II. 9. Discriminations selon le physique : (obésité, laideur, petite taille, stigmate)

Pourquoi les faiseurs d’images, les publicitaires, les designers, les couturiers nous mettent-ils mal à l’aise avec notre corps ? Qui les autorise à définir les normes de notre physiologie en vantant la jeunesse éternelle où les rides, la cellulite et les poils sont bannis comme la peste ? tes-vous capables d’être femme sans rondeurs ? D’enfanter sans grossesse ? De vieillir sans rides ?
Le physique explique qu’on s’intéresse à une personne plutôt qu’à une autre. Certaines apparences ne collent pas toujours aux préférences standards : trente kilos de trop, une tache de vin sur le visage ou autre look ou « imperfection » sortant des normes peuvent causer bien des déconvenues.
Dans cette partie nous aborderons d’une part les stigmates physiques tels que l’obésité ou l’anorexie, la laideur, la taille (trop petit, trop grand), un visage disgracieux (grand nez, bec de lièvre, tache de vin, etc), un look trop extravagant et d’autre part les façons visibles de stigmatiser un groupe social (uniforme par exemple).
Mais qu’est-ce qu’un stigmate ?
Un stigmate, au sens originel, c’est une marque corporelle, gravée selon une pratique très ancienne au couteau ou au fer rouge. Le stigmate identifiait son porteur (criminel, félon) et était à la fois le témoin et le moyen de sa mise à l’écart de la société.
Dans nos sociétés modernes, des stéréotypes, une perception péjorative de la différence, une mauvaise réputation, sont trop souvent encore associés à de nombreuses catégories de personnes (étrangers, obèses, SDF, handicapés, gens du voyage, etc) et fonctionnent comme autant de stigmates contribuant à leur exclusion.
Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l’accident, les stigmates de l’alcoolisme ou de la drogue, il y a la peau du Noir, l’étoile du juif, l’apparence de l’homosexuel. Tous ces stigmates assignent une place dans la société à ceux qui les portent.
Sources : J-C. CROIZET, Mauvaises réputations : réalités et enjeux de la stigmatisation sociale, Paris, Armand colin, 2003.