II.8.3. La discrimination envers les enfants :

Dans notre pays, si c’est un devoir d’aller à l’école, c’est aussi un droit.
Dans le monde, des millions d’enfants n’ont pas cette chance car leurs parents sont trop pauvres, parce qu’ils doivent travailler ou parce que leur pays est touché par la guerre.
L’article 24 de la Charte des droits fondamentaux stipule que les enfants ont droit à la protection et aux soins nécessaires à leur bien-être. Qu’ils peuvent s’exprimer librement, et que leurs opinions doivent être prises en considération pour les sujets qui les concernent, en fonction de leur âge et de leur maturité. Par exemple, demander leur avis sur le choix de la garde des parents lors du divorce de ceux-ci.
Selon la Convention des droits de l’enfant, les enfants ont le droit de bénéficier de la protection des adultes, mais ne sont pas la propriété de ces derniers.
Il existe de grandes différences dans l’accès à l’éducation. Les enfants des pays pauvres n’ont pas toujours la chance d’aller à l’école alors que dans les pays riches, presque tous les enfants y vont.
Une autre différence concerne la scolarisation des filles et des garçons. La majorité des enfants qui ne vont pas à l’école sont des filles.
En Belgique aussi, même si les droits des enfants sont mieux respectés, il existe des différences. Par exemple, un enfant issu de l’immigration aura parfois moins de chance de réussir qu’un enfant belge. Il existe aussi de nombreuses discriminations entre les enfants issus de milieux sociaux différents. Par exemple, un enfant d’ouvrier aura moins de chance de réussir qu’un enfant dont les parents sont enseignants ou exercent une profession libérale. Mais il ne faut pas pour autant avoir une attitude fataliste, il y a évidemment des enfants d’immigrés et d’ouvriers qui réussissent très bien leur parcours scolaire.
Débat
D’après vous, quelles peuvent être les raisons de cette tendance ?
Pour en savoir plus
Visitez les sites internets suivants :
www.altereduc.be
www.whatdoyouthink.be

D’après l’UNICEF, en donnant une éducation aux enfants, c’est la société qu’on améliore, car quand les enfants peuvent aller à l’école, l’économie va mieux et il y a moins d’enfants qui meurent. L’éducation est aussi un facteur important pour protéger les enfants des formes dangereuses et intolérables de travail et d’exploitation (prenons l’exemple des enfants soldats ou des enfants mineurs).
D’après la Convention relative aux droits de l’enfant, l’éducation doit être accessible pour chaque enfant et l’enseigne¬ment doit favoriser l’épanouissement personnel de l’enfant et le développement de tous ses dons. Il doit préparer l’enfant à une vie adulte active dans une société libre et encourager en lui le respect de ses parents, des autres et de l’environnement dans lequel il vit.
Pourquoi tant d’enfants ne vont pas
à l’école ?
Il y a 4 facteurs principaux :
1. Pour cause de pauvreté
2. Pour cause de guerre ou d’épidémies
3. Pour des raisons d’inégalités et de discriminations, en effet, les filles, les enfants étrangers ou appartenants à des ethnies différentes, les enfants handicapés ou malades n’ont pas les mêmes chances que les autres enfants dans de nombreux pays.
4. Dans certains pays ou régions, la qualité de l’enseignement est médiocre (pas d’accès aux matériaux scolaires de base), les parents préfèrent alors envoyer leurs enfants travailler. L’éloignement du lieu d’enseignement est aussi un facteur important.
L’analphabétisme est un véritable handicap car les personnes analphabètes n’ont pas accès aux informations du quotidien. Elles ne peuvent lire une offre d’emploi ni y répondre, même chose pour la notice d’un médicament ou un papier officiel. Ces personnes sont donc discriminées dès le départ par leur incapacité d’accès aux informations de base.159
Débat

Quel est le rôle des parents, enseignants et élèves dans l'éducation?

Les enfants sont en droit de bénéficier d’une protection spéciale ; leur jeunesse et leur inexpérience les rendent en effet particulièrement vulnérables et certaines formes de traitements peuvent avoir des conséquences plus graves pour un mineur que pour un adulte. Des garanties supplémentaires sont nécessaires, et prévues par diverses normes internationales, pour protéger les enfants. Pourtant, les violences à leur égard sont récurrentes : des mineurs sont torturés par la police ou d’autres forces de sécurité, victimes de brutalités ou d’atteintes sexuelles de la part de leurs parents, de leurs enseignants ou de leurs employeurs, lorsqu’ils ne sont pas mutilés, tués ou transformés en tueurs par la guerre.
Il n’y a pas de proies plus faciles que des enfants ou des adolescents appartenant à des groupes marginalisés. Certains mineurs sont des victimes à double titre : d’abord de la pauvreté constante et de la discrimination qui les rendent vulnérables à la torture et aux mauvais traitements, puis de l’injustice et de l’impunité qui permettent aux tortionnaires de continuer à sévir impunément.160
A ce sujet voir les rapports d’Amnesty disponible sur www.amnesty.org:
n CÔTE D’IVOIRE. Arrêtez l’utilisation des enfants soldats, mars 2005. (index AI : AFR 31/003/2005)
n LIBÉRIA. « Le but, c’est la paix, dormir sans entendre des coups de fusil, envoyer nos enfants à l’école ; voilà ce que nous voulons. », décembre 2003. (Index AI : AFR 34/024/2003)
Quelques exemples
En Russie : selon les normes internationales, les enfants ont droit à des protections particulières, mais les enfants détenus par la police russe se voient refuser cette protection. Ils n’ont pas droit à la présence d’un avocat ni d’un parent lors des interrogatoires. On peut donc imaginer ce qu’il se passe durant ces interrogatoires. (Libertés ! Russie novembre 2002).
En 2001, on comptait 17000 enfants condamnés et emprisonnés, pour des délits relativement mineurs, dans des conditions de détentions effrayantes.
Le 14 septembre 2000, Sergei Kalinin, 16 ans, a été arrêté par la police de Moscou pour avoir volé une voiture. Il fut torturé durant sa détention pour qu’il avoue les vols d’autres voitures. Le 28 mai 2001, il a été reconnu coupable de vol et condamné à 3 ans de prison dans un centre pour jeunes. Aujourd’hui libéré, Sergei a dénoncé les actes de torture dont il avait été victime. Mais à ce jour aucune enquête n’a été ouverte. 161

En Belgique, il existe des Instituts publics de protection de la jeunesse, certains sont fermés, d’autres semi-ouverts. On y envoie des jeunes qui ont commis une infraction qui, selon une décision de justice, nécessite une peine d’enfermement. Même si le but recherché est la réinsertion du jeune et son éducation, les IPPJ ne répondent pas toujours à ce besoin de réinsertion.162
Débat
En dehors de l’enfermement, quelles sont les autres peines possibles pour sanctionner un jeune ?

En Belgique toujours, vient d’être inauguré le deuxième centre d’accueil consacré à l’observation et à l’orientation des mineurs étrangers non accompagnés. Actuellement, 26 jeunes y séjournent. Le centre dispose d’une capacité de 50 places. Les mineurs y séjournent environ deux semaines et sont ensuite orientés vers une autre structure d’accueil mieux adaptée à leur situation personnelle. Le centre a trois rôles importants à jouer. On y vérifie d’abord si le jeune est effectivement mineur d’âge. Il est ensuite placé en observation, afin que le personnel puisse se forger une idée sur lui et sur son histoire. Ensuite, s’il s’agit d’un demandeur d’asile, il sera transféré vers un centre d’accueil pour demandeurs d’asile mineurs non accompagnés. Si ce n’est pas le cas, il sera orienté vers une famille, un centre d’aide à la jeunesse ou vers un logement individuel.163
Recherche
Connaissiez-vous l’existence de ces centres ? Renseignez-vous sur la procédure et le parcours des demandeurs d’asile.
Que pensez-vous de l’existence de ce type de centre pour mineurs ou pour adulte ? Existe-t-il d’autres solutions (dans d’autres pays par exemple) ?
Pour vous aider : www.fedasil.be
En Belgique encore, au mois d’avril 2005, 48 enfants étaient détenus dans les centres de détention pour étrangers au mépris total des règles internationales. Un rapport réalisé en 1999 par le centre de guidance de l’Université Libre de Bruxelles assimile ces détentions à de « la maltraitance psychologique ». L’intérêt de l’enfant n’est pas pris en compte, l’accueil, l’hébergement et la prise en charge de ces mineurs sont insuffisants.164
Recherche
Qu’est-ce qu’un centre de détention pour étrangers ? Que pensez-vous des expulsions forcées ?
Autres exemples
n Les enfants sorciers : http://www.amnestyinternational.be/ doc/article205.html
n Recherche d’une réponse sociale à la mendicité des mineurs, par Frédérique Van Houcke, Journal du droit des jeunes, mai 2005
Action positive
1) L’asbl Mosaic, a pour objectif d’enrayer le phénomène d’exclusion entre le Canal et la place Simonis, le boulevard Léopold II et la chaussée de Ninove, à Bruxelles. Mosaic est le résultat de la réflexion d’un ancien professeur, Christian Vercruysse. Celui-ci a vu en quelques années la population de ce quartier passer de la petite bourgeoisie à une forte proportion d’immigrés. Les phénomènes de décrochage scolaire et social qui s’ensuivirent poussèrent Christian à quitter l’école pour s’attaquer de front à cette réalité.
Proposer aux jeunes des alternatives à l’exclusion, leur donner des pistes pour découvrir d’autres voies, d’autres valeurs, telle est la mission de l’asbl Mosaic. Un outil de travail essentiel de Mosaic est le « drama ». Cette discipline fait partie intégrante du cursus scolaire en Grande-Bretagne. Il s’agit d’une méthode pédagogique qui explore le ludique et l’artistique pour découvrir les potentialités, aptitudes et capacités de chacun. En exprimant son propre vécu dans le jeu dramatique, le participant apprend aussi la tolérance, l’ouverture à l’autre. Mosaic ne met aucune porte, aucune censure dans l’exercice du drama. Cela permet le défoulement, l’expression libérée des sujets les plus tabous.165
2) « What do you think » est une initiative de l’UNICEF née en 1999 visant à impliquer les enfants et les jeunes de Belgique dans l’évaluation du respect de leurs droits. Concrètement, ce projet interroge les enfants et les jeunes sur le respect de leurs droits et les problèmes qu’ils voient ou qu’ils vivent et rassemble leurs idées, souhaits et leurs propositions. Leurs revendications sont ensuite transmises aux responsables politiques en Belgique mais aussi au Comité des droits de l’enfants à Genève (organe des Nations Unies qui veille à la bonne application de la Convention des droits de l’enfant dans le monde).
What do you think, UNICEF Belgique : www.whatdoyouthink.be
3) « Place aux enfants » est une journée organisée chaque année dans le but de faire découvrir aux enfants le monde des adultes.
4) De nombreuses communes ont leur conseil communal d’enfants, c’est-à-dire un conseil qui rassemble des enfants de la commune afin d’écouter leur avis. (ex : http://www.perwez.be/ html/cons_jeune/reunion_n5.htm )
Débat
Y a-t-il des lieux d’expression pour les enfants dans votre école ou votre commune ?

Pour aller plus loin :
Droit de l’enfant : http://hrw.org/french/docs/2001/09/28/ global8418.htm
Bibliographie
n 15 millions d’enfants à défendre (Claire Brisset). Claire Brisset est présidente de l’Autorité administrative « défenseur des enfants », institution indépendante au service des droits de l’enfant. A travers son ouvrage, Claire Brisset brosse un tableau sans concession de la situation de l’enfance en France. Elle appelle à une véritable mutation des mentalités. Edition Albin Michel - 2005

Marathon 2017 : SIGNEZ POUR LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Cette année, les 10 individus en danger du Marathon des lettres sont des défenseurs des droits humains. Ils ont tous besoin de votre aide. Nous vous proposons de signer pour eux, en un seul clic.