La torture infligée par la police

Les enfants suspectés d’actes criminels - ou détenus sous ce prétexte - encourent souvent le risque d’être torturés ou de subir des mauvais traitements. Les policiers sont responsables de la plupart des cas de tortures.

Une forme de torture habituelle et en rapide extension commise à l’encontre des enfants est de battre les suspects et les marginaux sociaux dans les geôles de la police. Les coups peuvent être sévères, même mortels. Des enfants ont été frappés à coups de poing, de baguettes, de bâtons de chaise, de crosses de fusils, de fouets, de tuyaux de fer et de cordons électriques. Des enfants détenus par la police ont également été brûlés par des cigarettes ou par l’électricité, exposés à des conditions extrêmes de chaleur et de froid, privés de nourriture, de boisson ou de sommeil, ou forcés à rester debout, assis ou suspendus durant de longues heures dans des positions malaisées. Les garçons comme les filles sont sujets aux viols et aux abus sexuels. Une vraie menace de viol peut être la cause d’un traumatisme psychologique assimilable à la torture.

Dans certains pays à travers le monde, les enfants sont soumis de manière commune à la torture et aux mauvais traitements lorsqu’ils sont en détention. En Turquie, des garçons et des filles de 14 ans auraient été dénudés, assaillis sexuellement et menacés de viol. Au Pakistan, les enfants détenus par la police sont souvent abusés sexuellement, battus, suspendus à l’envers, gardés entre des barres de fer et fouettés avec des lanières de caoutchouc. Les violences ont souvent des conséquences fatales. En novembre 1998, Vladimir Popov, âgé de 17 ans, est mort après avoir passé deux jours dans une cellule à Ekaterinenbourg dans la région de Sverdlovsk en Russie. La police a prétendu que Vladimir avait sauté volontairement à travers la fenêtre du 3e étage du poste de police. Cependant, une autopsie a montré plusieurs blessures sur son corps dont la famille dit qu’elles ne peuvent avoir été causées par la prétendue chute. Une enquête criminelle a été ouverte mais ensuite close, faute de preuves.

La torture et les mauvais traitements infligés aux enfants sont parfois intensifiés en raison de la discrimination qu’ils subissent parce qu’ils sont pauvres ou appartiennent à des minorités raciales ou religieuses. Les enfants des rues, en particulier, sont sujets aux arrestations arbitraires et aux mauvais traitements. On estime à cent millions les enfants qui vivent et qui travaillent dans la rue, et qui survivent grâce à la mendicité, la petite délinquance ou la prostitution, toutes activités qui éveillent régulièrement l’attention de la police.
Les abus racistes sont parmi l’un des éléments relevés par Amnesty International dans un certain nombre de cas de torture et de mauvais traitements. Un étudiant angolais de 17 ans, connu sous le pseudonyme de "Didier" afin de le protéger des représailles, dit qu’il a été battu jusqu’à l’inconscience par des policiers suisses et a fait l’objet de violences racistes après avoir été mis en détention sous la suspicion d’avoir participé à un combat de rue. Didier déposa une plainte contre la police mais, bien que le Procureur général de Genève ait ordonné une enquête préliminaire, il ordonna ensuite de la clore sans interroger Didier au sujet de ses allégations. Didier fit appel et, en août 2000, une cour genevoise a ordonné qu’un magistrat instructeur exécute une enquête exhaustive.

L’une des situations les plus graves de terreur et de violence s’est produite en Sierra Leone. Tout au long des neuf années de guerre civile, les enfants ont souffert de manière disproportionnée et à une échelle sans précédent. Des milliers d’entre eux ont été tués ou ont fait l’objet de mutilations, viols et enlèvements au cours de campagnes d’atrocités systématiques commises en grande partie par les forces rebelles. Pratiquement toutes parmi les milliers de filles et de femmes enlevées par les forces rebelles ont été violées et asservies à l’esclavage sexuel.

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