L’impunité et les effets de la torture sur les enfants

L’une des caractéristiques qui unit les enfants qui ont été torturés - en quelle que circonstance que ce soit - est l’impunité quasi générale dont jouissent ceux qui les ont torturés ou maltraités.

Les tortionnaires savent qu’ils peuvent maltraiter les enfants parce que ceux-ci - quelle que soit leur appartenance sociale - ont rarement les moyens adéquats de se protéger ou d’obtenir réparation. Un enfant qui a été abusé ou torturé sera probablement affolé et craintif et n’aura pas la confiance en lui nécessaire pour accuser un adulte, particulièrement un adulte investi des pouvoirs de l’État. Beaucoup de victimes restent tranquilles parce qu’elles ont été menacées d’autres violences à leur encontre ou à l’encontre de leurs familles si elles racontent à quelqu’un ce qu’il s’est passé. Des allégations de torture infligées par des policiers sont généralement examinées par les collègues et même les complices du suspect. Les enfants se trouvant dans des centres de détention et qui ont été maltraités ou soumis à des conditions très dures sont en général obligés de se plaindre à leurs gardiens qui peuvent être eux-mêmes les responsables des mauvaises conditions ou des abus. Les enfants qui se plaignent deviennent souvent des victimes ; certains sont battus, privés de nourriture ou obligés de passer des jours ou des semaines dans l’isolement.
L’hypothèse selon laquelle un enfant n’est pas un témoin fiable mène souvent au fait que leurs plaintes ou leurs demandes ne soient pas crues ou simplement ignorées.

Les effets de la torture sur les enfants

En raison de leur vulnérabilité, les enfants sont particulièrement sujets aux effets physiques et psychologiques de la torture. La personnalité de l’enfant, ses capacités intellectuelles et sociales sont encore en développement, et une expérience traumatisante peut altérer ce développement à un stade fondamental. Au plus tôt cela se produit, au plus il est probable que cela entraîne des conséquences durables et inattendues. Ce qui se passe dans l’enfance détermine la personnalité future et les capacités de l’adulte, combien il sera dépendant des autres, et dans quelle mesure il sera capable d’aider les autres. Des jeunes enfants qui ont traversé une guerre peuvent assimiler l’idée que tuer constitue la façon normale de résoudre des conflits.
Les adolescents qui voient leur communauté ou leur manière de vivre complètement détruites, peuvent penser qu’ils n’en ont pas fait assez pour se protéger eux-mêmes, leurs familles et leurs amis, et ils peuvent être submergés par le désespoir, la culpabilité et la dépression. Les enfants de tous âges qui ont été les victimes ou les témoins d’actes de torture ou de brutalité trouvent souvent difficile de développer la confiance dans les autres, ce qui peut affecter leur capacité à se faire des relations sociales proches.

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