Dossier individu en danger : Campagne contre l’impunité en Colombie - Carmenza Gomez Romero

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Le fils de Carmenza Gómez Romero, Víctor Fernando Gómez, a été exécuté de manière extrajudiciaire par les forces de sécurité, le 25 août 2008 dans la région Las Liscas, dans la municipalité d’Ocaña, (département de Norte de Santander). Il avait fait l’objet d’une disparition forcée le 23 août 2008 alors qu’il se trouvait à Soacha. Son corps a été retrouvé dans la municipalité d’Ocaña, le 1er septembre 2008. Les 17 soldats impliqués dans cet assassinat ont été remis en liberté le 7 janvier 2010.

Carmenza Gómez Romero a reçu des menaces de mort ; un autre de ses fils, John Nilson Gómez, a été tué et une de ses filles a également reçu des menaces téléphoniques.

John Nilson a été victime d’une tentative de meurtre en octobre 2008, lorsque quelqu’un l’a poussé du haut d’un pont dans la municipalité de Fusagasugá. Des policiers lui avaient déjà, auparavant, conseillé de quitter cette municipalité. Le jour où il a été attaqué, il devait, semble-t-il, rencontrer une personne au sujet de l’enquête sur le meurtre de son frère.

Selon le témoignage d’un de ses proches, John Nilson a reçu, le 22 novembre 2008, la menace suivante par téléphone : « Tu ne tires pas les leçons de ce qui est arrivé. Ce qui est arrivé à ton frère n’a donc pas suffi, arrête d’enquêter. (No sirve la experiencia ? No basta con lo de su hermano ? Deje de investigar). » D’autres membres de sa famille ont également reçu des menaces téléphoniques. John Nilson a été abattu le 4 février 2009 à Soacha. Il avait reçu, à 19 heures, un appel téléphonique d’une connaissance puis il est sorti rencontrer cette personne dans une salle de jeu. Un homme armé est entré et l’a abattu avec un révolver muni d’un silencieux.

Le 16 février 2009, un voisin de Carmenza Gómez Romero a été approché par un motocycliste qui voulait savoir où habitaient une ou deux des Mères de Soacha. Le 19 février, ce voisin a été approché par la même personne. Lorsqu’il a dit qu’il ne connaissait pas leur adresse, l’étranger lui a dit : « Merci beaucoup et prenez soin de vous » (« muchas gracias y cuídese usted »).

Après la mort de John Nilson, d’autres membres de sa famille ont continué à recevoir des menaces. Le 4 mars 2009, Carmenza Gómez a reçu un appel téléphonique émanant d’individus qui se sont identifiés comme étant membres du Service des enquêtes judiciaires et du renseignement (Servicio d’Investigaciones Judiciales e Inteligencia (SIJIN)) de la police. Ils lui ont dit : « Vous êtes celle qui apparaît à la télévision, vous voulez de la compagnie, si vous en avez besoin, nous pouvons vous l’offrir gratuitement » (“Usted es la que sale en la televisión necesita compañía si la necesita se la damos gratis”).

Le même jour, Luz Nidia Torres Gómez, la fille de Carmenza a reçu des menaces téléphoniques : « Comme ça tu te mets à dénoncer [cette affaire aux autorités], qu’est-ce que tu veux triple salope, tu veux finir comme ton frère ? » (“Con que ha puesto denuncias ¿qué es lo que quiere triple hijueputa, acabar como su hermano ?”).

On ne connaît l’état d’avancement de l’enquête pénale sur l’assassinat de John Nilson. Cette enquête aurait apparemment été confiée au Bureau du Procureur général de Soacha.

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