Myanmar

Daw Aung San Suu Kyi, opposante à la junte militaire, placée en résidence surveillée.

Les Birmans l’aiment et l’admirent, car elle est leur seul
espoir et le moteur de la révolution birmane. Mais derrière
l’apparente fragilité d’Aung San Suu Kyi se cache
une volonté de fer, cette même volonté qui la mène sur le
devant du front, pour le combat de la liberté, sa liberté et
celle de son peuple. Du haut de son mètre soixante, cette
femme âgée de 58 ans est devenu le pire cauchemar de la
junte militaire birmane.
Daw Aung San Suu Kyi est née à Rangoon le 19 juin 1945.
L’assassinat en 1947 de son père, le Général Aung San, qui
fut le dirigeant de la Birmanie et héros vénéré de l’indépendance,
fut un des facteurs les plus dominants dans sa lutte
pour la paix et la liberté du peuple birman.
A l’âge de 15 ans, elle part étudier en Inde, où sa mère est
ambassadrice. Elle y étudie la politique, puis continue son
éducation à Oxford où elle suit des études en philosophie,
économie et politique. Elle part ensuite travailler à New York,
aux Nations Unies où elle rencontre le Dr. Michael Aris, qui
devient son mari.

C’est par malheur qu’elle retourne pour la première fois
en Birmanie, puisqu’elle part assister sa mère sur son lit de
mort. Lors de ce séjour, elle est le témoin de la répression
sanglante du soulèvement populaire du 8 août 1988. Elle
décide alors de se joindre au mouvement pro-démocratique,
la National League for Democracy (NLD) (Ligue National
pour la Démocratie), et prononce son premier discours
public le 25 août 1988. Cette intervention eut un impact
énorme. Aung San Suu Kyi devient le chef du NLD, et représente pour la population l’opposition à la dictature.
Ce sont désormais des milliers de gens qui se pressent à travers
tout le pays pour l’écouter parler de démocratie, de désobéissance
civile non-violente, de justice, de liberté, d’égalité et
de lutte, mais la pression militaire augmente, jusqu’en juillet
1989 où elle est placée en résidence surveillée. Contre toute
attente, le conseil militaire permet une élection générale en
1990. La NLD gagne facilement l’élection parlementaire, mais
les militaires refusent de reconnaître les résultats des élections,
et Aung San Suu Kyi, ainsi que tous les autres dirigeants de la
NLD, sont à nouveau placés en résidence surveillée. Elle consacre
les 6 ans de son emprisonnement à écrire de nombreux discours
et livres, et reçoit le Prix Nobel de la Paix le 14 octobre 1991.
Remise en liberté en juillet 1995, on lui fait comprendre que
si elle quitte le Myanmar, elle ne pourrait plus y rentrer. En
mars 1999, son mari décède du cancer de la prostate en Angleterre,
sans qu’elle puisse lui rendre visite.
Elle est à nouveau placée en résidence surveillée en 2000.
Malgré les nombreux appels de la communauté internationale,
sa situation ne s’est pas améliorée depuis.

Source : dossier Visages du Monde, disponible sur :
http://www.amnesty.be/rubrique.php3...

INFORMATIONS GENERALES

Le Myanmar est le pays le plus vaste de l’Asie du Sud-Est,
(676.577 km2) plus grand que la France, le Benelux et la
Suisse réunis. L’Océan Indien, qui le borde au Sud, est sa
principale ouverture sur le monde (port de Yangon). L’actuelle « 
Union du Myanmar » regroupe l’état de Birmanie composé des
7 divisions de l’ancienne colonie anglaise : Sagaing, Mandalay,
Magwé, Bago, Ayeyarwady, Yangon, Tanintharyi, et 7 États « ethniques
 » périphériques : Rakhine, Chin, Kachin, Shan, Kayah,
Kayin et Mon. La majorité de la population est bouddhiste
(87%).
Cette ancienne colonie britannique est devenue indépendante
en 1948 sous le nom de Birmanie. Le principal acteur de
l’unité birmane, Aung San, aidé par les Japonais puis par les
Alliés, a été assassiné, laissant une petite fille âgée de 2 ans :
Aung San Suu Kyi. La Birmanie est alors menacée d’éclatement
du fait de révoltes communistes et nationalistes. Le
désordre politique et économique entraîne un coup d’état
du général Ne Win (1962) qui installe une dictature militaire
“socialiste”. Les manifestations de 1988 pour la démocratie sont
réprimées dans le sang. En mai 1989, le pays est rebaptisé
« Myanmar ».En 1990, la junte (le S.L.O.R.C.) organise puis refuse
des élections, gagnées à 82 % par la Ligue Nationale pour la
Démocratie menée par Aung-San-Suu-Kyi. En 1997, le S.L.O.R.C.
devient S.P.D.C. (State Peace & Democracy Council) et le Myanmar,
membre de l’ASEAN(Association des Nations du Sud Est
Asiatique).

Des minorités ethniques (Karen, Kachin, Shan)
entretiennent des mouvements de guérilla. Trois mil-
lions de personnes ont été déplacées lors des dernières
décennies à cause de ces conflits interethniques.
Aujourd’hui, le pays est toujours contrôlé par une dictature
militaire implacable et corrompue, qui -comme les
rébellions qu’elle combat-, s’enrichit du trafic de drogue.
L’Union Nationale Karen (UNK), organisation d’opposition
armée, et le gouvernement n’ont pas réussi à s’entendre sur les
termes d’un cessez-le-feu. Les combats continuent donc dans l’État
kayin. Dans l’État chan, un conflit oppose toujours les forces
gouvernementales à l’Armée de l’État chan-Sud. Le S.P.D.C. a
exigé de certains groupes de cet État, qui avaient signé des
accords de cessez-le-feu, qu’ils rendent leurs armes. De moindre
importance, mais également constitués sur des bases ethniques,
d’autres groupes d’opposition continuent d’affronter les troupes
du S.P.D.C. dans les États chin et kayah.
Les Etats-Unis ont maintenu l’embargo de 1997 sur tout
nouvel investissement au Myanmar et l’Europe a reconduit la
suspension de son aide. Selon l’ONU, plus de la moitié des
habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté. La moitié
des enfants terminent leurs études primaires. Le taux d’’alphabétisation
est en constante régression, alors que les postes santé
et éducation ne représentent ensemble que 7% du Produit Intérieur
Brut (PIB).Un programme d’urgence serait crucial pour lutter
contre l’épidémie de sida, la plus forte de la région.
La Chine communiste est devenue le premier partenaire économique
en équipant l’armée birmane forte de 400.000
hommes (budget 50% du PIB) et en construisant des routes stratégiques
(facilitant les trafics de drogue et d’armes) ; les Chinois
sont les plus riches citoyens du Myanmar et sont parfois perçus
par les Birmans comme les « nouveaux colonisateurs ».

DROITS HUMAINS

En février 2003, pour la première fois, Amnesty a été autorisée à
mener une mission au Myanmar. Si cette évolution est positive,
le pays détient toujours un profil désastreux en matière de
droits humains. Plus de 1 100 prisonniers politiques ont été
placés ou maintenus en détention. Parmi eux figurent plusieurs
centaines de prisonniers d’opinion, incarcérés pour avoir milité
de façon non violente dans l’opposition politique. Au moins 250
détenus politiques ont été libérés. En 2005, dans le cadre de ses
opérations anti-insurrectionnelles, l’armée a encore réprimé
les minorités ethniques, obligeant notamment certains habitants
à des travaux forcés. Plusieurs agences des Nations Unies,
notamment l’Organisation Internationale du Travail (OIT), et
diverses organisations d’aide internationales se heurtent à des
difficultés croissantes dans leur action en faveur des populations
vulnérables. Au mois d’août 2005, le Programme Alimentaire
Mondial (PAM) a indiqué qu’environ 40 % des enfants du
Myanmar souffrent de malnutrition, malgré les ressources
largement suffisantes dont dispose le pays. Le S.P.D.C. limite
fortement les activités des Nations Unies et des organisations
d’aide internationales, leur interdisant de plus en plus
l’accès aux populations vulnérables. Il s’est notamment opposé
aux actions du Haut-Commissariat des Nations unies pour les
réfugiés (HCR), du Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD) et de l’OIT. Le Fonds mondial de lutte contre
le sida, la tuberculose et le paludisme a annoncé en août qu’il
mettait un terme à sa présence au Myanmar à la fin de l’année
2005, en partie en raison des difficultés rencontrées.

Pour plus d’informations, se référer au Rapport 2006 d’Amnesty
International, disponible sur :
http://web.amnesty.org/report2006/m...

PISTES PÉDAGOGIQUES

 Faire une présentation détaillée du bouddhisme.

 Projeter des diapositives des temples du Myanmar, pour
introduire le thème plus vaste des arts architecturaux.
(images disponibles sur :
http://www.seasite.niu.edu/Burmese/...)

 Partir de l’exemple du Myanmar pour aborder le phénomène
politique que sont les «  narcodictatures », ces régimes
politiques autoritaires qui profitent des rentes du commerce
de stupéfiants. Bibliographie sommaire sur la géopolitique
de la drogue :
. Site internet de l’Office des Nations Unies contre la
Drogue et le Crime, www.unodc.org

. UNODC, The Opium Economy in Afghanistan : An International
Problem, janvier 2003, disponible sur :
<http://www.unodc.org/pdf/publicatio...>

. UNODC, Myanmar Opium Survey 2005, disponible sur :
<http://www.unodc.org/pdf/publicatio...>

. Francis Christophe, Birmanie, La Dictature du Pavot, 1997,
disponible (commande payante) sur : <http://www.pachouvy.
org/indexouvr...
>

Littérature : lire et étudier :

Aung San Suu Kyi, Se libérer de la peur, Editions des Femmes,
1991 : rassemble les textes et discours politiques d’Aung San
Suu Kyi durant la période où elle a pris la tête du mouvement
démocratique.

Ma Ma Lay, La Mal-Aimée, L’Harmattan, 2000 : l’oeuvre d’une
célèbre journaliste, féministe et ardente nationaliste. Seul
roman birman traduit en français.

Cinéma : projeter et étudier :

Rangoon (Titre original : Beyond Rangoon) de John Boorman
(1995) – disponible à la Médiathèque.

Laura Bowman, médecin, a accepté d’accompagner sa soeur,
Andy, en voyage dans le Sud-Est asiatique pour tenter
d’échapper au traumatisme de la mort de son mari et de son
fils, assassinés par un détraqué. A Rangoon, capitale de la Birmanie,
Laura découvre un pays sous le joug d’une oppressante
dictature militaire. Une nuit, alors qu’elle se joint à des
opposants qui manifestent leur soutien à la charismatique
Aung San Suu Kyi, elle perd son passeport. Elle est ainsi
contrainte de prolonger son séjour dans une Birmanie en état
de siège, tandis qu’Andy continue vers Bangkok.

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse