6.4. Tortures en détention.

6.4. Tortures en détention

Dans le monde entier, des femmes ont été torturées par des policiers, des soldats et d’autres agents de l’État. Certaines femmes sont torturées pour des raisons politiques, mais la majorité sont soupçonnées d’infractions de droit commun (vol, crimes,...).
Bien souvent, les gardiens ou policiers se sentent au-dessus des lois lorsqu’ils ont affaire à une femme en prison, et surtout si cette femme appartient à une catégorie sociale, religieuse ou ethnique défavorisée. Dans la majorité des pays, les femmes sont particulièrement exposées à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements du fait de leur origine raciale, de leur appartenance ethnique, de leur religion, voire de leur pauvreté.
Amnesty International a enquêté sur d’innombrables cas de femmes qui avaient été torturées ou soumises à des traitements cruels par des policiers, des gardiens de prison, des soldats et d’autres agents de l’État. Des femmes ont fait l’expérience en détention des méthodes les plus terribles que leurs bourreaux avaient imaginées pour leur infliger des souffrances. Elles ont subi des passages à tabac, des chocs électriques, des simulacres d’exécution, des menaces de mort, des privations de sommeil et des privations sensorielles. Elles ont été suspendues par les cheveux, frappées sur la plante des pieds et immergées jusqu’à la limite de l’asphyxie.

Dans de nombreux pays, les violences sexuelles constituent l’une des méthodes de torture et de traitement inhumain couramment utilisées par les agents du gouvernement à l’encontre des femmes. Elles comprennent le viol et d’autres formes de sévices sexuels, les tests de virginité, les paroles ou les gestes offensants. Les jeunes filles ne sont pas épargnées et sont souvent violées alors qu’elles étaient encore vierges. Parfois, elles portent l’enfant de leur bourreau.
De nombreux pays utilisent contre les détenues des sanctions qui constituent des actes de torture ou des traitements cruels, inhumains ou dégradants.

En Arabie saoudite, par exemple, les “ atteintes à la morale ”, crime dont les femmes ont plus de chances d’être soupçonnées que les hommes, peuvent êtres punies de flagellation.

Au Texas (Etats-Unis), certaines détenues ont été soumises au châtiment qui consiste à rester enfermées pendant des heures dans une cage ou “ prison mobile ” d’environ 2,5 m sur 1,2 m à des températures de plus de 40. D’après une ex-détenue, les femmes étaient obligées de rester debout et n’avaient pas accès aux sanitaires, ce qui les obligeaient parfois à déféquer et à uriner dans la cage. Elles étaient arrosées au jet toutes les 90 minutes. Selon ce témoignage, les détenues qui exécutaient des travaux forcés devaient accomplir des tâches ayant un caractère punitif et inutilement pénible, et étaient souvent enfermées dans une cage lorsqu’elles ne pouvaient pas suivre la cadence52. Les autorités du Texas ont nié le caractère inhumain de ce traitement, mais elles ont confirmé que “ toute détenue qui refuse d’exécuter les tâches qui lui sont assignées sera enfermée dans la prison mobile pendant la durée des travaux ”.

Bien souvent, les femmes n’osent pas porter plainte, par peur des représailles.

RECHERCHE

Quelles sont les tortures dont les femmes sont victimes le plus souvent ? Dans quels pays cela se passe-t-il ?

Pour en savoir plus :
www.droitsdesfemmes.net
Site d’Amnesty consacré aux femmes

Dossier pédagogique Papiers Libres sur la torture, Amnesty International, 2000.
Disponible sur http://www.amnestyinternational.be/doc/rubrique.php3?id_rubrique=75

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse