Myanmar. Des travailleurs des médias emprisonnés dans le cadre d’une répression contre la liberté d’expression

La condamnation de cinq travailleurs des médias au Myanmar à une peine de 10 ans de prison assortie de travaux forcés pour « divulgation de secrets d’État » fait du 10 juillet une journée noire pour la liberté d’expression dans le pays, a déclaré Amnesty International.

Un tribunal de la ville de Pakokku a prononcé le 10 juillet la condamnation de quatre journalistes et du directeur général du journal Unity – Lu Maw Naing, Yarzar Oo, Paing Thet Kyaw, Sithu Soe et Tint San.

Arrêtés entre le 31 janvier et le 1er février 2014, ils ont été inculpés d’avoir bafoué la Loi de 1923 relative aux secrets d’État, au lendemain de la publication dans les pages de Unity d’un article sur une usine d’armes chimiques qui serait implantée dans la région de Magway (Magwe).

« C’est un jour très sombre pour la liberté d’expression au Myanmar. Ces cinq journalistes n’ont rien fait d’autre que de couvrir un sujet d’intérêt public, a déclaré Rupert Abbott, directeur adjoint du programme Asie-Pacifique.

« Amnesty International considère ces cinq hommes comme des prisonniers d’opinion et demande leur libération immédiate et inconditionnelle.

« Les condamnations prononcées jettent le doute sur les promesses du gouvernement allant dans le sens d’un meilleur respect des droits humains dans le pays. Elles témoignent d’une répression plus vaste contre la liberté des médias depuis le début de l’année, bien que le gouvernement affirme que ces pratiques vont cesser.

« Les autorités continuent de s’appuyer sur des lois draconiennes afin de réduire au silence les opinions dissidentes ou d’entraver le travail journalistique, à l’instar du précèdent gouvernement militaire. Elles doivent abroger ou modifier les lois qui restreignent de manière illégale les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. »

Complément d’information

Bien que le président Thein Sein ait promis en 2013 qu’il n’y aurait plus de prisonniers d’opinion au Myanmar d’ici la fin de l’année, les arrestations et les détentions de militants pacifiques et de défenseurs des droits humains se poursuivent.

Amnesty International est particulièrement préoccupée par l’arrestation et la détention de journalistes et de travailleurs des médias. Le 8 juillet 2014, trois rédacteurs en chef du journal Bi Mon Te Nay auraient été arrêtés pour avoir publié la veille un article assurant que la dirigeante de l’opposition Aung San Suu Kyi et certains leaders ethniques avaient été nommés au sein d’un gouvernement provisoire.

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Amnesty demande notamment qu’Ahmadreza Djalali soit libéré, à moins qu’il ne soit inculpé en vertu du droit pénal, et qu’il ait droit à un procès équitable. Signez !