1.2.4 Les objectifs du terrorisme

L’action terroriste vise à terroriser, c’est-à-dire à induire un rapport de force par la terreur et la peur, c’est pour cela qu’elle est universellement pratiquée, que ce soit par l’Etat ou par les groupes d’opposition.
Mais un massacre ou un génocide, des camps d’extermination, une stratégie d’enlèvements et de disparitions massive, la torture et l’emprisonnement sont aussi des opérations visant à terroriser des populations, et pire, à les rayer d’une carte. Contrairement aux actes terroristes, ces formes de violence se font de préférence sans « publicité » de la part de leurs auteurs. Il suffit de constater le black-out entourant certaines régions où sévissent des « guerres oubliées » et la répression faite contre ceux qui les dénoncent. Ces crimes souvent ignorés au moment où ils se produisent font beaucoup plus de victimes globalement que les actions terroristes qui mobilisent actuellement tant de discours et de moyens. Quelle différence entre les deux, alors ?
Les actions terroristes ciblées par « la guerre contre le terrorisme » ont une autre finalité : être vues, connues, reconnues. Elles sont conditionnées par l’existence des medias, des lobbys, des autorités , tout un public, qu’on espère choquer, impressionner, manipuler, orienter.
Trois objectifs caractérisent le terrorisme, de façon conjointe et à des proportions variables suivant les cas :

 Attirer l’attention de façon spectaculaire et violente sur un rapport de forces perçu de façon manichéenne : victimes innocentes, persécuteurs injustes, sauveteurs,

 l’exigence d’être reconnus, identifiés, par une signature, un nom, d’exister fût-ce de la façon la plus négative qui soit, ce qui semble plus enviable que de ne pas exister ou de rester niés par le rapport de forces antérieur.

 la mise en image symbolique de la force - et plus spécifiquement de la force de destruction- dont disposent les auteurs d’actes terroristes, que ce soit le résultat d’une stratégie collective ou d’actes plus individuels
Si le contre-terrorisme policier, visant à arrêter des criminels, ne s’embarrasse évidemment pas d’une logique de visibilité, par contre, les gouvernements qui se prêtent à la « guerre contre le terrorisme » dans les medias, collaborent à la théâtralisation tragique recherchée par les auteurs d’actes terroristes. Le triangle dramatique s’y joue alors à bureaux fermés, les intervenants échangeant leurs rôles sans discontinuer : victimes se retournant contre leurs bourreaux et devenant bourreaux à leur tour, pour sauver des victimes.

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