Le Président de la FEBEM répond aux nouvelles allégations de torture

Le Président de la FEBEM répond aux nouvelles allégations de torture

AMR 19/004/2005

En janvier 2005, une série d’événements se sont produits, qui concernaient plusieurs centres de détention du système pénitentiaire pour les mineurs délinquants, la Fundação Estadual do Bem-Estar do Menor (FEBEM, Fondation brésilienne pour la protection des mineurs). 42 monitores (surveillants) ont alors été inculpés de tortures. 13 autres monitores ont été inculpés pour n’être pas intervenus. Le 30 janvier, le président de la FEBEM, le docteur Alexandre de Moraes, a annoncé un ensemble de mesures visant à réformer le système.

Dans la nuit du 11 au 12 janvier, un grand nombre de détenus auraient été battus par des monitores du centre de détention FEBEM de Vila María, São Paulo. Les allégations ont été portées le lendemain et ont amené le Secrétaire à la Justice de l’Etat de São Paulo et président de la FEBEM, le docteur Alexandre de Moraes, à inspecter à l’improviste plusieurs locaux du centre de détention FEBEM de Vila María. Pendant la visite, plusieurs bâtons de fortune ont été découverts dans des pièces auxquelles seuls les membres du personnel avaient accès. Le syndicat des monitores a prétendu que ces bâtons avaient été confisqués aux détenus lors d’une inspection menée par les monitores.

Toutefois, une enquête menée par l’Institut médico-légal (IML, Instituto Médico Legal) auprès de 111 détenus de Vila María a révélé que la tête, le visage et le corps de 84 d’entre eux portaient des traces de violences .

Plus ou moins à l’heure de la visite, une mutinerie de détenus s’est produite s’est produite dans des centres de détention de la FEBEM, notamment celui de Tatuapé. Lors de cette rébellion, un grand nombre de détenus ont été blessés, dont certains très grièvement. L’un de ces derniers est mort deux jours plus tard. Le président de la FEBEM , de Moraes, et le Responsable du Parquet chargé des cas concernant des adolescents, Wilson Tafner, auraient émis l’hypothèse que la rébellion pouvait fort bien avoir un rapport avec la visite faite à l’improviste.

Le lendemain, des unités spéciales de la police ont arrêté 23 monitores accusés de torture. Fin janvier, 16 d’entre eux étaient en détention, mais sept autres étaient encore en liberté. En tout, plus de 40 monitores ont été inculpés de tortures. En outre, des centaines de membres du personnel ont été licenciés et remplacés par de nouveaux monitores . Ceux qui sont restés recevront une nouvelle formation. Suite aux arrestations et aux accusations, des responsables syndicaux ont brandi la menace d’une grève du personnel des centres de détention. Le 14 janvier, il y a effectivement eu, le matin, une grève de courte durée .

Amnesty International a envoyé une lettre dans laquelle elle accueillait avec satisfaction le fait que le Secrétaire à la Justice et président de la FEBEM avait pris une position ferme contre le recours à la torture. L’Organisation a aussi salué la fermeté dont il a fait preuve en faisant procéder à une enquête sur les allégations de tortures qui auraient été perpétrées à Vila María.

Dans les jours qui ont suivi, la situation est demeurée explosive : une bagarre a éclaté entre deux groupes de détenus dans le centre de détention FEBEM de Tatuapé, et une évasion massive de 202 détenus du centre de détention de Vila María a eu lieu. On a avancé l’idée que le personnel de la FEBEM avait pu aider les détenus à s’échapper pour (disait-on), les empêcher de témoigner. Quand ils ont été repris, les détenus auraient nié toute implication des monitores . Fin janvier, 116 évadés avaient été repris et remis en détention.

Fin janvier, le président de la FEBEM, de Moraes, a annoncé une série de mesures visant à reprendre en main et réformer le système de détention des adolescents délinquants . Quatre unités de la FEBEM ont été affectées à l’hébergement des détenus de plus de 18 ans, car on estime qu’ils ont une mauvaise influence sur leurs co-détenus. La sélection se fondera uniquement sur leur comportement depuis leur placement dans le système de la FEBEM. Cette mesure s’opposerait à la recommandation d’AI visant à regrouper les détenus en fonction de leur condamnation. Cette mesure ne devrait être que provisoire, de Moraes ayant déjà demandé l’autorisation de transférer les plus de 18 ans dans le système carcéral ordinaire. Un cinquième bloc accueillera les détenus du même type, mais âgés de moins de 18 ans.

Une autre unité séparée va, en outre, être construite pour les détenus qui présentent des problèmes de santé mentale et le président de la FEBEM veut travailler avec les organisations regroupant les mères de détenus, les groupes de défense des droits humains, et des représentants des services du Responsable du Parquet. Enfin, il a annoncé la mise en place de structures éducatives pour les détenus.

Un fait important s’est produit le 13 janvier : dix anciens monitores de la FEBEM ont été reconnus coupables de tortures pratiquées dans les locaux du centre de détention FEBEM de Parelheiros en 2002. Ils ont été condamnés à des peines d’emprisonnement allant de 4 ans et 8 mois à 15 ans et 5 mois. Un seul des anciens monitores, cependant, était en prison au moment où la condamnation a été prononcée. Les mandats d’arrêt ont été lancés, mais aucune arrestation n’a eu lieu.

Le responsable du Parquet qui a requis dans cette affaire a été nommé par le Procureur général pour prendre en charge l’affaire des monitores du complexe de la FEBEM de Vila María. Cette nomination semble avoir été motivée par les similitudes entre les mauvais traitements et les méthodes de torture pratiqués dans les deux centres de la FEBEM. 

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

Rapport détaillé d’AI sur la FEBEM : « Des vies gâchées » AMR 19/14/00, SF 00 RN 90, juillet 2000. Les AU les plus récentes sont : UA 28/04, AMR 19/002/2004, 22 janvier 2004, et son suivi AMR 19/004/2004, 2 mars 200 ; UA 19/03, AMR 19/002/2003, 21 janvier 2003.


ENVOI DE LETTRES

Veuillez envoyer des lettres :

Au Secrétaire à la Justice de l’Etat de São Paulo/Président de la FEBEM :

  Expliquez que vous écrivez en liaison avec la réponse apportée par le Secrétaire à la Justice/ Président de la FEBEM aux allégations de torture d’adolescents dans l’unité 41 du Centre de Vila María, le 11 janvier 2005.

  Approuvez chaudement la déclaration vigoureuse contre la torture et les dispositions énergiques qu’ils a prises pour l’ouverture d’une enquête sur les allégations de torture dans l’unité 41 du Centre Vila María.

  Demandez à être tenus informés des progrès de cette enquête.

  Demandez des précisions sur l’ensemble des mesures destinées à la reprise en main et à la réforme de la FEBEM.

  Insistez sur la nécessité de placer ces mesures en conformité avec le Statut des enfants et adolescents (Estatuto da Criança e do Adolescente, ECA) .

Secrétaire d’État à la Justice de l’État de São Paulo :

Alexandre de Moraes

Secretário de Justiça e Defesa da Cidadania

Pátio do Colégio 148/184, Centro

01016-040, São Paulo - SP

Brésil

Fax : +55 11 3106 5181

Formule d’appel : Exmo. Sr Secretário, / Monsieur le Secrétaire d’État,

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées

Marathon 2017 : SIGNEZ POUR LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Cette année, les 10 individus en danger du Marathon des lettres sont des défenseurs des droits humains. Ils ont tous besoin de votre aide. Nous vous proposons de signer pour eux, en un seul clic.