La discrimination

« Ce qui me frappa d’abord, à mon arrivée au collège, c’est que j’étais le seul avec une blouse. A Lyon, les fils de riches ne portent pas de blouse. Il n’y a que les enfants de la rue, les « gones » comme on dit. Quand j’entrai dans la classe, les élèves ricanèrent. Le professeur fit la grimace et tout de suite me prit en aversion. »

Extrait de « Le Petit Chose » d’Alphonse Daudet, 1868.

La torture est directement liée à la discrimination. Il est plus facile pour le tortionnaire de blesser une personne s’il ne la considère pas comme son égale mais comme inférieure (socialement, ethniquement, politiquement...) ; c’est le rapport entre racisme et torture qui est le plus frappant.
Aussi, même si nous sommes tous susceptibles d’être victimes de la torture, il existe des « groupes à risque » :
 les criminels et les personnes accusées de crime sont vulnérables pour trois raisons : ils sont souvent moins capables de demander justice, l’idée habituelle qu’« ils n’ont que ce qu’ils méritent » les exclut, ils sont issus de couches sociales plus pauvres et plus marginalisées,
 les « Noirs » aux E.U. et en Europe, les Roms en Europe, les Indigènes Américains et Australiens, les minorités ethniques en général sont plus facilement suspectées et sujettes aux mauvais traitements,
 les immigrés et les demandeurs d’asile ; en Autriche, Allemagne, Belgique, Suisse et au Royaume-Uni, des étrangers sont morts durant leur expulsion suite apparemment à l’usage excessif de la force par la police,
 les travailleurs migrants ; notamment en Arabie Saoudite où ils sont plus souvent soumis à des peines d’amputation et de flagellation publique que les Saoudiens,
 les civils dans les conflits armés (ex-Yougoslavie... ),
 les ethnies que l’on veut déplacer (en Russie, la torture a été utilisée comme outil de déplacement ethnique vis-à-vis des Tchétchènes),
 les minorités sexuelles (homo, bi et transexuels),
 les minorités religieuses (les bouddhistes et les musulmans en Chine, les chrétiens au Pakistan...).

Cas particulier des enfants :
 les enfants des rues, qui pour survivre mendient, volent ou se prostituent, finissent par se faire remarquer de la police ; dans certains pays, il arrive même que ce soit des commerçants qui paient pour attaquer ou supprimer les enfants indésirables,
 les enfants qui, lors de conflits armés, sont forcés par les ennemis de torturer ou tuer leurs parents,
 les enfants qui, lors de conflits armés, sont recrutés de force pour faire la guerre ; les filles deviennent en plus bonnes à tout faire et esclaves sexuelles (Ouganda notamment).

Cas particuliers des femmes :
 le viol systématique est devenu une arme de guerre en Yougoslavie, en Afrique Centrale et au Sierra Leone,
 les femmes, qui forment la majeure partie des populations déplacées et des réfugiés du monde, sont particulièrement vulnérables et exposées au viol aux frontières et dans les camps de réfugiés (par exemple les femmes est-timoraises placées dans des camps en Indonésie),
 les femmes n’ayant pas accès à la justice et subissant des lois discriminatoires sont impunément battues, brûlées, défigurées, flagellées, lapidées ; au Pakistan, une femme victime d’un viol est elle-même accusée d’adultère ou de fornication (ce qui est puni de mort par lapidation) si elle ne peut fournir quatre témoins musulmans pour attester qu’elle n’était pas consentante !

Quand la discrimination est institutionnalisée, cela signifie souvent que les victimes ont beaucoup moins de chance de recevoir aide et protection des autorités. Certaines formes de violence à l’égard des femmes par exemple ne sont même pas reconnues comme des crimes dans beaucoup de pays ; et là où elles le sont, elles sont rarement poursuivies avec vigueur.

Les discriminations sont souvent le terreau de la guerre. Le documentaire « Balkans, la contagion » montre les similitudes entre les histoires régionales et fait le rapport entre épuration ethnique, guerre et torture. Documentaire tristement visionnaire puisque les prévisions néfastes ont eu lieu.

Activité pédagogique :

Cherchez dans l’histoire belge des exemples de discriminations. Quelle a été la politique belge vis à vis de ses colonies (Congo, Rwanda, Burundi) ? Peut-on parler de régime d’apartheid ? Pourquoi les colons belges faisaient-ils couper les mains des opposants noirs ?

L’expérience de la classe divisée

Aux Etats-Unis, une institutrice, convaincue que l’on ne peut comprendre le phénomène de la discrimination sans l’avoir vécu, a réalisé l’expérience suivante qui a duré plusieurs jours...

 Le premier jour, l’institutrice a divisé sa classe en deux groupes, en fonction de la couleur des yeux des enfants... Les enfants qui avaient les yeux marron étaient considérés comme des êtres peu intelligents, distraits, mal organisés... Ils devaient également porter un col afin qu’on puisse les distinguer des autres enfants. Par contre, les enfants aux yeux bleus représentaient des êtres supérieurs, très intelligents, disciplinés... Les enfants aux yeux bleus disposaient également de plus de droits que les enfants aux yeux marron.
 Le lendemain, l’institutrice a inversé les rôles... Ce sont les enfants aux yeux bleus qui avaient le statut d’êtres inférieurs et portaient un col, contrairement aux enfants aux yeux marron.

Tout au long de l’expérience, l’institutrice avait organisé des tests et des jeux pour les enfants... Elle a constaté que lorsque les enfants avaient un statut inférieur, les résultats de ceux-ci étaient plus faibles que lorsqu’ils étaient considérés comme des êtres forts.

Activité pédagogique

La montgolfière

Phase 1 : Rassembler les élèves par groupes de 9 maximum.

Phase 2 : Attribuer un rôle à chaque membre d’un groupe (une gitane, un handicapé, un bandit, un enfant malade, un clochard, un curé, un homosexuel, un banquier,... ).

Phase 3 : Lorsque chacun a un rôle différent, expliquer aux élèves qu’ils font un grand voyage en montgolfière... Cependant, la nacelle est trop lourde, alors quelqu’un doit se sacrifier et sauter de la montgolfière afin d’éviter une collision dans les montagnes. Qui doit sauter et pourquoi ?

Marathon 2017 : SIGNEZ POUR LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Cette année, les 10 individus en danger du Marathon des lettres sont des défenseurs des droits humains. Ils ont tous besoin de votre aide. Nous vous proposons de signer pour eux, en un seul clic.