II.7.2.2. Accès à la santé :

Nous ne sommes pas tous égaux devant la maladie, certains pays comme la Grande-Bretagne ne peuvent offrir des services de soins de santé de qualité dans un délai raisonnable. Il faut noter que de plus en plus de personnes hésitent avant d’aller voir un médecin ou de se rendre à l’hôpital, faute de moyens financiers ou du fait de leur situation sociale, comme les sans-papier ou les sans-abri. Leur santé se dégrade alors plus vite et certains hôpitaux refusent les patients qui ne sont pas couverts par la sécurité sociale.
Les prisons sont des lieux d’isolement mais restent bien évidemment soumis aux mêmes règles que le reste de la société. Par conséquent, les prisonniers, au même titre que n’importe quel autre citoyen, doivent pouvoir avoir accès aux mêmes soins de santé. Il apparaît pourtant que, dans certaines prisons, le droit aux soins et à la santé ne soit pas respecté. La Ligue des droits de l’homme déclare dans le journal Le Soir du 28 juin 2005 : « le principe est qu’il doit exister une équivalence de soins apportés dans le cadre de l’exécution des peines à ceux dont les personnes pourraient bénéficier si elles n’étaient pas détenues. Dans la pratique, c’est une autre histoire. Pourtant l’état de santé de la population carcérale est moins bon que celui de la population en général. ».
L’Observatoire international des prisons a, par ailleurs, mis en avant le problème des consultations médicales pour les détenus. « Chaque jour en France, des personnes détenues - hommes et femmes -ont besoin d’une consultation à l’hôpital. Cela entraîne 55 000 extractions par an et implique d’accompagner le détenu en convoi, de le surveiller pendant les soins et de le ramener à la prison. Dans le but de prévenir les évasions, le garde des sceaux a décidé, par une circulaire du 18 novembre 2004, que le directeur de l’établissement pénitentiaire pourrait imposer, non seulement le maintien des menottes et des entraves, mais aussi la présence des surveillants pendant l’examen et l’entretien médicaux. Seules les femmes qui accouchent échappent à ces mesures. Incidents et évasions lors des extractions seraient-ils à ce point fréquents ? En 2004, sur un total de dix-sept évasions, quatre ont concerné des détenus extraits pour raison médicale. Soit un risque de l’ordre de 0,007 %... »155
Dans un rapport de 1999 intitulé « Les droits fondamentaux des détenus », Amnesty International analysait la situation des femmes en prison au États-Unis. Poussée à l’absurde, la règle voulant que les prisonniers restent menottés pendant des interventions médicales, s’appliquait aussi aux femmes enceintes et même parfois pendant les accouchements. « (Mes) fers ont été enlevés seulement une demi-heure avant l’accouchement », a déclaré à Amnesty International Warnice Robinson, qui a accouché alors qu’elle était incarcérée dans l’Illinois, « (Rendez-vous compte que) je ne pouvais même pas bouger pour essayer de m’installer un peu plus confortablement ».
En décembre 1998, l’administration pénitentiaire de l’Illinois aurait décidé que les femmes enceintes ne seraient plus enchaînées pendant leur séjour à l’hôpital, ni pendant leur transport en direction ou en provenance de l’hôpital. Cependant, cette pratique existe toujours dans les centres de détentions d’autres États.
Cette discrimination basée sur l’accès aux soins de santé que subissent les prisonniers à l’intérieur même des prisons est une atteinte directe à leur dignité et est un traitement inhumain et dégradant.
Recherche
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Pour en savoir plus
n Maison de médecine sociale.
n ATD Quart Monde.
n La Croix-Rouge.
Vidéos/Films
« Philadelphia » de Jonathan Demme (1998)
Chanson
Bruce Springsteen : « The Streets of Philadelphia »

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