Article 30

Article 30 :

Personne n’a le droit de supprimer aucun des droits contenus dans cette Déclaration.

« Les droits de l’homme et les droits civiques universels ne seront respectés qu’à une condition. Il faudra que l’homme se rende compte qu’il est « responsable pour le monde entier ».
Vaclav Havel

Un cas

Iran : Shamameh Ghorbani avait été déclarée coupable d’adultère et condamnée à la mort par lapidation lors de son premier procès, en juin 2006. Ses frères et son époux ont tué un homme qu’ils avaient trouvé chez elle et l’auraient frappée à coups de couteau, au point qu’elle a échappé de peu à la mort. Les hommes ont été reconnus coupables de meurtre « mérité »
ou « légitime » et condamnés à six ans d’emprisonnement. Shamameh Ghorbani a été condamnée à l’issue de son deuxième procès à recevoir 100 coups de fouet.

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Cet article signifie qu’aucun pays, aucune société, aucun être humain ne peut supprimer les droits énoncés dans cette Déclaration. Lorsque la DUDH a été adoptée en 1948, il y eut huit abstentions. Mais en 1993, lors de la conférence mondiale de Vienne, 171 États représentant 99 p.cent de la population mondiale a réaffirmé son engagement en faveur des droits humains. Chaque société a ses valeurs culturelles, mais aucune de ces valeurs ne peut être utilisée au détriment des droits fondamentaux
de l’être humain. Dans la pratique, l’article 30 de la DUDH permet aujourd’hui à Amnesty de lutter contre des pratiques comme l’excision des filles ou la lapidation. Les violences envers les femmes ne sont qu’un exemple
parmi beaucoup d’autres traditions ou pratiques liées à une culture, qui entrent en conflit avec certains droits, dont le droit à la dignité et à l’intégrité physique (article 5). Même si ces pratiques ne sont pas appliquées par les Etats mais se déroulent au sein des familles, l’autorité politique a le devoir de veiller à la protection de ses citoyens. Voir à ce sujet ce qu’en dit Jean-Paul Marthoz dans sa chronique consacrée aux 60 ans de la DUDH :
« […] Les violences faites aux femmes au sein de la sphère privée sont,
pourtant, une « affaire d’Etat »
. Lorsque des droits aussi fondamentaux sont violés, « charbonnier n’est plus maître dans sa maison ». Le droit international impose, en effet, aux autorités d’exercer la diligence due pour prévenir la violence, poursuivre et sanctionner ses auteurs, et réparer les préjudices subis par la victime. Les Etats détournent le regard non seulement en raison de normes culturelles ou sociales, mais aussi parce que la soumission de la femme est l’un des étais de leur pouvoir. Dans nombre de régimes autoritaires, la discrimination et la violence domestique sont utilisées comme des instruments de contrôle politique et social. « Certains Etats laissent faire car la violence domestique réduit la rébellion publique, écrit le quotidien algérien El Watan le 17 février 2007. Le « droit de violence » sur celles-ci restera la soupape de sécurité pour vider de son sens politique toute revendication des citoyens à maîtriser leur existence ». Bats ta femme et protège le tyran… Cette « privatisation » des abus est renforcée par la prétention de placer des prescrits religieux, le « droit à la différence » ou le respect de la tradition au-dessus des principes les plus essentiels. Ces dernières années, le relativisme culturel et la contestation de l’universalisme des droits de l’Homme ont fait un retour en force sur la scène internationale et les femmes sont directement visées. Pour ceux qui se réclament de ces
« identités meurtrières », les infanticides, les mutilations génitales, les
lapidations ou la polygamie sont des revendications légitimes face au
« rouleau compresseur » de l’occidentalisme ou de la globalisation. Ils
remettent ainsi en cause un principe fondamental et intangible. » Extrait de l’article « Charbonnier n’est pas maître chez lui », Jean-Paul Marthoz, paru dans Le Soir du 10 mars 2008.

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Activité pédagogique

Faites une recherche sur des exemples concrets de traditions qui violent certains articles de la DUDH. ! Organisez un débat sur l’attitude de la
Chine, qui remet en question l’universalisme des droits humains. Vous pouvez
partir de la citation de Wei Jingsheng,
qui a passé plus de 18 ans en prison à
cause de ses critiques envers le régime :
« Les soi-disant valeurs historiques et culturelles
avancées par les dirigeants chinois pour
contester le caractère universel des droits
humains et de la démocratie, et prôner un
développement économique sans liberté, n’ont
aucun sens. L’Histoire même en apporte le
démenti : le peuple français n’avait ni le
niveau de vie ni les moyens d’information des
Chinois d’aujourd’hui quand il a fait la révolution
de 1789. L’aspiration des Chinois n’est
pas seulement de s’enrichir. »
 ! Cherchez dans l’histoire des exemples
de pays qui ont aboli certaines traditions.
En quoi cette évolution a été
bénéfique pour les droits humains ?

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse