Aux parlementaires soudanais : Protégez le Darfour !

NE PLUS AGIR POUR CETTE ACTION !

• En réaction à des attaques lancées en 2003 par des groupes rebelles, le gouvernement soudanais a armé et soutenu les milices janjawids qui ont attaqué des populations spécifiques du Darfour.

• Depuis, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées, essentiellement par les Janjawids et les forces gouvernementales. Des milliers de femmes et de jeunes filles ont été violées. Plusieurs millions d’individus ont dû quitter leur foyer.

• En mai 2006, le gouvernement soudanais et une faction rebelle ont signé un accord de paix.

Mais les violences continuent de s’aggraver. Ces quatre derniers mois, plus de 80 000 personnes ont été déplacées au Darfour, parfois pour la deuxième ou la troisième fois.
• À l’heure actuelle, plus de deux millions de personnes déplacées se trouvent dans des camps ou diverses agglomérations. Cela fait plus de trois ans qu’elles ne peuvent pas retourner dans leur village.

• C’est aussi le règne de la peur : dans de nombreuses zones du Darfour, les déplacés n’osent pas quitter les camps car les milices janjawids occupent les environs, qui sont totalement dépeuplés désormais.

• Lorsque les gens sortent des camps, les Janjawids les attaquent. Les femmes sont très souvent violées.


Il est possible de changer cette situation !
La population du Darfour demande que la sécurité soit assurée dans les camps. Ces personnes veulent pouvoir revenir sans risque dans leur foyer. Elles souhaitent également que les Janjawids soient désarmés. Une force de maintien de la paix efficace, chargée de protéger les civils, pourrait commencer à assurer cette sécurité.

Darfuri women refugees at Koukou refugee camp ©AIContexte

Au moment où l’Assemblée nationale va entamer une nouvelle session, nous nous adressons à deux Comités parlementaires (paix et réconciliation, droits humains). Relayant l’opinion internationale, nous leur demandons d’utiliser leur position de décideurs pour changer la situation.
Passez à l’action !

Imaginez. Vous êtes un membre du Parlement soudanais. Vous recevez des milliers de lettres du monde entier. Ces lettres vous demandent de faire votre travail et de parler au Parlement des atrocités qui ont lieu dans votre pays. Vous pouvez contribuer à cette action ! Envoyez vos appels à :

1) M. Ali Ahmed al Sayed (président du Comité pour la paix et la réconciliation)
2) Mme Barsila Joseph (présidente du Comité pour les droits humains)

Avez-vous déjà écrit à M. Ali Ahmed al Sayed ? Si oui, écrivez à Mme Barsila Joseph.

Monsieur,

L’Assemblée nationale va entamer une nouvelle session. À cette occasion, je vous écris pour exhorter le Comité pour la paix et la réconciliation de l’Assemblée nationale à prendre des mesures urgentes et efficaces en vue d’assurer la protection des civils au Darfour.

Ces quatre derniers mois, plus de 80 000 personnes ont été déplacées au Darfour, parfois pour la deuxième ou la troisième fois. À l’heure actuelle, plus de deux millions de personnes déplacées se trouvent dans des camps ou diverses agglomérations. Cela fait plus de trois ans qu’elles ne peuvent pas retourner dans leur village.

Dans de nombreuses zones du Darfour, les déplacés n’osent pas quitter les camps car les milices janjawids occupent les environs, qui sont totalement dépeuplés désormais. Lorsque les gens sortent des camps, les Janjawids les attaquent. Par ailleurs, les femmes qui doivent quitter les camps pour chercher du bois sont souvent violées par les Janjawids. Ces risques rendent impossible le retour des personnes déplacées.

En dépit des engagements qu’il avait pris dans le cadre de divers accords (Accord de cessez-le-feu de 2004, à N’Djamena, et Accord de paix sur le Darfour de 2006, entre autres), le gouvernement soudanais n’a pas désarmé les Janjawids. Des avions Antonov de l’armée soudanaise ont bombardé des villages au cours de raids qui ne font généralement aucune distinction entre les cibles civiles et militaires.

Une force de maintien de la paix efficace doit assurer en urgence la sécurité de la population civile, permettre le retour volontaire et sans risque des personnes déplacées, et contrôler le processus de désarmement des Janjawids. En mars 2006, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a résolu de transférer les fonctions de maintien de la paix à une force des Nations unies dotée d’un mandat solide et de ressources supérieures à celles de la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS), en place au Darfour depuis 2005.

En août 2006, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé qu’une force de maintien de la paix renforcée serait déployée au Darfour. Toutefois, bien que 10 000 soldats de la paix des Nations unies aient déjà été envoyés au Soudan dans le cadre de l’Accord de paix global, le Parti du Congrès national, au pouvoir, refuse pour le moment le déploiement de cette force. D’autres partis du Gouvernement d’unité nationale ont en revanche accepté la transition vers une force des Nations unies robuste chargée de protéger les civils.

Nous souhaitons que le Parlement et le Comité pour la paix et la réconciliation de l’Assemblée nationale utilisent toute leur influence afin d’obtenir du gouvernement qu’il accepte la force de maintien de la paix des Nations unies. Jusqu’à l’arrivée de cette force, l’Union africaine et la communauté internationale doivent faire en sorte que la MUAS soit renforcée et protège activement les civils.

Nous espérons que vous transmettrez nos préoccupations aux autres membres du Comité pour la paix et la réconciliation, ainsi qu’à l’Assemblée nationale, afin que des mesures effectives soient prises en urgence pour assurer la protection de la population civile.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de ma haute considération.

Dear Mr Ali Ahmed al-Sayed,

As the next session of the National Assembly begins I am writing to you to urge the Peace and Reconciliation Committee of the National Assembly to take urgent and effective action to ensure the protection of civilians in Darfur.

In the past four months over 80,000 more people in Darfur have been displaced, some of them for the second or third time. There are now more than 2 million people displaced in camps and towns who have been unable to return to their villages for over three years.

In many areas of Darfur displaced people dare not leave camps because Janjawid militias occupy the surrounding area, which is now depopulated. Where people do venture outside the camps the Janjawid often attack them. Women who have to leave the camps to look for firewood are frequently raped by Janjawid. Such risks make the return of displaced people to their homes impossible.

The government has failed to disarm the Janjawid as it agreed to do in the Ndjamena Humanitarian Ceasefire Agreement of 2004, the Darfur Peace Agreement of 2006 and many other agreements. Antonov planes of the Sudan Armed Forces are bombing villages in raids which almost invariably fail to distinguish between civilians and military targets.

There is an urgent need for an effective peacekeeping force to provide security for the civilian population, to ensure the safe and voluntary assisted return home of those who have been displaced, and to actively monitor and verify the disarmament of the Janjawid. The African Union Peace and Security Council resolved in March 2006 to hand over to a UN force with a strong mandate and better resources than the African Union Mission in Sudan (AMIS), which has been carrying out peacekeeping duties in Darfur since 2005.

The UN Security Council in August 2006 mandated an expanded UN peacekeeping force to be deployed in Darfur but, although there are already 10,000 UN peacekeepers in Sudan under the Comprehensive Peace Agreement, this deployment has so far been refused by the ruling National Congress Party. However other parties in the Government of National Unity accept the transition to a strong UN force with a mandate to protect civilians.

We urge you to use the weight of parliament and the National Assembly Peace and Reconciliation Committee to urge the government to accept UN peacekeepers. Until they come, the African Union and the international community must ensure that AMIS is strengthened and actively protects civilians.

We hope you will share our concerns with the other members of the Peace and Reconciliation Committee and the National Assembly so that active steps can be taken urgently to ensure the protection of the civilian population.

Yours sincerely,

M. Ali Ahmed al-Sayed
Président du Comité pour la paix et la réconciliation
National Assembly
Peoples Hall
Code postal :14416
Omdurman
Soudan

Fax : 00 249 187 560 950

Courriel : info@sudan-parliament.org sudanipg@sudan-parliament.org

Formule d’appel : M. Ali Ahmed al-Sayed

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