Brésil

CONCEIÇÃO PAGANELE, lutte pour améliorer les conditions vie des jeunes en détention.

Conceição Paganele est à la tête de l’association
AMAR (Associação de Mães e Amigos de Crianças e Adolescentes
em Risco, Association des mères et amis
des enfants et adolescents menacés, <http://amar.incubadora.
fapesp.br/...
>
). Cette association de mères de détenus
surveille les conditions régnant dans les centres de
détention pour mineurs du Brésil
et rend visite aux détenus. Elle est
l’une des principales opposantes au
système pénitentiaire brésilien pour
les mineurs, mieux connu sous le
sigle FEBEM (Fundação do Bem-Estar do
Menor, Fondation Brésilienne pour la
Protection des Mineurs).

Avec son association, elle a
dénoncé la torture et autres mauvais
traitements qui ont cours depuis longtemps dans les centres
du FEBEM dans la région de São Paulo. La police civile
enquête sur elle pour une série d’infractions dont elle est
accusée, comme destruction de biens, incitation à l’émeute
dans les centres de détention, complot, création d’un groupe
de malfaiteurs et complicité dans une évasion d’un centre de
détention pour mineurs. Conceição Paganele fait l’objet
de trois enquêtes de police différentes sur les liens présumés
entre ses activités et de récentes émeutes dans des
centres de la FEBEM.
Aucun élément de preuve convaincant n’a été apporté en
vue d’étayer les accusations portées contre Conceição Paganele.
Par ailleurs, on ignore pourquoi cette femme est spécifiquement
visée, étant donné qu’elle est toujours accompagnée
de représentants d’autres organisations non
gouvernementales (ONG) lors de ses visites dans les centres
de la FEBEM.

Pour plus d’informations, se référer à Françoise Guillitte,
Brésil : Craintes pour Conceiçao Paganele, disponible sur :
<http://www.amnestyinternational.be/...>

INFORMATIONS GENERALES

Connu pour son carnaval de Rio et ses rythmes musicaux
(bossa-nova, samba,…), le Brésil est composé
d’une véritable mosaïque humaine : sa population
est originaire pour moitié d’Europe (portugaise, espagnole, italienne,
allemande), mais aussi africaine et amérindienne (moins
de 2 % aujourd’hui) et même asiatique et moyen-orientale (Japonais,
Syriens et Libanais).
Il s’étend sur
près de la moitié de
l’Amérique du Sud et
en est le seul pays
lusophone (où l’on
parle le portugais).
Recouvert pour
l’essentiel de forêts
et de savanes, il a
une frontière commune
avec tous les
pays d’Amérique du
Sud (sauf le Chili et
l’Équateur). Le pays
est depuis longtemps
connu pour ses productions agricoles, notamment le
café, dont il assure un quart de la production mondiale, mais
aussi le sucre, le cacao, et plus récemment le soja et les agrumes
(jus d’orange). Malgré ces richesses, la misère des petits paysans
est grande, surtout dans la région du Nordeste. Depuis les
années 1960, l’industrie a connu un très sérieux développement
et occupe une place importante dans les exportations aux côtés
de l’agriculture et des minerais. À ces atouts s’ajoutent ceux de
la forêt tropicale dont l’exploitation au nom du développement
suscite de vives controverses chez les écologistes qui la
considèrent comme le poumon de la planète.
À partir de 1964, le pays a
connu une violente dictature
militaire qui va durer jusqu’en
1984. Durant ces vingt ans, des
opposants furent assassinés,
notamment dans le cadre de la
fameuse « Opération Condor ».

Le Brésil reste à ce jour le
pays des inégalités extrêmes :
aux gosses abandonnés dans les
villes s’oppose l’insolente
richesse d’une minorité, aux
efforts d’organisation syndicale
des petits paysans répond la
violence des tueurs à gage (les
fameux « escadrons de la
mort ») à la solde des grands
propriétaires. C’est un peu
comme s’il existait
deux pays distincts, deux sociétés au sein des mêmes frontières. Contraste
aussi entre les habitants des villes (plus de 80% de la
population brésilienne, principalement sur ou près de
la côte) et celle des campagnes. Mais ces deux réalités sont également
connectées : la pauvreté des campagnes a entraîné un
exode rural vers les favelas des grandes villes et les grands propriétaires
terriens sont souvent des grandes entreprises aux
mains de l’oligarchie urbaine du Sud-est.
En janvier 2003, un ancien syndicaliste et prisonnier sous la dictature,
Lula, arrive au pouvoir sur base d’un programme mettant
l’accent sur la lutte contre la pauvreté.
Le Brésil est aussi
connu pour avoir accueilli le premier forum social de Porto-
Allegre qui rassemble les alter-mondialistes, qui luttent pour
un meilleur partage des richesses du monde. Le pays vise aujourd’hui
à une plus grande place sur la scène internationale, et
revendique l’obtention d’un siège de membre permanent au
Conseil de sécurité de l’ONU.


DROITS HUMAINS

Un très grand nombre d’atteintes aux droits fondamentaux
ont été commises au Brésil en 2005, les pauvres et les
exclus étant particulièrement touchés. Les initiatives politiques
en matière de droits humains ont été rares, de nombreux projets
fédéraux n’ont toujours pas été mis en oeuvre et les autorités
des États ne se sont guère empressées de réaliser les réformes
pourtant promises dans le domaine de la sécurité publique.
Un peu partout, la police commetde graves violations
des droits humains (exécutions extrajudiciaires, torture, brutalités,
etc.). La torture et les mauvais traitements sont
monnaie courante dans le système pénitentiaire. Les conditions
de détention sont souvent cruelles, inhumaines et
dégradantes. La guerre des gangs fait aussi des ravages jusqu’au
sein des prisons et l’insécurité est telle que la police n’ose
plus s’avancer dans certains quartiers des grandes villes.

Des personnes d’origine indigène ont été victimes
d’agressions, voire d’homicides, et des opérations ont été
menées pour les expulser de force de leurs terres ancestrales.
Les autorités fédérales, qui avaient annoncé leur volonté de délimiter
tous les territoires indigènes d’ici 2006, étaient loin
d’avoir atteint cet objectif.
Des défenseurs des droits humains et des militants
pour le droit à la terre ont de nouveau été menacés, agressés
ou tués. En raison de la lenteur de la justice et de la réticence
de certains secteurs de l’appareil judiciaire à engager des
poursuites dans ce genre d’affaires, l’impunité restait la norme
en matière d’atteintes aux droits humains.

Pour plus d’informations, se référer au Rapport 2006 d’Amnesty
International, disponible sur :
<http://web.amnesty.org/report2006/b...>


PISTES PÉDAGOGIQUES

 Organiser un débat autour de la thématique de la détention
des mineurs.
Est-ce une bonne solution ? Quelles sont
les alternatives ? Quelle est la situation en Belgique ?

Se référer :
 aux chapitres « Aux Mains de la Police » et « Derrière les barreaux
 » du rapport d’Amnesty International, Enfants torturés,
des victimes trop souvent ignorées, disponible sur :
<http://web.amnesty.org/library/inde...>

 au cahier pédagogique de Jean-Pierre Rosenczveig, Justice pour
les enfants, Robert Laffont, 1999.
Consulter le dossier Jeunes et justice (1945-2005)- Permanences et
évolutions de l’ordonnance de 1945 sur l’enfance délinquante, disponible
sur :
<http://www.vie-publique.fr/politiqu...>

 Réaliser une recherche sur l’Opération Condor et le rôle
trouble joué par la CIA dans les dictatures sud-américaines.

 Réaliser un exposé sur la capoeira, en insistant sur les origines de ce sport de combat et le rôle social qui a longtemps
été le sien.

Consulter :
 Online Dojo, disponible sur :
<http://www.onlinedojo.ca/Style%20Di...>

 AoBrazil, disponible sur :
<http://www.aobrasil.com/capoeira/>

Projeter les vidéos disponibles sur le site :
<http://www.capoeirascience.com/clip...>

 Cinéma et documentaires : projeter et étudier :

 La Cité de Dieu, David Meirelles (2002), disponible à la médiathèque.
Ciudade de Deus est le lieu où les autorités de Rio de
Janeiro parquent les habitants des favellas quand ils les
démolissent. On suit l’histoire, d’un jeune garçon du quartier
et celle de la cité, des années 60 aux années 70.

 Gosses de Rio, de Thierry Michel (1990). Rio de Janeiro. Luis
Carlos, Luciano de Souza, 16 ans : deux « enfants de la rue ».
La mendicité, le vol, la drogue, mais aussi l’amitié, le carnaval
et, toujours, au bout du chemin, l’arrestation, la violence,
l’emprisonnement.

 Entre muros e favelas, Susanne Dzeik, Kirsten Wagenschein,
Marcio Jeronimo (2005). Filmé essentiellement dans les favelas
de Rio de Janeiro, ce documentaire aborde la question de
la violence policière dirigée contre les groupes les plus défavorisés.
Dans un contexte sociétal produisant une véritable
criminalisation de la pauvreté, des parents de victimes de la
violence et des ONG luttent pour dénoncer les pratiques criminelles
des forces de l’ordre et pour mettre fin à un système
qui fait des favelados des citoyens de seconde zone. Sous-titré
en français, disponible chez Amnesty.

 Les Héritières sans terre : 28 min. de rencontres avec des militantes
du mouvement des Sans Terre du Brésil, là où des propriétaires
laissent en friche leurs terres . Cultiver, mener des
actions, résister aux expulsions est le quotidien de ces
femmes "ordinaires". Disponible au CNCD : <www.cncd.be>

 Littérature : lire et étudier :

 Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil, Gallimard, 2003 : l’histoire
de la tentative de la France d’établir une colonie à Rio.

 Yves-Marie Clément, Pablo, à la vie, à la mort, Rageot, 2000 :
l’histoire d’un orphelin enfant des rues à Salvador de Bahia,
Livre de Poche

 Aguinaldo Silva, La République des assassins, Serie Noire,
Poche, 2003 : un roman policier dans l’univers glauque des
grandes villes brésiliennes.

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse