I.6.2. L’extrême gauche :

Communisme :

  Doctrine prônant l’abolition de la propriété privée au profit de la propriété collective, et, notamment, la collectivisation des moyens de production et la répartition des biens de consommation selon les besoins de chacun ; état correspondant de la société. (voir : Le Petit Larousse 2005).

  « Le Communisme - qu’il faut se garder de confondre avec ‘Le Parti Communiste - est une doctrine sociale qui, basée sur l’abolition de la propriété individuelle et sur la mise en commun de tous les moyens de production et de tous les produits, tend à substituer au régime capitaliste actuel une forme de société égalitaire et fraternelle. Il y a deux sortes de communisme : le communisme autoritaire qui nécessite le maintien de l’État et des Institutions qui en procèdent et le communisme libertaire qui en implique la disparition ». (Sébastien Faure, art. « Communisme », Encyclopédie anarchiste, vol.1.)

  Le Capitalisme : système économique et social fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange. Le capitalisme se caractérise par la recherche du profit, l’initiative individuelle et la concurrence entre les entreprises. (Le Petit Larousse 2005).

Origines et histoire du communisme.
L’une des premières sociétés considérée comme communiste remonte à l’époque de Platon (4/5ème av. J.C). Cependant, le communisme s’inspire principalement des œuvres de Karl Marx et Friedrich Engels qui ont élaboré à la fin du 19ème siècle une conception économique, politique et philosophique de l’État. Le marxisme propose alors une société sans classes. En ce sens le communisme est considéré comme l’antithèse du capitalisme, qui se base sur une économie de marché.
L’histoire du communisme est surtout marquée par la Révolution bolchévique de 1917 en Russie. L’État communiste instaure alors un parti unique et la distribution des biens à la population. Les leaders du communisme en Russie sont Lénine, Staline, Trotsky...
Très vite, le régime communiste soviétique instaure un contrôle social totalitaire, déportant les « ennemis du peuple » en Sibérie, pratiquant des réformes agraires brutales (la famine de 1933 en Ukraine, qui provoque plus de 7 millions de morts, est le résultat de cette politique), la torture et les exécutions d’opposants. Toute résistance ou tout comportement jugé nationaliste (et donc contraire au soviétisme) sera puni sévèrement. Les opposants, ou ceux considérés comme tels, sont souvent envoyés au « goulag », un ensemble de centres de détention pour prisonniers politiques, où les conditions de détention sont épouvantables.
Après la Seconde guerre mondiale, divers pays d’Europe centrale sont annexés à la sphère d’influence de l’URSS et doivent instaurer un régime communiste, sur le modèle de celui imposé par Moscou. À la fin des années 1980, Gorbatchev instaure des réformes politiques « la perestroika » et la « glasnost » (transparence) ; mais malgré ces réformes, il ne peut faire face à l’éclatement de l’URSS et des différentes républiques se déclarant indépendantes. En 1991, l’URSS n’existe plus et se voit remplacer par la CEI, la Communauté des États indépendants.
Le communisme s’est également propagé en Europe occidentale, comme en France avec le mouvement du PCF, l’Italie avec le PCI, mais il ne parviendra jamais à s’imposer durablement.
Le communiste est encore appliqué dans beaucoup d’États totalitaires comme la Chine, la Corée du Nord, le Vietnam, le Laos, Cuba...

Le livre noir du communisme
Cet ouvrage dirigé par Stéphane Courtois a suscité beaucoup de polémiques, particulièrement en ce qui concerne son interprétation du communisme. Trois idées sont véhiculées dans ce livre :

 Le communisme est d’essence criminelle. Le communisme a engendré plus 100 millions de victimes, dont 20 millions en URSS.

 Cet instinct criminel est « génétique » (il est au coeur de l’idéologie communiste), on le retrouve dans la Révolution d’Octobre de 1917, dans les idées de Lénine et Trotsky...

 Communisme et nazisme sont comparables et identiques.

Cet ouvrage rassemble un grand nombre d’articles détaillant les différentes expériences communistes et leurs conséquences en termes de discriminations ou de violences. Il est toutefois contesté par certains qui n’acceptent pas la comparaison avec le nazisme, qui est par nature raciste et criminel, contrairement au communisme, selon eux.
L’extrême gauche aujourd’hui.
Le communisme est toujours présent aujourd’hui. Les partis politiques communistes sont à gauche de la social-démocratie. Trois principaux courants communistes existent :
Les partis trotskistes de la IVe Internationale.
Les organisations maoïstes qui se réclament du marxisme-léninisme.
Les organisations qui se réclament du communisme-ouvrier.
D’autres courants peuvent être ajoutés comme le bordiguisme, le luxembourgeois, guevarisme...

Exemple d’États communistes :
Nous ne reprendrons ici que quelques exemples de pays encore qualifiés de communistes. Encore une fois, soulignons qu’Amnesty n’a pas de position sur l’idéologie communiste en elle-même mais dénonce les violations commises dans tous les pays, quelque soit l’idéologie ou le régime en place.

1) La République populaire de Chine.
Le gouvernement communiste chinois se livre toujours aujourd’hui à des pratiques violentes à l’encontre des opposants et des minorités. Parmi les groupes opprimés par le gouvernement figurent le mouvement spirituel Fa Lun Gong, les groupes chrétiens non reconnus par l’État, et les « séparatistes » et les « extrémistes religieux » du Xinjiang et du Tibet.
Les peines de mort sont toujours appliquées à ceux qui s’opposent aux autorités et la discrimination envers les femmes se pratique toujours sans retenue. Quant à la répression dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, elle est justifiée par les autorités qui estiment devoir combattre des groupes terroristes séparatistes ; la région du Tibet, largement colonisée par les Chinois, subit le même sort et doit se conformer au modèle socio-culturel imposé par Pékin.

2) La Chine communiste : un bref historique
Après plusieurs années de guerre civile, Mao proclame en 1949 la naissance de la République Populaire de Chine. Deux réformes vont rester gravées dans les pages noires de l’histoire du pays : la collectivisation agraire, très brutale (surnommée « Grand Bond en avant ») à partir de 1958, et la Révolution culturelle qui a dégénéré en véritable guerre civile et durant laquelle des milliers de personnes furent mises au ban de la société car considérées comme en dehors de la ligne du parti communiste.
Après la mort de Mao en 1976, le nouvel homme fort du pays est Deng Xiaoping. Il fait accepter au Parti son programme de modernisation économique. La Chine s’est ouverte sur le monde au niveau économique, sans pour autant adopter de réformes sur le plan politique : les partis et les syndicats indépendants continuent à être interdits, tandis que les prisons sont toujours remplies d’opposants. En 1989, le pouvoir envoie des chars pour écraser les étudiants qui s’étaient rassemblés sur la place Tienanmen, à Pékin, pour réclamer des changements politiques en faveur de la démocratie. Les victimes se comptent par centaines. La Chine détient aussi le triste record mondial d’exécutions faisant suite à des procès inéquitables. La peine de mort s’applique à de plus en plus de délits dont la corruption, etc... Les prisons chinoises n’ont rien à envier au goulag soviétique. Tortures et mauvais traitements y sont courants. La « rééducation par le travail » est aussi utilisée pour « mater » les opposants ou ceux qui jugés comme tels.
Le pouvoir chinois a tenté de détruire les particularités religieuses et culturelles d’un grand nombre de régions, comme au Tibet où les autorités ont importé des populations d’autres régions non bouddhistes. Mais bien plus que le Tibet, où des contacts ont été renoués avec le dalaï-lama, la province ouïghoure musulmane du Xinjiang est étroitement surveillée par le pouvoir, sous prétexte de lutter contre les aspirations indépendantistes et l’intégrisme musulman. La Chine, le pays le plus peuplé du monde, est aujourd’hui aussi le plus grand pays communiste au monde, même si dans les faits il pratique aujourd’hui une économie de marché.

3) Le Vietnam
Vous connaissez peut-être le Vietnam à cause de la guerre et de la tragédie des boat-people, ces réfugiés cherchant par tous les moyens à fuir la guerre sur des embarcations de fortune. Après huit années de guerre contre le régime colonial, conclues par la défaite militaire française et les accords de Genève, le pays a été coupé en deux : le Nord Vietnam, sous contrôle communiste et le Sud Vietnam où les Américains prirent le relais des Français dans la lutte anticommuniste. Une guerre civile fut déclenchée en 1960 au Sud. En 1965, les troupes américaines débarquent. En tout, 3,1 millions d’Américains combattront au Vietnam. Les Accords de Paris, signés en 1973, porteront sur un cessez-le-feu immédiat et le retrait total des Américains. Cette guerre a fait plus d’un million de morts, cinq millions de blessés et mutilés vietnamiens, et dévasté des millions d’hectares de terres et forêts. Deux ans plus tard le Nord envahit le Sud et y installe un régime communiste.
Les autorités continuent à mettre les opposants en prison pour délit d’opinion. Les libertés d’opinion, d’association et de religion sont complètement niées au Vietnam. Des mesures énergiques sont régulièrement prises contre les minorités ethniques et les dissidents religieux ou politiques. Le gouvernement s’oppose à la venue d’observateurs indépendants et dénonce toute critique venant de l’extérieur comme une ingérence inadmissible. En avril 2004, les Montagnards -une minorité vivant dans la région des hauts plateaux du centre du Viêt-Nam-, ont manifesté contre la confiscation des forêts de leurs ancêtres. Ils demandaient aussi la liberté de culte (beaucoup sont protestants) et le droit de faire des études dans leur langue maternelle. Huit manifestants ont été tués au cours des troubles et des centaines d’autres ont été blessés. Les autorités ont ensuite imposé un contrôle très strict des communications avec la région. D’autres minorités ethniques sont également opprimées par les autorités.

4) La République de Cuba.
Cuba se livre à des injustices et des violences, principalement à l’encontre des opposants politiques. En 2004, on comptait au moins 70 prisonniers d’opinion. La liberté d’expression n’est pas encore tolérée à Cuba : les journaux indépendants comme les partis d’opposition sont strictement contrôlés. Le multipartisme n’est toujours pas à l’ordre du jour : lors du 4° congrès du PC (1991), Fidel Castro l’a décrit comme une « multicochonnerie ». La liberté de déplacement est également niée : les opposants et leurs proches ne peuvent se déplacer à l’étranger. Enfin, les homosexuels y sont souvent victimes de discriminations.
Il faut préciser que l’embargo américain et les mesures qui en découlent ont des effets négatifs sur l’ensemble des droits humains à Cuba. Les droits économiques et sociaux, comme le droit à la santé ou à l’éducation, y sont souvent mieux respectés que dans certains pays capitalistes.

5) La République populaire démocratique
de Corée du Nord.
Ce pays est souvent décrit comme le dernier bastion staliniste au monde. Il a connu plusieurs périodes de famine, provoquées par une politique désastreuse sur le plan économique. Les observateurs indépendants sont très rarement acceptés dans le pays, ce qui fait que les informations qu’on en reçoit sont souvent parcellaires.
La commission des droits de l’Homme des Nations Unies a dénoncé les violences perpétrées envers les opposants et les minorités du pays. Les enfants sont obligés d’apprendre à se servir d’une arme dans le cadre scolaire. Le parti politique unique contrôle la liberté d’expression et les médias. Comme en Chine, les injustices et les violences sont infligées à toute la population.

Conclusion.
La plupart des régimes communistes ont restreint très fortement la liberté d’expression et d’association. Ils exercent une grande violence et un contrôle très strict envers les minorités et les opposants. Il faut souligner les points communs que peuvent avoir tous ces régimes : la propagande y occupe une place importante, impliquant un contrôle des masses ; le rôle central du chef est prépondérant ; la présence d’un parti unique interdit toute contestation politique. Cependant, on peut dire que le passage du communisme à une économie de marché ne se fait pas sans problèmes.
Les pays post-communistes de l’Europe orientale, dont certains sont devenus membres de l’Union Européenne, resteront toujours marqués par la violence communiste... Mais ils doivent aussi faire face à présent aux maux du capitalisme : chômage, creusement des écarts de richesse entre les classes sociales, individualisme, disparition de certains acquis sociaux (accès à la santé, éducation, logement, chauffage...).

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