3.5. La pauvreté et la violence : un cercle vicieux.

3. 5. La pauvreté et la violence : un cercle vicieux

La pauvreté peut être à la fois la cause et la conséquence de la violence contre les femmes. Quelle que soit leur catégorie socio-économique, toutes les femmes peuvent un jour être victimes, de la part de leur compagnon, de violences physiques, sexuelles et psychologiques ou de privations. Cependant, selon un rapport récent de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les femmes vivant dans la pauvreté représentent une part disproportionnée des victimes.
Ainsi, lorsqu’une femme battue par son mari est dépendante économiquement de celui-ci, il sera plus difficile pour elle de prendre la décision de le quitter ou de porter plainte, sachant qu’elle devra repartir à zéro, sans logement, avec peu d’argent.
De même, des femmes appartenant aux couches sociales défavorisées tentent moins souvent d’obtenir justice auprès d’un système judiciaire parfois discriminatoire ou indifférent à leur égard. Les victimes de la violence qui appartiennent à des groupes marginalisés et défavorisés se voient aussi souvent refuser le type d’assistance dont peuvent bénéficier les femmes de milieux plus aisés ou mieux introduites auprès des autorités.

“La surreprésentation des femmes au sein de la population pauvre s’explique par le fait qu’elles occupent des emplois dans des secteurs économiques mal rémunérés, souvent de façon irrégulière, sans sécurité d’emploi et sans protection juridique, professionnelle et sociale, affirmait la Confédération mondiale du Travail en 2000, au moment de la Marche mondiale des femmes. Elles sont les premières victimes de la baisse des revenus, des licenciements et de la suppression de l’aide alimentaire. Elles ont également moins accès à l’éducation et aux soins de santé.” Malgré des progrès significatifs dans certains pays, le taux de scolarité des filles est généralement très inférieur à celui des garçons.
La discrimination liée au genre s’ajoute souvent à d’autres formes de discrimination subies par les femmes, et mène à leur marginalisation. Les femmes appartenant à des minorités ethniques ou raciales, les femmes indigènes, les femmes dalit, les lesbiennes, bisexuelles ou transsexuelles, celles qui appartiennent à des minorités migrantes ou à des religions minoritaires, les malades mentales peuvent ainsi être confrontées à plusieurs types de discrimination.

Le cercle vicieux violence-pauvreté

C’est un cercle vicieux très courant partout dans le monde : non seulement les dommages causés par la violence restreignent la possibilité pour les femmes de bien gagner leur vie, mais souvent, celles qui réchappent aux violences, particulièrement les violences sexuelles, sont victimes d’ostracisme et d’exclusion. Elles sont alors menacées de ne plus avoir accès aux soins de santé et de ne plus pouvoir s’assumer financièrement. Le lien qui se crée entre violence, stigmatisation, pauvreté et marginalisation fait que la vie de nombreuses femmes et jeunes filles est en permanence exposée à des menaces qui s’ajoutent à leur dénuement.
Durant le génocide de 1994 au Rwanda, les femmes ont été systématiquement violées, et nombreuses sont celles qui ont été contaminées par le VIH/sida. Seule une poignée d’entre elles peuvent se procurer les médicaments les plus efficaces. Les autres ont été rejetées par leurs familles en raison de la honte associée au viol et à la naissance d’enfants non désirés. Leur santé déclinante entraîne leur incapacité à gagner leur vie. Le gouvernement a souvent déclaré son intention de leur offrir des compensations, mais une décennie est passée sans que les promesses aient été tenues. De plus en plus de femmes et de jeunes filles se retrouvent dans une situation désastreuse et ont recours “ pour survivre ” au commerce de leur corps, en échange d’argent, de biens, de nourriture, d’un abri et autres avantages.

RECHERCHE

1. Cherchez des exemples de liens entre violence et pauvreté chez les femmes. Quelle est la situation en Belgique ?
2. Quelles sont les différences de salaires entre hommes et femmes dans notre pays ?

Pour en savoir plus :

  Les femmes actrices de développement, En Marche, mars 2004
www.enmarche.be/Cooperation/Femmes_actrices.htm

  Les femmes toujours défavorisées au travail, L’Expansion, mars 2004
http://www.lexpansion.com/art/2346.74084.0.html

  Site de la Communauté Française - Direction Egalité des chances http://www.egalite.cfwb.be/

  Marie-Paule DOUSSET, Au boulot les filles ! Seuil, 2003.
Après avoir mené une enquête approfondie, Marie-Paule Dousset fait un état des lieux des inégalités professionnelles homme/femme : plus diplômées que les hommes, les femmes occupent des postes moins valorisés et, à travail égal, les femmes touchent un salaire inférieur à celui des hommes. Son livre, pas fataliste, apporte quelques pistes pour pousser les "filles" à vaincre ces inégalités.-

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