Article 19

Article 19 :

DROIT DE LIBERTÉ
D’OPINION ET
D’EXPRESSION. Tout le
monde a le droit de dire
ce qu’il pense et de
donner et recevoir des
informations.

« Dans la plupart des pays, les citoyens possèdent la liberté de parole. Mais dans
une démocratie, ils possèdent encore la liberté après avoir parlé. »
A. Guillois,
extrait de Liberté, égalité, hilarité

« Une chose dont on ne parle pas, n’a jamais existé. C’est l’expression seule qui
donne la réalité aux choses »
. Oscar Wilde (1856-1900).

« La liberté de la presse, c’est le droit de dire ce que ne pense pas le propriétaire
du journal à condition que ça ne gêne pas les annonceurs. »
Hannen Swafer

UN CAS

Chine : Yang Tongyan, (nom de plume Yang Tianshui)
écrivain indépendant et membre du Centre
indépendant chinois PEN, a été placé en résidence
surveillée le 23 décembre 2005 car on le soupçonnait
de subversion. Arrêté le 20 janvier 2006, il a été jugé
à huis clos et condamné à douze ans d’emprisonnement
en mai 2006 par le tribunal populaire intermédiaire
de Zhenjiang pour subversion. La condamnation de
cet homme était motivée par ses écrits favorables au
changement politique et démocratique en Chine. Il a aussi
été accusé de redistribuer à des dissidents emprisonnés et
à leurs familles de l’argent reçu de l’étranger, ainsi que de
vouloir créer une branche locale du Parti de la démocratie
en Chine, qui est interdit. Durant son procès, ses partisans
ont observé une grève de la faim de vingt-quatre heures
devant le tribunal.

Pour en savoir plus et pour agir :

Cliquez ici

Dans 77 pays, la liberté d’expression et la liberté de la
presse sont soumises à des restrictions (rapport 2008,
Amnesty International).

L’article 19 concerne tout autant celui qui recherche et
transmet l’information que celui qui la reçoit. Il est essentiel
pour le fonctionnement de la démocratie, car avant de
vouloir agir, il faut d’abord savoir. C’est ainsi que la presse
est devenue « un quatrième pouvoir », car le seul fait d’accéder
à l’information et de la diffuser permet d’influencer la
vie sociale et politique d’un pays, voire d’un continent ou
même du monde, grâce à l’apparition des nouvelles techniques
de communication (internet,…).

La liberté de la presse peut entrer en conflit avec le droit à
la présomption d’innocence ainsi qu’avec le respect de la
vie privée (voir le jeu de rôle proposé à l’article 11).

ACTIVITÉ PÉDAGOGIQUE

DÉBAT (FRANÇAIS /
MORALE / RELIGION
/ SCIENCES
SOCIALES).

Confrontez ces deux points de vue, avec
deux groupes distincts qui devront chacun
prendre position sur une de ces deux
phrases. Celles-ci sont volontairement peu
nuancées, afin d’obliger les élèves à prendre
position et à relativiser ces affirmations.

 Les médias nous manipulent. Soit ils
sont eux-mêmes manipulés par ceux
qui les informent, soit ils ne reflètent
que l’opinion du pouvoir politique de
leur pays.

 Les médias ne font que répondre à l’attente
de leur public. Si le public veut
des images fortes, il lui en donne.

Pour alimenter la discussion :

Pour appuyer la 1ère phrase, trouvez des
exemples de manipulation. Vous pouvez
partir de certains faits qualifiés de faits
avérés, alors qu’il s’agissait en fait de
manipulation. Ex : les charniers de Timisoara,
présentés par les télévisions du
monde entier comme un massacre de
civils lors de la Révolution roumaine de
1989, étaient en fait une manipulation
faite à partir de corps enlevés à la morgue.
Vous pouvez aussi trouver des exemples où
la presse n’a pas joué son rôle critique par
rapport au pouvoir politique (par ex. la
presse américaine après les attentats du 11
septembre et le lancement de la guerre en
Irak).

Pour appuyer la 2ème phrase, vous pouvez
montrer à quel point le public est devenu
demandeur d’émissions choc, notamment
en analysant les taux d’audience des émissions
à la télévision… Voir aussi les liens
entre la présence de faits divers et la vente
de journaux.

Conclusion : posez la question à vos
élèves : faudrait-il un cours d’éducation
aux médias, afin de pouvoir garder un
regard critique et de pouvoir se faire ses
propres opinions à partir des informations
données par les médias ?

SUR L’INDÉPENDANCE
DES MÉDIAS

Dans les pays non démocratiques, cette
indépendance est quasi nulle. Mais même
dans les pays démocratiques l’indépendance
des médias peut s’avérer illusoire.

Deux exemples :

Au début de la guerre du Golfe, le journal
Al Watan al Arabi, aujourd’hui installé au
Caire, titrait : « Nous sommes là, Saddam,
derrière toi. » Une semaine plus tard, le
même journal n’hésitait pas à qualifier de
Saddam Hussein de traître. Entre-temps, le
journal a été rappelé à l’ordre par ses bailleurs
de fonds, l’Arabie Saoudite, opposée
à l’Irak dans cette guerre.

Même dans les pays démocratiques où la
presse est libre, il existe toujours une certaine
influence entre le pouvoir économique
et la presse. Ainsi, il sera plus difficile
pour un journal de garder un regard
critique sur une société si celle-ci est un
client important du même journal par la
publicité.

SUR LA CENSURE

Celle-ci est la règle dans les dictatures et
dans nombre de pays non démocratiques.
Mais en temps de guerre, elle peut également
apparaître dans les pays démocratiques.
Ainsi, les Etats-Unis ont interdit
aux médias américains de diffuser des
images de cadavres des victimes des attentats
du 11/09, en signe de respect envers
les victimes et leurs familles.
La censure peut également
être plus diffuse, moins évidente.
Ainsi, lorsque l’information
sur la guerre ne provient
que d’une source (par
ex. la CIA), il est difficile de
la vérifier et de l’authentifier.

De plus, le pouvoir
politique américain a fait
pression sur les médias
pour qu’ils ne diffusent pas
les images provenant de
sources considérées comme
« ennemies », en l’occurrence
la chaîne Al-Jezira, la seule
chaîne autorisée à Kaboul
par les Talibans, sous prétexte
que ces images
contiennent des messages cachés. Il s’agit
d’une forme de censure pour raison d’Etat.
Il est important de toujours se poser la
question de la source de l’information afin
de l’interpréter correctement.

Enfin, une autre forme de censure est
beaucoup plus difficile à déceler et risque
bien de nuire à la qualité de
l’information : il s’agit de l’auto-censure,
qui peut être parfois inconsciente et qui
fait que certains thèmes sont parfois plus
difficiles à aborder, car le journaliste
pense qu’il n’intéresse pas le public, qu’il
risque de choquer ou que lui-même risque
d’avoir des ennuis pour avoir osé l’aborder.

Questions - débat :

Est-il normal de pratiquer la censure en
temps de guerre, au nom de l’intérêt supérieur
de l’Etat ? Y a-t-il encore un contrepouvoir
dès le moment où la presse est
censurée ? Comment éviter l’autocensure
 ?

Pour en savoir plus

 Reporters sans frontières : www.rsf.fr

 Index on Censorship : http://www.indexoncensorship.

 Association des journalistes professionnels
en Belgique :
http://www.agjpb.be/ajp/

 Pour mieux comprendre l’importance
de la presse dans la défense des droits
humains, lire l’article de Jean-Paul Marthoz,
« La plume dans la plaie », parue
dans Le Soir du 16/05/08.
http://www.amnestyinternational.be/do
c/article12848.html

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