Algérie : Détention au secret et craintes de torture

Abdelmajid Touati a été conduit devant un juge le 11 septembre 2006 et inculpé, entre autres, d’ « appartenance à un groupe terroriste opérant en Algérie et à l’étranger ». Il était depuis près de cinq mois détenu dans un lieu tenu secret et privé de tout contact avec le monde extérieur. Il est maintenant en prison et l’on pense qu’il ne risque plus d’être torturé. Amnesty International est cependant préoccupée par le fait qu’il n’a jusqu’à présent pas pu consulter un avocat ni voir sa famille. Trois autres hommes maintenus en détention au secret dans le cadre de la même affaire risquent d’être torturés ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements.
L’avocat engagé par la famille s’est rendu à la prison de Serkadji, à Alger, et a demandé à voir Abdelmajid Touati. Cela lui a été refusé. Lorsqu’il y est retourné le lendemain matin, on lui a indiqué que son client avait été transféré dans une prison de la ville de Chlef, située à quelque 200 kilomètres à l’ouest d’Alger. Sa famille n’a pour l’heure pas été autorisée à lui rendre visite en prison. Amnesty International craint qu’Abdelmajid Touati n’ait été transféré dans une autre prison et que son avocat et sa famille ne soient empêchés d’entrer en contact avec lui pour qu’il ne puisse pas leur parler du traitement qui lui a été infligé en détention.

Après l’arrestation d’Abdelmajid Touati, plusieurs personnes avaient été arrêtées à Tiaret, sa ville natale, parce qu’elles étaient soupçonnées de faire partie d’un réseau recrutant de jeunes hommes pour soutenir des factions armées en Irak. Amnesty International a reçu des informations selon lesquelles trois autres personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire continuent d’être détenues au secret dans un lieu qui n’a pas été révélé.
Mohamed Amine Rabah Ajine est chauffeur de taxi et ne donne plus signe de vie depuis qu’il a téléphoné à sa famille le 19 juin pour lui dire qu’il partait en Turquie le jour suivant. Zeineddine Belacel et Mohamed El Habib Boukhatemi, qui sont tous deux de Tiaret, seraient rentrés dans la clandestinité au mois de juin après avoir appris que les forces de sécurité étaient à leur recherche. Il semble qu’ils se soient manifestés pour la dernière fois mi-juillet, quand ils ont téléphoné du département de Boumerdes, à l’est d’Alger, à leur famille pour leur signaler qu’ils avaient l’intention de se rendre aux autorités. Amnesty International a des raisons de penser que ces trois hommes sont actuellement détenus dans une caserne du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), une agence de renseignements spécialisée dans les opérations de lutte.

Modèle de lettre

[/Ministre de l’Intérieur :

His Excellency Noureddine Yazid Zerhouni

Ministre de l’Intérieur

Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales

Palais du Gouvernement, 18 rue Docteur Saâdane, Alger, Algérie

Fax : + 213 21 605210 / 736106/]

Monsieur le Ministre,

Je suis un/e étudiant/e de l’école… en Belgique.

Je suis préoccupé(e) par la sécurité de Mohamed Amine Rabah Ajine, de Zeineddine Belacel et de Mohamed El Habib Boukhatemi étant donné que l’on craint que ces hommes ne soient détenus illégalement et arbitrairement dans des casernes militaires ;
Je vous demande de les libérer immédiatement ou de les inculper d’une infraction prévue par la loi, et de leur permettre sans délai de consulter un avocat et de recevoir tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin ;

Je suis inquiet(e) à l’idée qu’Abdelmajid Touati n’a apparemment pas été assisté par un avocat lorsqu’il a été présenté aux autorités judiciaires, malgré la gravité des faits qui lui étaient reprochés ;

Par la présente, je vous demande également de permettre à sa famille et à son avocat de prendre immédiatement contact avec lui et de veiller à ce qu’il bénéficie d’un examen médical indépendant et de tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin.

En espérant que vous tiendrez compte de ma lettre, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de mes sentiments distingués.

Nom et prénom :

Adresse :

Signature :

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse