I.6.1.4. Comment lutter contre l’extrême droite :

  Le processus de diabolisation de l’extrême droite, c’est-à-dire établir une comparaison systématique de ces mouvements au nazisme dans le but de culpabiliser les électeurs, est plutôt un échec.

  Plusieurs instruments liés au financement des partis peuvent être utilisés dans la lutte contre l’extrémisme politique.
La suppression des dotations publiques peut s’avérer efficace dans certains cas.

  Lutter contre les préjugés, démontrer le caractère mensonger et dangereux des idées prônées par ces partis.

  La campagne « L’extrême droite est inacceptable » réalisée en 2004 par Le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège et Les Territoires de la Mémoire proposent 10 solutions pour lutter contre l’extrême droite :
1) Lutter contre le chômage, la misère et toutes les formes d’exclusion ; écouter les plaintes de la population et travailler sur le terrain pour résoudre les problèmes concrets des gens.
2) Faciliter le dialogue, les rencontres et la compréhension mutuelle entre les différentes communautés religieuses, politiques, ethniques, culturelles ou philosophiques.
3) Pratiquer le « harcèlement démocratique » : opposer une réponse politique ferme à chaque expression de l’extrême droite et engager une lutte juridique et institutionnelle contre les partis et personnalités d’extrême droite. Dans le strict respect de la Loi et dans tous les cas prévus par elle.
4) Respecter une valeur morale personnelle et une éthique collective. Ce respect étant valable pour chaque citoyen, il l’est a fortiori pour ceux qui détiennent des responsabilités collectives, politiques ou autres.
5) Informer à propos des partis et idéologies d’extrême droite, leur ôter le masque de la respectabilité et dénoncer leurs mensonges.
6) Enseigner l’histoire, éduquer à la tolérance, sensibiliser à la citoyenneté. Dans la famille, à l’école, dans la société.
7) Refuser la banalisation de l’extrême droite ou du discours raciste : réagir, s’exprimer publiquement, défendre ses opinions et affirmer ses valeurs, ne pas leur abandonner le terrain de l’expression.
8) Rappeler à chaque fois que c’est nécessaire qu’en Belgique le racisme n’est pas une opinion mais un délit puni par la Loi.
9) Soutenir l’action des associations et groupements de lutte contre le racisme et l’extrême droite ou, mieux, y participer.
10) Commencer par changer nos propres comportements quotidiens.
Réflexion

  Que pensez-vous des solutions proposées ? Sont-elles satisfaisantes ?

  Au sein de votre école pourriez-vous envisager de faire un texte ou une charte visant à lutter contre les idées extrémistes ?
Pour plus d’infos consultez par exemple le site Internet www.extremedroite.be
Outils pédagogiques

  La campagne « Extrême droite, non merci ! Pour que vive Bruxelles » a publié une brochure intitulée « Du Blok à la brique. Expérience d’une campagne associative à Bruxelles ». Cette brochure a pour objectif d’apporter une contribution à l’élaboration d’une stratégie optimale de lutte contre les partis et les idées d’extrême droite. Elle se veut un outil pratique pour tous ceux qui cherchent le meilleur moyen de contrer la montée de l’idéologie d’extrême droite. Ce guide est disponible à la CNAPD, 90, rue du Vivier - 1050 Bruxelles - 02.640.52.62.
Site internet : www.extremedroitenonmerci.be

  « Un jour où l’autre, on pourrait tous être victime de l’extrême droite » est un outil pédagogique destiné à accompagner ceux qui, dans le cadre de leurs formations, désirent soulever ce brûlant sujet d’actualité.

  L’extrême droite envenime notre société depuis plus de vingt ans. Elle reste un véritable virus politique qui nous intoxique par une propagande qui stigmatise notamment les étrangers. Mais, l’extrême droite ne nous présente que le sommet de son iceberg !
Pour tenter d’apporter un éclairage sur l’extrême droite d’aujourd’hui en Belgique, le GSARA, en collaboration avec Résistances et le CPC (organisme d’éducation permanente du Mouvement ouvrier chrétien), vous présente un document audiovisuel qui dénonce son vrai visage. Afin de mieux comprendre et combattre l’extrême droite, des spécialistes de ce phénomène prennent la parole.
Pour plus d’infos : http://www.gsara.be/extreme%20droite%20un%20jour%20ou.htm
Actions positives
« Des « écoles » pour mieux connaître et mieux combattre l’extrême droite » :
Dans tout combat, la formation militante est essentielle. C’est dans ce but que RésistanceS apporte son soutien aux « écoles d’automne » de la Ligue des droits de l’Homme (LDH). Consacrées à la lutte contre l’extrême droite et à l’action citoyenne, elles ont eu lieu en septembre 2005.
L’objectif est de donner les moyens à chacun(e) de devenir des citoyen(ne)s critiques et responsables. Permettre à chacun de « s’approprier ses droits, pour en revendiquer la garantie et le respect pour soi et pour autrui, pour que nous puissions les acter dans notre vie de tous les jours, leur donner chair dans notre quotidien, et organiser notre vivre ensemble les uns avec les autres et non les uns contre - voire sans - les autres ».
Pour plus d’infos : www.resistances.be
« Ecole Sans Racisme » :
Le concept École Sans Racisme comporte sept caractéristiques :

  C’est une école sans discrimination ni racisme.

  On y dispense des informations correctes sur les immigrés, l’immigration et le racisme, de manière scientifique.

  La connaissance d’autres cultures est enseignée, non seulement sur le plan cognitif, mais aussi pour réfuter le racisme au plan affectif.

  Les organisations et la propagande racistes sont interdites.

  Pour tous les enseignants et les lycéens, on organise des initiatives communes sur le racisme et la société multiculturelle.

  On s’affirme vers l’extérieur comme École Sans Racisme et on fait connaître ses options à la société.

  Cette option est portée par une large majorité des lycéens, des enseignants et du personnel de direction.
Pour plus d’info : http://www.ecolesansracisme.be/
Bibliographie

  La droite aujourd’hui, Jean-Yves Camus, Milan, coll. Les essentiels. 1997.

  Connaître l’extrême droite pour mieux la combattre, Pierre Larny, LDH. Dossiers et documents, juin 1997.
Films
Sur le fascisme
Allemagne
Les Damnés Luchino Visconti 1968
Méphisto Istvan Szabo 1981
Violence et Passion Luchino Visconti 1974
Espagne
Les Sept Jours de Janvier Juan Antonio Bardem 1978
France
Section spéciale Costa-Gavras 1975
Grèce
Le Voyage des comédiens Théo Angelopoulos 1974
Z Costa-Gavras 1968
Italie
Le Conformiste Bernardo Bertolucci 1970
L’Écran magique Gianfranco Mingozzi 1982
Le Jardin des Finzi-Contini Vittorio De Sica 1971
La Marche sur Rome Dino Risi 1962
1900 (2e partie) Bernardo Bertolucci 1977
La Nuit de San Lorenzo Vittorio et Paolo Taviani 1981
La Stratégie de l’araignée Bernardo Bertolucci 1969
Une journée particulière Ettore Scola 1977
Theatre
La pièce « Froid » de Lars Noren, mise en scène par Jean-François Noville, permet d’’aborder le thème des groupes de jeunes influencés par les thèses nationalistes d’extrême droite. L’histoire se base sur un fait divers raciste qui a eu lieu en Suède. « Froid » montre la rencontre de trois jeunes un peu paumés, en manque de repères, avec un jeune coréen adopté dans une famille plus aisée. La violence est omniprésente, mais permet de s’interroger sur des questions essentielles, telles que :

 comment devient-on raciste ?

 comment se créent les rapports de force dans un groupe ?

 comment se définir, affirmer son identité ?

 pourquoi les gens se rassemblent-ils en groupes, bandes ou partis autour de mots d’ordre racistes, nationalistes ?

 les jeunes sont-ils plus violents ?

 comment passe-t-on à l’acte violent ?

 comment éviter de tels débordements ?
Cette pièce, soutenue par Amnesty International, est un excellent outil pédagogique pour les enseignants souhaitant prolonger la réflexion sur toutes ces questions. Vous pouvez inviter la pièce à l’école, avec une animation et un débat pris en charge par les comédiens.
Pour tout renseignement : Théâtre National, Jacqueline Depermentier, 02/274 23 25 ou j.depermentier@theatrenational.be

Marathon 2017 : SIGNEZ POUR LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Cette année, les 10 individus en danger du Marathon des lettres sont des défenseurs des droits humains. Ils ont tous besoin de votre aide. Nous vous proposons de signer pour eux, en un seul clic.