Dossier individu en danger : Campagne contre l’impunité en Colombie - Luz Marina Bernal Porras

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Le fils de Luz Marina Porras Bernal, Fair Leonardo Porras Bernal, un maçon âgé de 26 ans, a été victime d’une disparition forcée le 8 janvier 2008. Le 16 septembre de la même année, sa mère a reçu un appel téléphonique l’informant que le corps de son fils avait été retrouvé dans une fosse commune à Ocaña, une municipalité du département de Norte de Santander, dans le nord-est du pays. Selon des informations publiées par la presse, le bureau du Procureur général a établi que Fair Leonardo Porras, ainsi que d’autres jeunes gens, avaient été emmenés par la route de Soacha à Ocaña. Fair Leonardo a été livré à un soldat par la personne qui l’avait conduit à Ocaña, et cette dernière personne a reçu $200,000 pesos. Le bureau du Procureur général a également établi que les jeunes gens emmenés à Ocaña étaient conduits à un poste de contrôle militaire d’où ils étaient emmenés vers des lieux où ils ont été tués : « Des informations indiquent que M. Fair Leonardo Porras Bernal a quitté la ville de Bogotá, le 9 septembre 2008 … à bord d’un bus … pour se rendre dans un lieu appelé Aguasclaras, situé au croisement de la route entre Aguachica et Ocaña où il a été remis à un soldat professionnel qui était alors en fonction au sein de la Section de renseignements du S2 du Bataillon d’Infanterie No 15 « Général Francisco de Paula Santander » (“se tuvo conocimiento que el señor Fair Leonardo Porras Bernal, salió de la ciudad de Bogotá, el día nueve (09) de septiembre de dos mil ocho .. en un bus … hasta el sitio conocido como Aguasclaras, ubicado en la “Y” entre Aguachica y Ocaña, donde fue entregado al entonces soldado profesional de la Sección de Inteligencia del S2 del Batallón de Infantería No. 15 Francisco de Paula Santander”) .

Des sources militaires ont affirmé qu’il avait été tué au combat le 12 janvier 2008 dans le cadre de l’Operación Soberanía (Opération souveraineté) dans la région La Esperanza-El Tirol située dans la municipalité d’Abrego (département de Norte de Santander). Il a été présenté comme un membre d’un groupe armé illégal. Un article de presse a laissé entendre qu’il avait été présenté aux médias comme étant un commandant de la structure paramilitaire des Águilas Negras. Fair Leonardo était une personne ayant besoin de soins particuliers car il avait subi des dommages cérébraux avant la naissance. Il a été présenté aux médias avec un pistolet dans sa main droite alors qu’il était gaucher.

Les enquêtes menées par la Fiscalía General (le bureau du Procureur général) ont, par la suite, établi que Fair Leonardo Porras Bernal avait été exécuté de manière extrajudiciaire par l’armée. Fair Leonardo Porras Bernal avait été attiré loin de chez lui par de fausses promesses d’embauche dans une autre ville. L’enquête pénale ouverte sur ce cas est traitée par l’Unité des droits humains et du droit international humanitaire du Bureau du Procureur général. Le 14 mai 2009, au moins cinq membres du bataillon d’infanterie No. 15 « General Francisco de Paula Santander » ont été inculpés pour leur rôle présumé dans la disparition forcée et l’exécution extrajudiciaire de Fair Leonardo Porras Bernal. Parmi les personnes inculpées figuraient le Major Marco Wilson Quijano et le Lieutenant Diego Adail Vargas Cortes. En janvier 2010, un juge a ordonné que ces cinq soldats soient remis en liberté au motif que ceux-ci n’avaient pas été inculpés officiellement dans les 90 jours suivant leur arrestation, comme le prévoit le droit colombien.

Le frère de Fair Leonardo Porras Bernal, John Smith Porras Bernal, a commencé à recevoir des menaces après que sa mère et d’autres mères de Soacha dont les fils ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires ont entamé des actions afin d’obtenir justice. Après que plusieurs soldats eurent été inculpés pour leur participation dans l’assassinat de Fair Leonardo Porras Bernal, ses proches ont reçu plusieurs menaces de mort. Le 2 novembre 2009, une lettre de menace a été glissée sous la porte de son domicile à Soacha. Cette lettre disait : « Inutile de te cacher et de t’enfermer chez toi parce que tu vas sortir et on t’attrapera, comme on te l’a dit. Si tu ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose, va-t’en le plus vite possible, il ne te reste plus beaucoup de temps. N’oublie pas que, nous, on ne plaisante pas. On t’a à l’oeil, crois-nous, on ne plaisante pas… » (asi se esconda y se encierre en eses apartamento usted sale porque sale y hay te vamos a coger porque se le advirtió… si no quieres que te pase nada larguese lo más pronto posible porque le queda muy poco tiempo no lo olvide no estamos jugando porque ya lo tenemos fichado crealo no estamos jugando…).

Ce n’est pas la première menace qu’il a reçue. Le 20 octobre 2009, une lettre de menace a été envoyée à son domicile disant que : (« Nous remarquons que vous n’avez pas compris le message attendez-vous à en assumer les conséquences » (« Por lo que vemos no ha entendido el mensaje atengase [sic] a las consecuencias »). Cela faisait référence à un précédent message, envoyé par SMS sur son téléphone portable le 10 octobre 2009, qui ordonnait à John Smith et aux autres habitants de Soacha, dont des proches avaient été victimes d’exécutions extrajudiciaires, de se taire. Craignant pour sa sécurité et celle de ses proches, John Smith a décidé de quitter son domicile et sa famille pour s’installer dans une autre maison de Soacha. Le même jour, il a été approché par deux hommes à bord d’une moto sans plaque d’immatriculation qui lui ont posé une question. Plus tard, lorsqu’il est arrivé chez lui, il a trouvé une lettre de menaces disant : « Nous ne plaisantons pas, c’est un avertissement, ne l’oubliez pas » (Nosotros no jugamos es una advertencia, no lo olvide). Les deux hommes à moto qui l’avaient approché précédemment sont alors passés devant sa maison et il a entendu l’un des deux hommes dire : Il va falloir abattre tous ces fils de p… . (« Eso va tocar darles de plomo a todos esos H.P…,  »).

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