Ernest Manirumva

Au Burundi, les mesures de répression visant les détracteurs du gouvernement, notamment les militants de la société civile et les journalistes, sont vives. Par ailleurs, de lourds soupçons de corruption pèsent sur l’appareil judiciaire et les autorités s’abstiennent d’enquêter sérieusement sur les affaires politiquement sensibles.

Ernest Manirumva

Ernest Manirumva a payé de sa vie ses enquêtes sur des cas de corruption au sein de la police. Si des condamnations sont tombées depuis lors, toutes les responsabilités n’ont pas été établies.

Le corps poignardé d’Ernest Manirumva, vice-président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques, a été découvert le 9 avril 2009. Peu avant sa mort, il enquêtait sur des affaires de corruption policière et de tentatives d’achat illégal d’armes à feu en provenance de Malaisie par la police. Le gouvernement du Burundi a pris certaines mesures pour identifier les responsables de ce meurtre, mais les organisations de la société civile ont toujours reproché aux autorités de ne pas avoir exploré toutes les pistes et de ne pas avoir mené une enquête indépendante.

Le 14 juillet 2010, s’est ouvert à la Cour d’appel de Bujumbura le procès de 16 suspects parmi lesquels figuraient des policiers, des civils et des combattants démobilisés. Cependant, les groupes de la société civile, membres de la campagne « Justice pour Ernest Manirumva », ont insisté sur le fait que d’autres suspects, tels que de hauts responsables des services de sécurité et de la police nationale, n’avaient pas été inculpés. Le 22 mai 2012, quatorze personnes ont été condamnées, mais les sentiments de déception et de frustration dominent alors que des irrégularités de procédure mettent sérieusement en doute l’impartialité du tribunal.

Venez signer pour que le procès entourant le meurtre d’Ernest Manirumva soit mené dans des conditions qui permettent de condamner toutes les personnes ayant une responsabilité dans ce crime !