4.4. Violences liées à la dot.

4. 4. Violences liées à la dot

Dans la tradition hindouiste, les filles ne peuvent pas hériter de terres familiales. Le système de la dot vise donc à “ dédommager ” le futur mari de cette absence de terres par un don en argent, en or ou en bijoux. Après le mariage, la famille de la jeune fille donne une dot à la famille du mari. Ce système montre donc que la femme est un objet d’échange, voire une marchandise. Chaque année, des milliers d’Indiennes sont torturées, battues à mort ou brûlées vives par leur mari, ou des membres de leur famille, si la dot se révèle insuffisante ou reste impayée. Le problème, loin de reculer, progresse partout, sans distinction de classes sociales, dans l’indifférence et dans l’impunité.
Difficile de chiffrer avec précision le phénomène de la “dowry death” en Inde. Néanmoins, on estime que, chaque semaine, 98 femmes sont tuées par leur mari ou par la famille de celui-ci, le plus souvent à la suite d’un conflit concernant la dot. Pratique taboue, mais qui n’en est pas moins réelle, la “dowry death” est fréquemment maquillée en suicide ou en accident domestique.
En principe la coutume de la dot a été abolie, mais il en faut plus pour déraciner une tradition ancestrale qui, à l’origine, devait permettre à une jeune femme d’entrer dans la famille de son mari en apportant quelques biens lui appartenant en propre. À présent, la dot est, dans certains cas, prétexte à un sordide marchandage, le marié (et ses parents) en profitant pour demander sans cesse de l’argent ou des objets utilitaires à la famille de son épouse. L’évolution de la société indienne vers le matérialisme est une des causes principales de l’augmentation des violences dues à la dot. Recherchant le maximum d’accumulation des biens, la société va considérer que la seule valeur de la femme, ce sont les biens qu’elle apporte au foyer de son mari. Une fois ce capital épuisé, elle est réduite à l’état d’objet et bonne à jeter. Avoir une fille en Inde est donc un fardeau pour les parents : il faudra l’éduquer et payer sa dot afin qu’elle se marie.

Source : brochure “ Femmes/Hommes dans le monde ” éditée par la Communauté Française.

DEBAT

Pensez-vous que la religion est-en partie responsable des violences à l’égard des femmes ? Donnez quelques exemples.

Pour en savoir plus :

  Meurtres en série pour cause de dot, Le Monde Diplomatique, mai 2001.

  Dossier “ Femmes et religions ” : ce dossier édité par Vie Féminine propose une réflexion sur les croyances et invite toutes les femmes à une relecture des enseignements et évidences transmis par les religions. Disponible auprès du secrétariat national de Vie Féminine, Rue de la poste 111 - 1030 Bruxelles, Tél : 02/ 227 13 00 ou vie.feminine@skynet.be

  Sur la position actuelle du Vatican à l’égard des mouvements féministes, voir l’éditorial de Stéphane RENARD, Vieux démons , paru dans Le Vif-L’Express du 13/08/2004.

  Femmes et religions, dossier publié dans Morale Laïque ; revue trimestrielle de la FAML, n°136, 3èmetrimestre 2002.

  Femmes et islamisme : le paradoxe iranien, Pierre Vanrie, Espace de libertés, Document n°8, juillet 2002.