II.6.1. L’homosexualité en quelques questions133 :

« Qu’est-ce que l’homosexualité ? »
En matière de sexualité, le langage et les mots que l’on emploie peuvent poser problème. Chacun a une perception de soi et de son identité qui varie largement selon les cultures. 134
L’homosexualité, c’est l’orientation sexuelle des personnes qui se sentent attirées affectivement et sexuellement par les personnes du même genre qu’elles.
Les hommes qui sont attirés par d’autres hommes sont généralement nommés comme gays, et les femmes attirées par d’autres femmes comme lesbiennes.
Les personnes se sentant attirées par les deux sexes sont bisexuelles.
Ces différentes catégories ne sont pas absolues.
L’orientation sexuelle, qu’elle soit gay ou lesbienne, ne doit pas être confondue avec la transsexualité, le transformisme ou le travestissement.
Une personne transsexuelle ou transgenre est une personne dont le corps physique ne correspond pas à son corps psychologique.
Une personne transformiste réalise des spectacles durant lesquels elle se vêtit selon les normes du genre opposé.
Un travesti est une personne qui se vêtit selon les normes vestimentaires du genre opposé.
Les transgenres comme les transformistes ou les travestis peuvent être des hommes ou des femmes, homosexuel(le)s, hétérosexuel(le)s ou bisexuel(le)s.
Il faut toujours distinguer le genre, l’orientation sexuelle et les pratiques sexuelles.
A l’heure actuelle, on utilise le sigle LGBT pour désigner les lesbiennes, gays, bisexuel(le)s et transgenres, mais il est vrai que c’est le terme « homosexuel » qui est le plus communément employé.
Étymologiquement parlant, il associe une racine grecque (homo, « semblable ») et une racine latine (sexuel).
« Pourquoi existe-t-il différentes orientations sexuelles ? »
Il existe plusieurs théories d’ordre divers sur le sujet, mais aucune n’a démontré scientifiquement le pourquoi des différentes orientations sexuelles. Ce qui est sûr, c’est qu’il est autant naturel pour un(e) homosexuel(le) d’être homosexuel que pour un(e) hétérosexuel(le) d’être hétérosexuel.
« Qu’est-ce que l’homophobie ? »
On nomme homophobie les conduites de rejet envers l’homosexualité ou envers les personnes homosexuelles. Certains psychologue définissent l’homophobie comme une peur irrationnelle et persistante de l’homosexualité et des personnes homosexuelles.
L’homophobie, c’est toute manifestation, avouée ou non, de discrimination, d’exclusion ou de violence à l’encontre d’individus, de groupes ou de pratiques homosexuels ou perçus comme tels au motif de l’homosexualité. Un acte homophobe, c’est refuser dans les actes quotidiens, un droit, un bien, un service à une personne, homme ou femme, en raison de son homosexualité réelle ou supposée. C’est aussi l’agression physique, écrite ou verbale, la diffamation, à l’égard de personnes, hommes ou femmes, au seul motif d’une homosexualité vraie ou supposée. C’est également l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination. C’est enfin, la négation de l’homosexualité ou la gêne provoquée lorsque le sujet est abordé.
L’homophobie peut également toucher les personnes hétérosexuelles ne se conformant pas à l’identité sexuelle perçue par les agresseurs. En effet, si le seul facteur de la féminité pour un garçon ou de la masculinité pour une fille suffit à déclencher la haine homophobe, toute personne entrant dans ce schéma est susceptible d’en être victime.
L’homophobie renvoie au sentiment de peur exprimé envers les personnes homosexuelles et, plus largement, envers les personnes dont l’apparence ou le comportement déroge aux standards de féminité ou de masculinité. Le mépris, le dégoût, les préjugés et la haine des homosexuels naissent de cette peur.
Intimement liée à la problématique du sexisme (domination masculine) et à des définitions stéréotypées de la masculinité et de la féminité largement véhiculées par les médias, l’homophobie engendre des discriminations à l’encontre des personnes homosexuelles et de leur entourage, des sentiments malaisés lorsque le sujet de l’homosexualité est soulevé, et réduit souvent les gays, les lesbiennes et les bisexuel-le-s à cacher leur orientation affective. Elle est source d’isolation sociale, de dépressions, voire de tentatives de suicide, en particulier chez les adolescents qui découvrent leur homosexualité dans un milieu qui ne favorise pas le développement et l’acceptation de leur orientation sexuelle.135
Différents niveaux d’homophobie
n Homophobie du langage : insultes, plaisanteries, vocabulaire négatif qui stigmatise l’homosexualité et les personnes homosexuelles.
n Homophobie personnelle : sentiment/croyance personnelle que les homosexuels sont anormaux, bizarres, malades. Sentiments de peur, insultes, évitements, violences verbales, voire physiques.
n Homophobie institutionnelle : institutions, lois, règlements qui discriminent les homosexuels.
n Homophobie sociale et culturelle : normes sociales et culturelles qui favorisent l’hétérosexualité au détriment de l’homosexualité. Privilèges inconscients. Valeurs sociales, religieuses, culturelles, livres, iconographies qui excluent les homosexuels.
n Homophobie intériorisée des homosexuel-les : les homosexuel-les eux-mêmes intériorisent les préjugés, les normes sociales homophobes et en viennent à se dévaloriser, voire à se détester eux-mêmes, et à dévaloriser, voire à détester les homosexuel-les de leur entourage.
L’homophobie en chiffres (USA)
n Un collégien américain entend en moyenne des commentaires homophobes (« pédé », « tapette », « gouine », etc.) 26 fois par jour.
n Dans 97% des cas, les enseignants n’interviennent pas.
n 80% des jeunes gays et lesbiennes souffrent gravement d’isolation sociale.
n 53% des élèves entendent des commentaires homophobes de la bouche des enseignants et administrateurs de l’école.
n 28% des élèves gays quittent l’école avant d’obtenir leur diplôme, contre seulement 11% des élèves hétérosexuels.
n 26% des jeunes gays sont mis à la porte du foyer familial par leur parents.
n 19% des jeunes gays et lesbiennes sont victimes d’agressions physiques à cause de leur orientation sexuelle.
n Le taux de suicide est 4 fois plus élevé chez les adolescents gays que chez les hétérosexuels.
n Dans 40 états américains sur 50, un enseignant peut être licencié parce qu’il est gay.
Nous venons de définir longuement l’homophobie, mais il ne faudrait pas oublier de parler de la lesbophobie (peur des lesbiennes) et de la transphobie (peur des transsexuel(le)s, travestis), car ces termes apparaissent de plus en plus dans la littérature et recouvrent des réalités qui diffèrent parfois un peu de l’homophobie. Ainsi, les lesbiennes sont doublement discriminées, en tant que lesbiennes et en tant que femmes (même parfois chez les gays) et les transgenres font aussi bien souvent l’objet de rejet de la part de personnes hétérosexuelles qu’homosexuelles.
« Comment sont véhiculés l’homophobie
et l’hétérosexisme ? »
L’homophobie et l’hétérosexisme sont véhiculés plus ou moins subtilement par divers chemins, sans qu’on s’en rende compte.
Dans notre société, les modèles qui se transmettent sont des modèles d’hétéronormalité, c’est-à-dire qu’on ne fait jamais référence aux modèles affectifs homosexuels qui aident les jeunes gays et lesbiennes à se construire sainement une identité.
Les adolescents perçoivent un silence oppressant vis-à-vis de l’homosexualité. Silence qui se traduit par un fort sentiment de solitude.
« Qui sont les homosexuel(le)s ? »
Contrairement aux stéréotypes, il n’existe pas de professions spécifiquement gays ou lesbiennes. Il n’y a pas non plus de cultures ou de classes sociales plus génératrices de personnes homosexuelles.
« Quels sont les principaux problèmes auxquels sont confrontés les jeunes gays
et lesbiennes ? »
Les jeunes gays et lesbiennes vivent dans un monde qui nie leur réalité. Ce qu’ils ressentent intérieurement manque de référence, de modèle dans l’information qu’ils reçoivent de l’extérieur. Non seulement personne ne leur offre de modèle positifs mais en plus ils craignent de les trouver par peur de tomber sous le stigmate de « pédale ». Ils craignent également le rejet de leur famille et de leurs amis qui pourrait les déposséder du soutien affectif et économique dont chacun a besoin. Ils craignent le rejet des centres éducatifs où rien ne laisse supposer qu’ils y trouveront un refuge ou quelqu’un à qui parler.
Enfin, une des particularités spécifiques des gays et lesbiennes, qui les différencie des autres minorités marginalisées, c’est que chacun, depuis sa petite enfance, reçoit des informations sur l’identité de sa culture et de son groupe, à travers la famille et l’entourage immédiat. Dans le cas d’un(e) jeune homosex¬uel(le), il n’a pas accès aux informations concernant son orientation sexuelle puisque le silence sur cette réalité est tellement oppressant, tant à l’intérieur de la famille qu’à l’extérieur de celle-ci.
Le suicide
Fif est l’équivalent québécois de « pédé ». Mort ou fif est l’ouvrage du chercheur québécois Michel Dorais. Mort parce qu’il s’agit de la problématique du suicide des jeunes gays. Après avoir recueilli des témoignages de jeunes homosexuels qui parlent de leur tentatives de suicide, le chercheur analyse le motif et le contexte de ces actes désespérés. Il affirme : « ce n’est pas l’homosexualité qui accroît les risques de tentatives de suicide, c’est l’homophobie ». C’est de l’intolérance que rencontre les jeunes gays que naissent leurs gestes de désespoir. L’homosexualité n’est pas le problème, mais le silence, l’indifférence, l’irrespect, l’intolérance que les jeunes gays subissent à l’école, au travail, au sein de la famille sont problématiques.
« Nicolas était depuis des années la cible de propos blessants et homophobes de la part de ses camarades de classe sans que quiconque à l’école intervienne. Etudiant modèle, il ne se plaignait jamais. Ses compagnons le considéraient néanmoins insuffisamment masculin et le bruit courait qu’il était fif. Un jour, alors que sa classe passait à côté de la piscine de l’école, des garçons le précipitèrent dans l’eau, tout habillé. Tout le monde, y compris le professeur, rit un bon coup. Pour Nicolas, humilié et désemparé, ce fut, c’est le cas de le dire, la goutte d’eau qui fit déborder le vase. C’en était trop. Le lendemain, il s’est jeté du haut du pont de chemin de fer qui traversait son village. Après les funérailles, un professeur récemment engagé a, en vain, tenté de sensibiliser l’école à la relation possible de cause à effet entre l’ostracisme dont Nicolas était victime et son suicide. On l’a fortement incité à se taire. L’année suivante, son contrat ne fut pas renouvelé. Cette histoire véritable nous a été racontée par la mère de l’adolescent, mort par suicide, il y a moins d’un an. Il avait quinze ans. »
Pour aller plus loin

 « MORT OU FIF », la face cachée du suicide chez les garçons, de Michel Dorais, VLB Editeur, 130 p.

 « Petit manuel de Gayrilla à l’usage des jeunes. Comment lutter contre l’homophobie au quotidien », de Eric Verdier, Editions H et O
Selon le Swarado, le supplément hebdomadaire du Soir, 22% des homosexuels ont déjà tenté de mettre fin à leurs jours en Belgique.
Les agressions et tortures
En 1999, Norah, ougandaise, membre d’un groupe de défense des droits humains des gays et des lesbiennes a été emprisonnée et torturée parce qu’elle était lesbienne. En Ouganda « les rapports charnels contre nature » constituent une infraction passible d’une peine d’emprisonnement à vie. Ce témoignage nous a été transmis en octobre 1999 : « On m’a gardé dans une petite pièce très sale avec des chauves-souris au plafond. Je suis restée là toute seule pendant environ cinq heures, puis trois hommes sont entrés et ont commencé à m’interroger. Ils étaient terriblement cruels et menaçants (...) En plus, j’ai été battue et j’ai subi des violences sexuelles et physiques. Ils m’ont déchiré mes vêtements, ils ont fait des remarques odieuses, ils disaient par exemple que je devais être punie parce que je refusais aux hommes ce qui leur revenait à bon droit ; ils se demandaient pour qui je me prenais pour oser faire des choses que le président réprouve. Ils m’ont même annoncé qu’ils allaient se relayer pour me passer dessus et me montrer ce que je me privais. »
Plusieurs pays dans le monde (plus de 80) condamnent les pratiques homosexuelles et vont jusqu’à les punir de la peine de mort. C’est ainsi que le Nigéria vient, en mai et juin 2005, de condamner des hommes à la mort par lapidation pour pratiques de sodomie. La communauté internationale s’est à de nombreuses reprises élevée contre ces condamnations, parfois avec succès ( voir par exemple http://www.amnestyinternational.be/doc/article3530.html ). A l’inverse, dans d’autres pays comme la Belgique, diverses lois ont contribué à la normalisation des relations de personnes de même sexe.
Dans certains États, l’homosexualité est toujours un crime et les homosexuels sont vus comme des « hors-la-loi sexuels ». Les agents de l’État les torturent ou les maltraitent pour les forcer à avouer ce qu’ils appellent des « perversions » ; parfois, ils les violent pour les »guérir ». Il convient également de préciser que la torture et les mauvais traitements sont parfois infligés dans et par la famille. L’idée de trahison de la culture pousse certaines familles à planifier des viols (grossesse forcée) ou à commanditer des traitements médicaux forcés.
« Ils m’ont enfermé dans un pièce et l’ont fait venir chaque jour pour qu’il me viole, que je tombe enceinte et que je sois obligée de me marier avec lui. Et tout ça jusqu’à ce que je tombe enceinte... »
Il s’agit de l’histoire vécue par une adolescente zimbabwéenne dans le soi-disant paisible domicile familial. Les instigateurs du viol n’étaient pas des commandants militaires d’un camp ennemi mais les propres parents de la jeune fille qui, déterminés à « corriger » le lesbianisme de leur fille, l’ont fait violer à de nombreuses reprises par un homme plus âgé.136

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de Zam, ce danseur camerounais qui a été contraint de fuir son pays en raison de son orientation sexuelle et qui vit désormais à Bruxelles ? « Zam, c’est un peu « Billy Elliot » au pays des « Lions indomptables » » écrit Hugues Dorzée dans Le Soir du 20 juin 2005. En effet, Zam est passionné par la danse depuis son plus jeune âge et ses talents sont reconnus au niveau international, mais sa « gay attitude » lui a valu mépris, insultes, agressions et menaces. Au Cameroun, l’homosexualité est un délit et le code pénal prévoit des peines de un à six ans de prison. « Mon travail artistique passait au second plan, ce qui les intéressait c’était de savoir si j’étais, ou pas, homosexuel. C’était affreux. » déclare Zam au journaliste du Soir. Aujourd’hui, Zam a créé son asbl « Nyanga Zam » et trouve refuge dans la danse et la chorégraphie. Néanmoins, sa situation en Belgique reste précaire car il est toujours en attente d’une régularisation.
Recherche
Faites une recherche sur l’une des thématiques historiques proposées sur le site www.triangles-roses.org.
n analysez le discours prononcé par Himmler à Bad Tölz,
n la vie homosexuelle à Berlin dans les années 20,
n le camp pour femmes de Ravensbürg,
n l’étude de l’évolution du paragraphe 175.
Pour aller plus loin
Consultez le site d’Amnesty International (www.amnesty.org) pour avoir accès aux différents rapports sur la discrimination envers les minorités sexuelles.
n ÉTATS-UNIS (CALIFORNIE). Une transgenre maltraitée et violée en prison, septembre 2005. (index AI : AMR 51/142/2005)
n NATIONS UNIES. Droits humains des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres. Intervenir auprès des organes de suivi des traités des Nations unies et des procédures spéciales de la Commission des droits de l’homme. Guide pratique, mars 2005. (index AI : IOR 40/004/2005)
n SERBIE-ET-MONTÉNÉGRO. Un silence officiel accueille la campagne d’affichage homophobe, octobre 2004.(index AI : EUR 70/023/2004)
n HONDURAS. L’enfermement des minorités sexuelles, septembre 2004. (index AI : AMR 37/011/2004)
n HONDURAS. Violations des droits fondamentaux des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, septembre 2003.
« Les homosexuels ont-ils plus de possibilités de contracter le SIDA ou d’autres maladies ? »
Non, car les mesures de prévention et les pratiques sexuelles à risque sont les mêmes pour tout le monde.
L’apparition du sida dans les années 80 a permis de faire le jeu des moralisateurs de tout bord. Ils y ont vu une punition divine venant s’abattre sur la communauté homosexuelle accusée « d’actes contraires à la morale qui méritent la mort et l’enfer ».
Il est évident qu’il ne s’agit là que d’une croyance qui ne possède aucun fondement. S’il est vrai que le sida s’est fortement répandu au sein de la communauté homosexuelle au début des années 80, il est impossible de stigmatiser cette communauté en particulier. Le sida peut toucher n’importe qui, quel que soit son orientation sexuelle.
« L’homosexualité est-elle une question exclusivement sexuelle ? »
Non, du moins si on entend la sexualité comme étant une dimension globale de la personne. C’est aussi une question affective avec son lot de sentiments et de comportements. L’amour n’est pas réservé aux hétérosexuel(le)s, comme le sexe ne l’est pas aux homosexuel(le)s.
« Définition de l’hétérosexisme »
L’hétérosexisme est la promotion de la supériorité de l’hétérosexualité comme modèle relationnel. Les discours et les pratiques hétérosexistes créent l’illusion que tout le monde est hétérosexuel en occultant la diversité réelle des orientations sexuelles. L’idéologie hétérosexiste assume qu’il est plus normal, moral ou acceptable d’être hétérosexuel que d’être gay, lesbienne ou bisexuel. Comme le racisme, le sexisme et toute autre forme d’oppression, l’hétérosexisme accorde des privilèges au groupe dominant (les hétérosexuels) et prive les minorités sexuelles des droits humains les plus fondamentaux.
L’hétérosexisme dépasse le sentiment d’homophobie, en ne condamnant et ne jugeant pas les personnes, mais en faisant la promotion d’un modèle à suivre, notion destructrice pour les personnes ainsi marginalisées. Les relations amoureuses entre femmes ou entre hommes recèlent un potentiel de bonheur aussi grand que les relations amoureuses entre hommes et femmes.
C’est sur l’hétérosexisme que la plus grande partie du travail reste à faire, car, bien souvent, il n’est pas conscient. Les manifestations d’hétérosexisme sont multiples dans la société. Les relations entre hommes et femmes sont souvent présentées comme l’unique modèle relationnel. Quant au modèle familial, si la notion de parents séparés a été intégrée depuis longtemps, celle d’homoparentalité est toujours tue ou rejetée. Et pourtant, l’homoparentalité est une réalité en Belgique actuellement. 137
« Comment peut-on combattre l’homophobie et l’hétérosexisme dans les écoles ? »
En introduisant le respect envers les différentes orientations sexuelles et les styles de vie que cela implique. Ainsi qu’en faisant attention au vocabulaire utilisé (lors des cours d’éducation sexuelle par exemple) et en tenant compte que pour chaque explication donnée à un auditoire, il y a des jeunes gays et lesbiennes ou du moins en recherche sur leur sexualité qui écoutent cette explication.
Il y a eu un effort pour éradiquer le sexisme dans le système éducatif, cet effort peut s’appliquer à l’orientation sexuelle.
Le Canada est un pays en avance sur les questions de l’homosexualité abordées à l’école, un dossier pédagogique « Démystifier l’homosexualité, ça commence à l’école » écrit par la sociologue Irène Demczuk, a été créé pour aider le personnel de l’éducation à transmettre des connaissances objectives sur l’homosexualité et contrer les effets dévastateurs de l’homophobie dont sont victimes les jeunes en général et les garçons en particulier.
En plus d’offrir un inventaire de ressources communautaires, adresses de sites Internet, vidéos, livres et films abordant la thématique de l’homosexualité, ce guide pédagogique donne aux enseignants des renseignements précieux qui leur permettront de développer une plus grande aisance à parler d’homosexualité.
Pour en savoir plus
Consultez le site internet du Gris-Montréal : http://www.gris.ca/ PagesFr/guide.htm
En Belgique, selon une étude récente, les Flamands seraient mieux armés pour paler de l’homophobie dans les écoles. Premièrement, il semblerait que les écoles flamandes tolèrent davantage l’homosexualité que les écoles francophones. Ensuite, un large travail de prévention et d’information y est réalisé depuis longtemps. Les pouvoirs publics s’investissent sans tabou. Malgré les avancées législative en matière de droits des personnes homosexuelles, les discriminations font légion. En réponse à cela, la Flandre a édité, depuis 1999, un dossier pédagogique intitulé « je sais qui je suis ».138
Pour en savoir plus :
Consultez le site internet du ministère de l’enseignement flamand : www.klasse.be: tapez le mot « holebi » dans le moteur de recherche interne du site.
« Parler d’homosexualité encourage-t-il nos enfants à devenir homosexuel(-le)s ? »
Beaucoup pensent que parler d’homosexualité, c’est en faire la promotion auprès des jeunes. Cependant, les jeunes parlent déjà d’homosexualité entre eux/elles, et reproduisent souvent des schémas, positifs ou négatifs, véhiculés par les médias. Parler d’homosexualité dans le cadre scolaire, c’est corriger les mauvaises informations et les stéréotypes repris par les jeunes, diminuer leurs angoisses par rapport à ce sujet, et surtout stimuler leur esprit critique sur le thème de l’homosexualité, comme sur ceux du sexisme ou du racisme, par exemple.
Et s’il est vrai que l’adolescence est une période critique de la vie, où la confusion, notamment sexuelle, règne, il serait faux de croire que l’on peut adhérer à l’homosexualité comme on adhère à un courant philosophique ou politique, ou que l’on peut l’attraper comme on attrape une maladie.
La phase de recherche à laquelle de nombreux(-ses) ado¬lescent(e)s se trouvent confronté(e)s peut leur permettre de définir leur orientation sexuelle plus ou moins tôt. Si la sensibilisation aux questions liées à l’homosexualité peut ouvrir les yeux d’un(e) jeune, son choix ne se fera cependant qu’autour de l’acceptation ou non d’une homosexualité déjà présente, de manière consciente ou non, refoulée ou non.
Sensibiliser les jeunes aux questions qui les tourmentaient jusqu’alors les aidera à passer le cap difficile de l’affirmation de leur orientation sexuelle, notamment auprès de leurs proches. Un vieux slogan de campagne de prévention contre l’homophobie aux États-Unis disait : « Gay by Nature ; Happy by Choice » (gay par nature ; heureux(-se) par choix). C’est en effet de cela qu’il s’agit : le seul choix que l’on peut faire autour de l’orientation sexuelle, c’est celui de l’accepter ou non, et d’y trouver son bonheur ou non. Beaucoup d’associations de lutte contre l’homophobie comparent la lutte contre l’hétérosexisme aux luttes pour les droits civiques aux États-Unis dans les années soixante. Coretta Scott King, la veuve de Martin Luther King, toujours active dans la lutte contre les discriminations, s’inscrit dans cette optique. Le combat pour les droits des minorités noires dans les années soixante n’était pas celui pour le renversement de l’oppression, mais bien celui de l’égalité entre les personnes.

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