifestations pro-démocratie à Hong Kong, en septembre 2014, notamment pour avoir exprimé leur soutien via les réseaux sociaux, pour s’être rasé la tête en signe de solidarité avec les manifestants ou pour avoir prévu de se rendre à Hong Kong pour rejoindre le mouvement. Au 20 avril 2015, 23 d’entre elles étaient maintenues en détention. Ces arrestations s’inscrivent dans la lutte plus vaste menée par les autorités chinoises pour empêcher tout débat ou tout signe de soutien concernant les événements de Hong Kong. Instagram, la plate-forme populaire de partage de photos, a été bloquée. Les censeurs gouvernementaux ont essayé de supprimer d’Internet toute mention positive de ces rassemblements, tout en obligeant les journaux et les chaînes télévisées à n’évoquer que la version des événements approuvée par l’État.

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