II.1.2 Évolution du concept de racisme :

Le concept de racisme a évolué. Au XIXème siècle, le concept de race au sens biologique servait de base à un classement hiérarchique entre les différentes populations. La fin du XXème siècle a vu l’émergence d’une discrimination supplémentaire basée sur la culture.
Dans le discours actuel des racistes, ce ne sont souvent plus les races qui sont déclarées incompatibles ou inégales, ce sont les coutumes, les croyances et les civilisations. Ce qui est rejeté, ce n’est plus tellement que l’homme soit noir, blanc ou jaune, ce sont plutôt leurs préparations culinaires, odeurs, cultes, sonorités, et habitudes.
« L’autre n’a pas la même culture que moi ; il n’est donc pas de mon clan ». Les discours racistes sont basés sur l’impossibilité de pouvoir concilier différentes cultures.70
Jeu
Demandez à chaque élève d’apporter en classe un dessert ou des bonbons de son pays ou de sa région (gâteau des rois, cornes de gazelle, réglisse etc). Proposez à chacun de goûter puis d’exprimer son avis sur les différentes saveurs. Trouvez les points communs à ces différents desserts (ingrédients, période où il est mangé, etc).

La notion de race ne peut s’appuyer sur aucune explication biologique. Distinguer les êtres humains selon la couleur de leur peau, la forme de leur nez ou la texture de leurs cheveux et les classer ainsi en races n’est pas un acte scientifique mais une construction arbitraire, souvent utilisée à des fins politiques.
Cette instrumentalisation des différences à des fins politiques ou idéologiques est née avec la colonisation et a connu un triste aboutissement dans les génocides du XXème siècle.
Il est facile de dire que la biologie ne confirme en rien les préjugés racistes, mais cela reste insuffisant car il est évident que le racisme n’a pas besoin de s’appuyer sur des concepts scientifiques pour sévir.71
La notion d’ethnie
Le concept d’ethnie ou d’ethnicité a un certain caractère multidimensionnel dans la mesure où il comprend des aspects comme l’origine ou l’ascendance, l’identité, la langue et la religion. Il peut englober aussi des dimensions plus subtiles comme la culture, les arts, les coutumes et les croyances de même que des pratiques comme l’habillement et la préparation de la nourriture. Le concept d’ethnicité revêt également un caractère dynamique, étant constamment en état de changement, il pourra évoluer à la suite d’une nouvelle vague d’immigration, de mélanges et d’intermariages, qui peuvent entraîner la formation de nouvelles identités.72
La notion d’ethnie est très difficile à définir précisément, elle a souvent été le pendant sociologique de la notion de race, et pose le même problème, à savoir comment catégoriser l’ensemble de la population dans un certain nombre de groupes donnés ?
On peut définir plus précisément l’ethnicité, qui est d’après Max Weber, le sentiment de partager une ascendance commune, que ce soit à cause de la langue, des coutumes, de ressemblances physiques ou de l’histoire vécue (objective ou mythologique). Cette notion est très importante sur le plan social et politique car elle est le fondement de la notion d’identité.
Les ethnies sont de taille variable. Elles peuvent compter au minimum quelques centaines d’hommes et de femmes jusqu’à plusieurs milliers voire millions de personnes. Certains ensembles ethniques sont, du point de vue politique, subdivisés en tribus, terme avec lequel on confond souvent abusivement l’ethnie.
La conscience d’appartenir à l’un de ces groupes (conscience ethnique) peut déboucher sur la revendication d’une identité propre - qui se distingue de l’identité des groupes humains voisins - et conduire à des luttes pour la sauvegarde de cette identité. Deux groupes ethniques peuvent s’affronter pour des questions de territoires, de partage du pouvoir ou encore pour un désaccord religieux ou coutumier. Les terrains d’affrontements sont variés mais souvent basés sur la revendication d’un droit et la réparation d’une d’injustice. Ces rivalités peuvent entraîner de la violence ; c’est ce que l’on appelle alors un conflit ethnique. 73
L’identification à une ethnie existe aussi en Europe et entraîne des dérives plus ou moins extrêmes : des mouvements indépendantistes ou séparatistes pacifiques (le mouvement régionaliste flamand ou le mouvement régionaliste wallon) jusqu’aux groupes « terroristes », comme l’ETA (mouvement terroriste basque à l’origine de nombreux attentats en Espagne) ou le FLNC (Front de Libération Nationale de la Corse).74
Amin Maalouf explique bien dans son livre Les identités meurtrières que « lorsqu’on a été brimé à cause de sa religion, de sa peau, ou de son accent, ou de ses habits rapiécés, on ne l’oubliera pas. (...) On a souvent tendance à se reconnaître dans son appartenance la plus attaquée ; parfois on ne se sent pas la force de la défendre, on la dissimule, alors elle reste au fond de soi-même, tapie dans l’ombre, attendant sa revanche ; mais qu’on l’assume ou qu’on la cache, qu’on la proclame discrètement ou bien avec fracas, c’est à elle qu’on s’identifie. »75

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