BRESIL

Info-bulletin n°2 Janvier 2003

Info-bulletin n°2
BRESIL

Le 1er janvier, le nouveau président brésilien, Luiz Inácio ’Lula’ da Silva, est investi et dès le lendemain il reporte l’achat de plusieurs avions militaires par le gouvernement. L’ex syndicaliste Lula et plusieurs de ses ministres commencent leur législature en visitant plusieurs ’favelas’, les quartiers misère, dans le nord du pays, appauvri notamment par la sécheresse. Lula forme un gouvernement très varié ; avec des ministres de son parti, le Parti des Travailleurs (PT), des personnalités des secteurs libéraux, des économistes et entrepreneurs, et même le chanteur Gilberto Gil comme ministre de la Culture ; qui est bien accueilli par l’ opinion aussi bien au Brésil qu’à l’extérieur. Son premier objectif est le programme ’Faim Zéro’ pour combattre la pauvreté de près d’un tiers du pays, mais il doit aussi prendre des mesures de rigueur économique pour contrer l’inflation et la dette.

Sur la scène internationale, il commence son mandat en prenant le rôle de médiateur dans la crise vénézuélienne. Il est curieux d’observer qu ’après avoir provoqué la panique dans les milieux financiers, les organismes créditeurs internationaux et les milieux investisseurs étrangers avant d’être élu, Lula a rassemblé l’approbation de ceux-ci. La région latino-américaine, avec les crises en Argentine, Colombie, Venezuela, le nouveau gouvernement en Equateur et les leaders de gauche de ces deux derniers, ne pourrait pas se permettre une explosion dans le presque continent brésilien. Dans cet état des choses, Lula se présente non seulement comme un facteur de stabilisation pour son pays, mais aussi pour toute la région. Dans ce contexte, il a porté l’initiative de créer le groupe de pays amis du Venezuela, pour aider à trouver une solution à la crise entre le gouvernement du président Chavez et la forte opposition.

Fin janvier, avant d’aller à Davos (Suisse) au Forum Economique Mondial, qui rassemble les leaders politiques et économiques du monde, Lula a été au Forum Social Mondial "pour un autre monde" et contre le néolibéralisme, qui est célébré depuis trois ans à Porto Alegre (sud du Brésil).

Au niveau régional, les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) ainsi que des deux États associés (Chili, Bolivie) ont signé en décembre un accord pour favoriser la libre circulation des citoyens. Il ne s’agit pas encore d’un accord de libre circulation comme il existe dans la communauté européenne, mais qui permettra aux citoyens d’un état du Mercosur résidant dans un autre pays de la communauté de pouvoir régulariser sa situation et d’obtenir des papiers de résidant. Les bénéficiaires seraient quelque 2,5 millions d’immigrants illégaux dans des nations voisines. Cet accord devrait avoir un impact social et humanitaire important en marquant la fin de conditions qui favorisent l’exploitation et la marginalisation de citoyens d’états voisins qui sont souvent victimes de policiers et de fonctionnaires de l’immigration corrompus et qui ne bénéficie généralement pas de la possibilité d’accéder aux soins médicaux.

Dans le pays, début janvier trois adolescents ont tué un indigène "pour s’amuser " dans le sud du pays, tandis qu’à Rio de Janeiro, un affrontement entre la police et une bande de narcotrafiquants a fait 12 morts, dont un agent, dans une ’favela’.
Dans l’ouest du pays, huit paysans détenus depuis juillet sans procès accusés d’avoir volé de la nourriture ont été libérés.

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