II.10.3. Les défaillances : de la mission de la prison en matière de réinsertion :

On remarque qu’il existe des défaillances au niveau de la réinsertion des détenus dans la société. Le regard porté sur un ancien prisonnier et les préjugés qui en découlent affaiblissent moralement la personne. Il est donc particulièrement difficile pour un ex-détenu de retrouver une « vie normale » et stable. Beaucoup d’obstacles se dressent devant lui. La discrimination envers les anciens prisonniers est très présente.
La discrimination peut prendre différentes formes :

 des restrictions administratives ;

 des restrictions juridiques ;

 des restrictions économiques ;

 la méfiance ;

 des regards accusateurs ;

 des rumeurs ;

Recherche
Quelles sont précisément les restrictions administratives, juridiques et économiques auxquelles doivent faire face les ex-détenus ?
Consultez le site www.prison.eu.org pour vous aider.

Souvent, les patrons n’acceptent pas d’employer un ancien détenu même s’il a purgé sa peine depuis longtemps. De plus, si un ancien détenu tente d’ouvrir un commerce, les gens sont souvent trop méfiants pour y aller. En raison de leur passé, on leur refuse l’accès au logement. Les propriétaires, par peur ou par mépris se rendent coupables de discrimination.
À cela s’ajoute l’isolement et la solitude, car beaucoup de prisonniers ont vu, au fil des années d’incarcération, leur cercle d’amis et leur milieu familial se réduire. Au moment de leur réinsertion, ils ont parfois perdu tout réseau de socialisation.
L’entourage, qu’il soit proche ou étranger, a un rôle primordial pour la réinsertion des détenus. Mais cela n’est pas suffisant : en effet, le regard des autres peut être plus ou moins accusateur selon l’ampleur du délit ou du crime. Un viol ou un meurtre est beaucoup moins accepté qu’un vol ou un trafic de stupéfiants.
Débat
Pensez-vous qu’il soit facile de réintégrer la société après plusieurs années passées en prison ?
Prenons un exemple : lorsqu’un élève arrive à l’école trois mois après la rentrée, il doit s’adapter à de nouvelles méthodes d’enseignement et se construire une place dans la classe alors que les groupes ont déjà été créés. Il en sera de même pour un prisonnier, d’autant plus que sa peine sera longue.
Témoignage
Milko Paris, ancien prisonnier sorti il y a 10 ans après 11 années de prison, fondateur de BAN PUBLIC, une association qui a pour but de favoriser la communication sur les problématiques de l’incarcération et de la détention, et d’aider à la réinsertion des personnes détenues.
« En ce qui concerne le regard que l’on pose sur moi, il a toujours été mitigé, c’est pourquoi je lutte pour dénoncer l’hypocrisie des associations qui mettent les personnes « en difficulté » dans une épreuve de culpabilité permanente, d’amendement, et leur font sentir au fond qu’elles sont en défaut avec la vie normée. J’assume pleinement ce que j’ai été et ce que je suis. Je ne tiens pas à vivre reclus et à me cacher sachant qu’un jour ou l’autre mon nom circulerait (cela a déjà été le cas) et mon passé resurgirait. Au moins je maîtrise la situation et personne n’a sur moi le pouvoir de me faire taire, parce que j’ai été un délinquant ou un criminel. (...)
Les exclusions sont nombreuses : les premières sont liées à la perte de ses droits civils, commerciaux et familiaux, ensuite il y a les restrictions administratives et l’empêchement dans divers emplois (la fonction publique, métiers de la banque et des assurances, etc) et pour finir les interdictions qui empêchent d’obtenir une carte de presse ou de devenir président d’association. La défiance est aussi mortelle que tout le reste »
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Actions positives

 « Un Voyage Particulier » : l’accompagnement d’enfants de détenus vers les prisons pour rendre visite à leur parent incarcéré. La Croix-Rouge et le Relais Enfants-Parents actifs dans plusieurs établissements pénitentiaires développent une action en partenariat. Il s’agit de la création d’un réseau de volontaires accompagnateurs pour permettre à des enfants de familles fragilisées de rendre visite à un parent détenu.

 L’émission « Ras les murs » de la radio Libertaire (89,4MHz), dans la région parisienne le mercredi de 20h30 à 22h30, traite de l’actualité des luttes de prisonniers.

 Scatolero, un spécialiste en criminologie de Turin a réalisé un film-documentaire en 1986/1987 sur les visites proposées de la prison de Turin aux gens de la ville. À la sortie de la visite, ils disaient « Ca pourrait être nos enfants ; il sont trop confinés, trop oisifs ; il faut des alternatives à la prison ».

 BAN PUBLIC, association qui a pour but de favoriser la communication sur les problématiques de l’incarcération et de la détention, et d’aider à la réinsertion des personnes détenues.
Composée d’ancien(ne)s détenu(e)s, de journalistes, d’universitaires, d’artistes, d’associations, de citoyens, BAN PUBLIC développe son action autour d’un site Internet, www.prison. eu.org.
Débat
Quel regard porteriez-vous sur un élève dont un des parents serait en prison ? Comment réagiraient la plupart des élèves ?
Recherche
Trouvez des alternatives à la prison : qu’est-ce qui existe déjà et que faudrait-il ajouter ou améliorer ?
Pour en savoir plus

 Visitez le site internet de l’Observatoire international des prisons : www.oip.org

 La prison quelles alternatives ? www.cerclegramsci.org/ archives/jlh.htm ;

 www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=208 ;

 www.editions.corlet.fr/panoramiques/sun/html/45.html
Bibliographie

 A. BROSSART, Pour en finir avec la prison,

 M. FOUCAULT, Surveiller et punir : naissance de la prison, 1975

 L. WACQUANT, Les prisons de la misère, Editions Raisons d’Agir, 1999

 A. JACQUARD, Un monde sans prison, Editions du Seuil, 1993
Film

 A l’ombre de la haine, réalisé par M. Forster en 2001.

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse